Julie Barennes, bâtisseuse de l’extrême

Julie Barennes, bâtisseuse de l’extrême
Julie Barennes, bâtisseuse de l’extrême
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Samedi soir (20h45), l’Espace Mitterrand de Mont-de-Marsan connaîtra la première finale de Ligue féminine de son histoire, face à l’ogre Villeneuve-d’Ascq. Un événement quasi impensable en début de saison, alors que les dirigeants annonçaient un « nouveau cycle » et le rajeunissement de l’effectif (23 ans en moyenne), renouvelé à 80 %, sans les stars Céline Dumerc, Marine Fauthoux et Marie-Eve. Paget. Mais toujours avec Julie Barennes, la coach à l’origine de cette restructuration, et une saison plus que belle.

« Elle nous a proposé ce projet, nous étions tous paniqués, mais chapeau bas ! » s’exclame Pierre Dartiguelongue, ancien vice-président et toujours membre du conseil d’administration de Basket Landes. « Pierre est toujours un peu sceptique, sourit l’intéressé. Si vous conservez la majorité de vos effectifs, vous gagnez +15% financièrement. Il nous aurait fallu beaucoup plus d’argent, et nous savons que nous avons une base économique limitée, dirons-nous. Cela aurait mis les gens en colère et je ne peux pas garantir que nous gagnerons chaque année. J’ai donc proposé de commencer un nouveau cycle. »

Le coach est un peu plus qu’un coach. Elle fréquente le basket landais depuis 2009, en tant que joueuse, joueuse-entraîneur lorsqu’elle dirigeait les cadets, puis simplement entraîneur. D’abord comme numéro 2 pour Cathy Melain, puis à la tête de l’équipe pro. Une évolution logique pour quiconque l’a connue sur le terrain, ou même dans la vie civile.

“L’un des plus intelligents”

« Elle a eu cet appétit très tôt, elle a formé des jeunes, elle a voulu le transmettre », se souvient Céline Dumerc, sa coéquipière puis joueuse, et surtout amie. Ce ne sont pas forcément ses qualités physiques ou athlétiques qui font d’elle une bonne joueuse, mais son intelligence de jeu et sa façon de s’intégrer dans un groupe. »

C’est la principale qualité mise en avant par ceux à qui la question est posée. La façon dont Julie Barennes se rapporte aux joueurs qu’elle entraîne, et dont elle comprend qu’elle en a été elle-même un. « C’est vraiment une coach qui s’adapte, une des plus intelligentes que j’ai eues. Elle a rencontré chacun de nous pour savoir comment nous utiliser, quel type de joueur nous étions, quels systèmes nous aimions. Je pense que c’est l’une des clés de ce succès », vante sa pivot Luisa Geiselsöder. « Cela donne aux gens une certaine liberté. C’est vrai pour ses joueurs et ses adjoints”, poursuit Céline Dumerc.

Une confiance en ses joueurs, son staff et ses managers qu’ils le récompensent bien. Et aimerions voir le talent de la deuxième entraîneure – seule – à avoir remporté un titre LFB mieux reconnu par le reste du basket français. “J’espère qu’on pourra enfin dire que Julie Barennes mérite mieux alors qu’en trois ans, elle compte trois titres…” regrettait il y a peu sa présidente Marie-Laure Lafargue. Cette saison, le titre de meilleur entraîneur a été attribué à… Rachid Meziane, entraîneur de Villeneuve-d’Ascq.

Duel tactique

De quoi promettre un duel tactique au sommet samedi soir entre les deux homologues. Pas de quoi effrayer le coach landais. « Julie aime les tirs tactiques, qui vont agacer l’adversaire, créer une petite surprise pour agacer le plus possible », souligne l’internationale bleue et légende du BL Valériane Ayayi.


Julie Barennes n’hésite pas à impliquer au maximum ses adjoints, Olivier Constant et Shona Thorburn.

Philippe Salvat / SUD OUEST

« J’adore le basket-ball en équipe, l’essence même de ce sport. Ce que j’appelle le basket d’ici, de Chalosse, avec des gens qui jouent dur. C’est pour ça que je me retrouve dans ce club”, résume le coach, originaire de Layrac (Lot-et-Garonne), pas très loin “d’ici”.

Très attachée au Sud-Ouest, Julie Barennes est toujours marraine de son club d’enfance, Layrac-Astaffort, où elle a remporté le trophée de championne LFB en 2021. Et si elle a accepté de prendre les rênes de l’équipe de France U20, elle devrait a priori rester dans les environs pour les prochaines années. « Il y a de fortes chances que oui », sourit-elle, lorsqu’on l’interroge sur sa potentielle prolongation à Basket Landes. Du côté du club, tout est entendu.

Le plus gros morceau

Pour être le meilleur, il faut souvent battre les meilleurs. En finale, Basket Landes affronte la meilleure équipe de l’année, Villeneuve-d’Ascq. Finaliste de l’Euroligue, première de la saison régulière, l’ESBVA a battu ses adversaires en barrages, notamment Montpellier en demi-finale (64-95, 103-67).
Moins à l’aise dans le jeu depuis trois matches, Basket Landes devra relever le curseur au maximum pour faire tomber Villeneuve-d’Ascq dans une finale au meilleur des trois. Et comptez, ce samedi (20h45) à l’aller, sur son invincibilité à Mitterrand qui tient depuis mars 2023 face aux équipes françaises.

 
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