« Un torrent de violence verbale »… Pourquoi l’aventure de Boris Diaw avec Biscarrosse met à rude épreuve le basket landais

« Une dernière partie de plaisir entre amis d’enfance. » C’est ainsi que la bande de Boris Diaw décrit son projet « Bisca » 2024. Dix ans après avoir remporté le titre NBA avec les Spurs, l’ancien capitaine de l’équipe de France vise un ultime trophée : la Coupe des Landes. Ou plutôt « la Coupe du monde landaise », comme aime à l’appeler tout basketteur landais.

A savoir une compétition réunissant tous les clubs de niveau amateur des 40, avec cette année à la clé une finale prévue le 1er juin dans les arènes du Plumaçon à Mont-de-Marsan, forcément bouillante pour l’occasion, avec pas moins de 8 000 spectateurs. .

Sorti de sa retraite sportive prise en 2018 pour rejoindre le petit club du Biscarrosse Olympique Basket (Départemental 3), l’intérieur de 42 ans, qui a passé son enfance dans les Landes, s’est entouré en septembre 2023 de dix amis de longue date. . rendez-vous pour tenter de réaliser son rêve sportif ultime. Au casting, on retrouve une majorité de quadragénaires « un peu rouillés », ayant pour la plupart joué jusqu’en National 1 ou en Pro B, et même en Pro A dans le cas de Simon Darnauzan (43 ans).

La ferveur qui entoure les matchs de la Coupe des Landes de Biscarrosse est impressionnante cette saison.– Gaizka Iroz/AFP

Une série YouTube pour l’occasion

Cette aventure très ludique à suivre, marquée par quatre qualifications de Biscarrosse avant la demi-finale face à l’Elan Tursan (Régional 1), dimanche (16 heures) aux arènes de Gamarde-les-Bains (2 000 places), a droit à sa websérie. , le bien nommé Landes de frères. Les quatre épisodes sur YouTube, produits par Skweek, montrent la pointe de l’iceberg « Bisca ». A savoir l’ambiance festive des fanfares dans les arènes blindées de Parentis-en-Born pour le quart de finale (4 000 spectateurs) ou encore les échanges intéressants entre Boris Diaw et de jeunes passionnés de basket. On voit aussi l’ancien champion d’Europe 2013, cheveux grisonnants et silhouette à des années lumières de ses saisons NBA à Phoenix, rire en confiant qu’il n’a pas tenté le moindre dunk depuis 2018.

Mais le parcours inédit de Biscarrosse, lancé vers le premier sacre d’une équipe de niveau départemental dans cet événement prestigieux, agace pas mal de monde dans les Landes. A commencer par les clubs qui ont quitté la Coupe par cette armada atypique d’anciens. « Nous avons vécu une très mauvaise expérience avec notre élimination face à eux. Cela reste le point noir de notre saison et je ne veux pas en dire plus », a déclaré froidement un manager du club landais.

Champion d’Europe 2013, champion NBA 2014, et bientôt vainqueur de la « Coupe du monde landaise » 2024, le triptyque parfait pour Boris Diaw ?– Romain Perrocheau / AFP

“Tous les clubs auraient dû boycotter cette édition”

Le principal point de tension réside dans l’application stricte du règlement historique de la compétition : on bénéficie d’un avantage de 7 points par division d’écart, qui vise à tenter de donner sa chance aux équipes de niveaux modestes. Autrement dit, en tant que club de D3, « Bisca » attaquera dimanche sa demi-finale à 35-0, après avoir eu jusqu’à 42 points d’avance d’entrée lors des deux tours précédents face à des équipes de N3. Joueur du Real Chalossais (N3), tenant du titre de cette Coupe des Landes et éliminé en janvier en huitièmes de finale par Biscarrosse (82-103), Yohan Cambon est revenu sur le sujet.

Le projet en lui-même ne me dérange pas, c’est très enrichissant d’affronter un tel joueur. Mais comme Freddy Fauthoux qui a remporté la Coupe des Landes en 2010 en jouant toute la saison en N2, Boris Diaw aurait pu tenter de remporter le titre en jouant par exemple avec le Stade Montois (N3). Là, ça n’a rien à voir, il a bâti toute une équipe en D3. Il n’est pas vraiment nécessaire d’être compétitif pour débuter un match à +42, surtout lorsqu’il s’agit d’anciens pros. Ils ont aussi eu l’intelligence de se taire sur le terrain, même si nous avons gagné avec 21 points d’écart au final et que cela aurait été l’exploit du siècle de se qualifier… Je comprends l’énorme polémique à leur sujet et les sifflets d’une partie de l’équipe. publique. Tous les clubs auraient même dû avoir le courage de boycotter cette édition dans ce contexte. »

Coéquipier de Boris Diaw à Biscarrosse, « seul club landais prêt à tous nous accueillir », Cédric Beesley (41 ans, ex-Pro B) est conscient que ce n’est actuellement pas « La La Landes » pour son équipe : « Au Au départ, les gens ont été conquis, le projet de Boris a été bien accueilli par tout le monde. Au fil du temps, les équipes qui s’imaginaient remporter le trophée gémissaient de voir arriver un nouveau prétendant. Mais les règles sont comme ça, ce n’est pas de notre faute, nous n’enfreignons rien du tout. En première ligne, on retrouve plutôt le comité départemental de basket des Landes, qui refuse de toucher aux « points de handicap », pour Biscarrosse en 2024 comme pour les saisons suivantes.

