En Meurthe-et-Moselle, on préfère « parler d’attractivité plutôt que de tourisme »

En Meurthe-et-Moselle, on préfère « parler d’attractivité plutôt que de tourisme »
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© Guillaume Robert-Famy

La Meurthe-et-Moselle possède de nombreux atouts et il ne faut pas hésiter à les mettre en valeur. Cependant, le ministère doit exister de manière autonome. Cela commence d’abord par réfléchir à votre propre identité. Autre défi, comme l’évoque Antony Caps, vice-président départemental à l’attractivité : décloisonner le tourisme.

Ici, on parle plus de Lorraine que de Meurthe-et-Moselle. A Nancy, Lunéville, Toul et jusqu’à Longwy, on se sent Lorraine. Et même les locaux vous le diront. Même si, administrativement, la région n’existe plus, elle est toujours vivante dans les cœurs et les esprits des Meurthe-et-Mosellans. Même sur les vitrines des boutiques de souvenirs et autres spécialités locales on peut lire « produits lorrains », les emballages arborant très souvent le foulard rouge et jaune comme gage d’authenticité. En matière de tourisme aussi, il est difficile de parler du département, contrairement aux voisins vosgiens, mosellans ou alsaciens qui ont forgé leur propre identité. Une identité forte. Preuve en est le slogan du comité départemental du tourisme : « Meurthe-et-Moselle, l’esprit Lorrain ». « Nous sommes les seuls à nous y identifier encore, contrairement aux autres qui se limitent à leur périmètre », confirme Antony Caps. Ce qui nous amène à nous remettre en question. » Le vice-président départemental en charge de l’attractivité reconnaît néanmoins que cette identité lorraine a tendance à s’essouffler et doit être renouvelée. « La Lorraine a existé et elle existe encore dans les livres d’histoire mais, en réalité, elle n’existe plus vraiment que dans l’imaginaire des gens. Je pense que cet attachement vient aussi de notre histoire. Il ne faut pas oublier d’où l’on vient mais il faut parler davantage de Meurthe-et-Moselle. » C’est justement l’un des travaux sur lesquels vont se concentrer les équipes départementales pour faire vivre le territoire et le faire exister à part entière. « Il faut pouvoir définir une marque, une identité qui nous est propre. C’est mon cheval de bataille. »

Une identité qui ne doit cependant pas minimiser la richesse de ce terroir unique et mettre tout le monde dans le même bateau. « La Meurthe-et-Moselle est un territoire très éclectique, chaque partie du département a ses spécificités. Cependant, le but n’est pas d’uniformiser tout cela. » Déjà revu en 2021, le site Internet du comité départemental sera à nouveau entièrement repensé pour mieux correspondre à cette nouvelle identité. L’opportunité de « redécouvrir l’attractivité numérique », indispensable pour exister de nos jours.

Spécificités et vision globale

Constituée d’élus départementaux et de représentants du secteur touristique comme la Chambre de commerce et d’industrie, le Syndicat des métiers de l’hôtellerie, la Chambre des métiers et de l’artisanat, etc. auxquels s’ajoutent des partenaires présents « à titre consultatif », la le comité départemental du tourisme soutient les 11 offices de tourisme ainsi que les différents établissements publics de coopération intercommunale [18 au total dont 13 prélèvent la taxe de séjour], « qui ont aujourd’hui la responsabilité du tourisme sur leurs territoires ». « Le Département a mis en place une taxe de séjour complémentaire, qui représente 10 % de la taxe collectée par l’EPCI, entièrement axée sur les actions de dynamisation de la fréquentation des communes concernées, de gestion des espaces naturels et de protection de l’environnement. à des fins touristiques. » Soit un budget supplémentaire d’environ 100 000 euros par an. En parlant de budget, l’enveloppe financière est passée de 166 000 euros en 2023 à une prévision de 289 000 euros dépensés pour l’année 2024. Une augmentation de moyens qui traduit cette volonté d’accélérer ces évolutions.

Parallèlement, la collectivité a commandé une étude au groupe SCET, cabinet spécialisé, “afin d’être neutre à l’égard des EPCI et de ne pas les orienter”, précise Antony Caps. L’objectif de cette étude : faire le point sur la situation des EPCI pour identifier leurs forces et leurs faiblesses. Une première restitution a eu lieu il y a environ deux semaines. Pour l’instant, il est encore trop tôt pour poser un pré-diagnostic. La suite du travail consistera donc à réaliser des entretiens individuels, au cas par cas, afin de définir plus en détail les orientations que doit suivre chaque EPCI. « Ces discussions permettront d’affiner le niveau d’accompagnement que le comité peut apporter à leurs côtés. Notre objectif n’est pas de le faire à leur place mais de les accompagner dans leur développement, de construire cette démarche avec eux. Et bien sûr d’encourager les initiatives locales dans une logique globale. »

Tourisme lent

C’est aussi une vision à élargir, souligne le maire de Nomény. « Il faut sortir du prisme unique et parler d’attractivité plutôt que de tourisme. Nous allons rechercher un certain nombre de politiques transversales. Nous nous réexaminons sur le tourisme lui-même, sur la manière dont nous retenons les gens sur notre territoire, sur la manière dont nous en amenons d’autres mais aussi sur la manière dont nous allons atteindre d’autres dimensions. Je pense au domaine de l’économie solidaire, à l’agriculture, aux filières locales, à nos savoir-faire, à notre patrimoine. Nous ne sommes plus confrontés à une simple problématique touristique. nous aborderons différents domaines qui ont du sens en proximité. Le sport peut également être un élément pertinent. » En parlant de sport, le « slow tourisme », qui prône les mobilités douces pour se déplacer, notamment à vélo, est particulièrement tendance ces dernières années. A cet égard, la Meurthe-et-Moselle a une carte indéniable à jouer. « Le territoire a des atouts et l’aspect naturel en fait partie. Nous sommes un département très vert, avec un réseau de pistes cyclables et de voies bleues, auquel s’ajoutent les V50 et V52, en constante évolution. Par ailleurs, 10 millions d’euros sont alloués au plan vélo. » Une nature et un savoir-faire sur lesquels il faut capitaliser. Et de conclure : « Je crois vraiment à la destination 54. »

 
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