Batman à l’Expo | Le devoir – .

Batman à l’Expo | Le devoir – .
Batman à l’Expo | Le devoir – .

Dès samedi soir, l’Opéra de Québec présente La chauve-souris de Johann Strauss fils pour quatre représentations dans une production que Jean-François Lapointe, le directeur de l’institution, a voulu entièrement québécoise, à travers ses créateurs, ses artisans et l’ensemble des artistes.

C’est Bertrand Alain que Jean-François Lapointe a fait appel pour cela Chauve souris Chanson québécoise chantée en français et adaptée par Alain de la version française de Meilhac et Halévy, « pour que les scènes parlées soient plus directes et l’humour plus efficace ». « Comme cela se fait souvent dans les opérettes, on ajoute des sujets d’actualité », annonce le metteur en scène au Devoir.

« Pouah ! » » et « zapper ! » »

Le comédien, metteur en scène de théâtre et d’opéra, professeur à l’atelier lyrique du Conservatoire de musique et d’art dramatique de Québec, qui avait mis en scène Don Giovanni en 2022, les idées ne manquent pas, et on se doutait que la Vienne du dernier quart du XIXèmee siècle (l’œuvre, qui incarne à elle seule l’opérette viennoise, date de 1874) ne serait pas forcément son cadre de travail. « J’ai vu beaucoup de productions et je n’avais pas d’image ; Je ne me souvenais pas vraiment pourquoi [ça s’appelait] La chauve-souris. Cela m’a donc semblé une image frappante. C’est là que m’est venue l’idée de Batman, le Batman de ma petite enfance, celui des séries télévisées des années soixante, plus proche de la bande dessinée. »

L’histoire de La chauve-souris est celle de la vengeance, celle d’un homme nommé Falke, que son ami Eisenstein a ridiculisé un jour en le forçant à se promener dans Vienne en costume de chauve-souris. L’action se déroule alors qu’Eisenstein est condamné à huit jours de prison. Falke arrive et lui propose un petit détour préliminaire : la fête du prince Orlofsky, un dandy qui s’ennuie. Le plan étant bien ourdi, la femme d’Eisenstein, Rosalind, sera à cette fête, déguisée en comtesse hongroise ; la femme de chambre du couple, qui se fait passer pour une actrice, et le directeur de la prison, qui ne voit que du feu, puisque chez Eisenstein il a, par erreur, emmené avec lui Alfred, le prétendant de Rosalinde, vêtu de la robe de chambre du maître de l’établissement. maison. La fête est un festival de faux-semblants et, au moment des comptes (acte III, à la prison), toutes ces belles menteuses auront une excuse : trop de champagne !

DONC, La chauve-souris en 2024 ? Comme l’écrit Bertrand Alain dans le programme de l’opéra : « Comment faire venir ce super-héros de mon enfance (celui de la série télé des années 1960 avec son pouf !son boom! et son zapper !) dans cette parcelle du 19ème sièclee siècle ? » C’est là qu’Alain remarque que l’adaptation de Meilhac et Halevy se déroule au moment de l’Exposition universelle de Paris.

Nouvelles couleurs

« J’ai commencé à imaginer que cela pourrait se produire à Expo 67, à Québec, un souvenir très fort pour les gens d’ici, l’éveil du Québec, son ouverture sur le monde », raconte Bertrand Alain. Cette époque « précède à peine Belles soeurs de Michel Tremblay, qui changera complètement le théâtre ; nous sommes au début d’une nouvelle époque, comme le dit Stéphane Venne dans la chanson de Renée Claude. Je suis remonté à cette époque et j’ai retravaillé le texte, y compris la partition, pour changer cet humour qu’on ne comprend plus aujourd’hui. L’opérette souffre beaucoup du côté muséologique », analyse le metteur en scène et adaptateur qui promet que son spectacle « laissera des images fortes aux spectateurs ».

Sachant que la chauve-souris est plus dans le titre que dans l’action, un prologue « batmanien » introduira l’humiliation de Falke et colorera le spectacle. L’époque des années 1960 se reflétera dans les décors, les costumes et l’éclairage. « L’image forte de cette époque, c’est cet optimisme. Le monde pourrait changer. Même l’architecture des pavillons de l’Expo a inspiré les décorations. Et en termes de costumes, de couleurs et de coupes, les vêtements ont beaucoup changé dans ces années-là», raconte Bertrand Alain, qui souhaitait que le bal du prince Orlofsky ne soit pas alourdi par «les allusions aux petites danseuses qui feront le grand écart pour ces Messieurs.” « Notre bal sera sous les couleurs du cinéma », prévient-il.

Côté musique, rien à craindre : l’œuvre est cuisinée à la perfection avec un feu d’artifice de mélodies toutes plus belles les unes que les autres et une orchestration d’une parfaite efficacité. Dans la fosse, Nicolas Ellis devrait prendre un grand plaisir à diriger sa première œuvre lyrique au Québec.

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