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Quatre entraînements en deux mois avant la mi-temps

En revanche, la perspective de voir cette équipe de D3, qui fait tant parler, soulever le Graal le 1er juin a poussé l’organisateur de cette Coupe des Landes à opérer un changement majeur. Il faudra que les joueurs, dès l’année prochaine, disputent au moins 75 % des matches de championnat avec leur club pour pouvoir participer à l’événement phare. Et ce afin d’éviter qu’il y ait « une équipe de Coupe et une équipe de championnat ».

Ce qui est généralement le cas cette saison, puisque Boris Diaw et ses amis respectent simplement leur « engagement moral » de participer à au moins deux matches de D3. Manque de temps et de motivation dans ce qui restera sans doute un « un tir » pour eux, ils n’ont pas fait plus.

Nous ne nous sommes entraînés que quatre fois depuis le quart de finale du 16 mars, confie Cédric Beesley. Boris, par exemple, revient tout juste de deux mois de traversée sur son bateau. Quand on sait qu’il y a parfois des pros dans les équipes d’en face qui s’entraînent deux fois par jour, avec des gamins qui courent partout, je ne vois pas pourquoi ils n’auraient aucune chance de revenir à quarante points des vieux. » »

Cédric Beesley (centre, numéro 10), célèbre la qualification de Biscarrosse lors des huitièmes de finale de Coupe des Landes, le 20 janvier face au Real Chalossais (103-82).– GAIZKA IROZ / AFP

« J’aurais préféré que Boris Diaw reste sur son bateau »

Après avoir infligé un 25-0 à Biscarrosse lors du quart de finale, les Coteaux du Luy (N3) sont l’équipe qui a le plus flirté avec un remontada, pour une défaite assez serrée (79-92) au final, compte tenu de l’écart initial de 42 points. Yohan Cambon tient tout de même à préciser : “Croyez-moi, ce ne sont pas du tout des papys cassés en deux”. Landes de frères montre bien que tous possèdent de beaux restes au sol. De quoi soulever le trophée en trois semaines face à l’ESMS (N2), avec un +49 au coup d’envoi du jamais vu à ce stade de la compétition ?

À écouter la déception de Yohan Cambon, même cinq mois après son élimination, on comprend la passion qui anime « Babac » et sa famille à aller jusqu’au bout de l’aventure sur les terres de leur enfance. « En tant que Landais, je ne suis revenu dans la région que pour cette Coupe. Je rêve de ce titre depuis que je suis enfant. J’ai quand même serré la main de Boris Diaw à la fin de notre match, mais j’aurais préféré qu’il reste sur son bateau et me laisse gagner ma Coupe des Landes», sourit l’arrière du Real Chalossais.

« Le procès contre Boris est catastrophique »

Le comité départemental des Landes aimerait ne voir que ce type de dérision sur le sujet, à l’image de la récente vidéo parodique Terre de Tursan publié par le futur adversaire de Biscarrosse. Mais malheureusement, sa présidente Barbara Canlorbe a dénoncé en mars sur son compte Facebook « un torrent de violences verbales ». « Les suites de la Coupe des Landes sont de plus en plus violentes. Les mots ont un sens. Ils restent, ils vous réveillent la nuit, ils vous poursuivent le jour. Ils vous blessent, vous choquent, vous endommagent. Je refuse de me soumettre à la dictature de la minorité haineuse et je refuse qu’elle salisse impunément le comité et la Coupe des Landes”, pointe le dirigeant, très marqué par certaines réactions.

L’euphorie générale autour du retour dans les Landes de Boris Diaw, qui affiche à guichets fermés chacun de ses matches, s’est véritablement effondrée depuis septembre. «Ça a pris des proportions folles sur les réseaux sociaux, tout ça pour le basket», regrette son ami Cédric Beesley. Cela nous rend triste pour Barbara Canlorbe, et le procès contre Boris est catastrophique. » Et s’il était finalement encore plus dur de résister à la pression extérieure qui entoure la quête d’un sacre dans « la Coupe du monde landaise » qu’en NBA ?

 
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