Dans ce village des Yvelines, la mort de Robert révèle l’incroyable solidarité du monde agricole

Dans ce village des Yvelines, la mort de Robert révèle l’incroyable solidarité du monde agricole
Dans ce village des Yvelines, la mort de Robert révèle l’incroyable solidarité du monde agricole

Le décès de Robert, agriculteur à Bennecourt, village situé entre Mantes-la-Jolie (Yvelines) et Vernon (Eure), illustre la solidarité encore ressentie dans le monde rural. L’homme est décédé le 27 avril dans un accident de la route. Mais dès l’annonce de son décès, une question essentielle, inévitable, s’est précipitée aux portes de sa ferme du hameau de Tripleval : que faire des animaux ?

Car cet agriculteur de 59 ans laisse derrière lui une famille et deux jeunes enfants… mais aussi un troupeau de 144 vaches, bœufs et taureaux. « Les animaux ne se soucient pas du deuil. Ils demandent à être nourris et encadrés chaque jour », confie le maire Didier Dumont (SE) qui a très vite compris les conséquences du décès de Robert. « Avec mon équipe, nous connaissons bien le terroir, le monde agricole. Nous connaissions l’urgence d’agir rapidement. »

Nous avons d’abord dû nous occuper des 44 animaux restés dans le hangar et que Robert a dû envoyer à l’abattoir quelques jours après son décès. « Les laisser seuls était un problème. Les détritus et le fumier s’accumulent et les animaux peuvent franchir les barrières. On se voyait déjà avec 44 animaux en liberté», ajoute l’élu. D’autres soucis sont apparus : la ferme n’était pas alimentée en eau courante et les réservoirs pour le bétail devaient être remplis…

Les agriculteurs interviennent alors. Nous avons des voisins, des amis. Eux aussi savent que la nature ne peut tolérer aucune période d’inactivité. « Un troupeau demande à manger tous les jours, il faut aussi surveiller les clôtures car les vaches peuvent s’échapper. Heureusement, avec le temps, il y a beaucoup d’herbe dans les champs », ajoute l’un des agriculteurs venus en aide à Robert et qui préfère garder l’anonymat.

En parallèle, la vie de l’exploitation continue, avec ses contraintes, bien plus envahissante que pour tout autre professionnel. Une réunion est alors organisée avec tous les services de l’Etat, la chambre d’agriculture et d’autres organisations professionnelles. Nous devons résoudre de toute urgence le sort des animaux destinés à l’abattoir. « Il y a eu notamment un problème de signature pour autoriser le massacre. Heureusement, la sous-préfecture a pu intervenir et contourner rapidement cet obstacle », rapporte Didier Dumont.

Une fois l’urgence résolue, c’est désormais l’avenir de l’exploitation qui est en jeu. L’épouse de Robert pourra compter sur ses amis agriculteurs en cas de nouvel écueil. « C’est notre métier, nous le savons et personne ne peut le faire à notre place », ajoute cet agriculteur. Solidarité agricole ? Cela existe, oui. Nous sommes tellement habitués aux ennuis et nous savons comment y faire face. »

 
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