Le Canada s’abstient de voter pour l’adhésion palestinienne à l’ONU

Le Canada s’abstient de voter pour l’adhésion palestinienne à l’ONU
Le Canada s’abstient de voter pour l’adhésion palestinienne à l’ONU

Contrairement à 143 pays à travers le monde, le Canada n’a pas soutenu vendredi une proposition visant à inclure la Palestine aux Nations Unies (ONU), même si le premier ministre Justin Trudeau s’est déclaré cette semaine en faveur d’un État palestinien.

La délégation canadienne a choisi de s’abstenir devant l’Assemblée générale, au moment de prendre position sur une résolution non contraignante proposant d’affirmer que la Palestine mérite de devenir membre à part entière de l’organisation internationale. Le texte a tout de même été adopté à une large majorité, avec 9 refus et 24 abstentions autres que le Canada.

Cependant, plus tôt cette semaine, le premier ministre du Canada a défendu l’idéologie sioniste devant des membres de la communauté juive à Ottawa, mais a ajouté qu’il croyait en « la création d’un État palestinien cohabitant en paix avec Israël », ce qu’on appelle le « solution à deux États ».

Dans une déclaration de plus de 800 mots publiée vendredi, Affaires mondiales Canada a largement soutenu son abstention, qu’il a justifiée comme une réponse « aux efforts déployés pour empêcher l’établissement d’une solution à deux États ».

Sa position est présentée en même temps qu’une opposition au gouvernement Netanyahu en Israël, « qui a clairement indiqué […] qu’il a rejeté la solution à deux États », que comme le rejet du Hamas, « [qui] contrôle toujours des zones de Gaza – une partie essentielle du territoire du futur État palestinien.

” [Le Hamas] continue de détenir des otages et n’a toujours pas déposé les armes ni renoncé à son opposition violente à l’existence d’Israël. L’ensemble de la population palestinienne mérite d’être dirigée par un gouvernement légitime et représentatif, qui ne peut inclure la participation d’une organisation terroriste», peut-on lire dans le communiqué de la diplomatie canadienne.

Prêt pour la reconnaissance

Au pays, le Centre consultatif pour les relations juives et israéliennes (CIJA) a célébré l’abstention du Canada devant l’ONU, y voyant une continuité dans la position canadienne, c’est-à-dire ne reconnaître l’État palestinien que par un processus de négociation avec Israël.

« L’adoption de cette motion met en danger l’objectif ultime d’une solution pacifique à deux États et crée un dangereux précédent », a écrit l’organisation sur ses réseaux sociaux.

En fait, le gouvernement du Canada nuance cette interprétation en se disant prêt à reconnaître la Palestine avant l’étape finale d’un accord négocié. « Le Canada est prêt à reconnaître l’État de Palestine au moment le plus favorable à l’établissement d’une paix durable, pas nécessairement à l’étape finale du processus », peut-on lire.

Dans l’entourage de la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, on précise que cela signifie que le Canada est prêt à s’écarter de sa position traditionnelle, aux côtés de celle d’Israël, mais à condition que le groupe Hamas ne se retrouve plus dans le portrait. .

« Il s’agit d’un changement fondamental dans l’approche du Canada », a confirmé le premier ministre Justin Trudeau, en visite en Colombie-Britannique vendredi.

« Nous sommes en train de nous abstenir aux Nations Unies, c’est une étape importante pour le Canada. [… ] Même si dans le passé on disait que la reconnaissance d’un Etat palestinien ne pouvait intervenir qu’à l’issue d’un processus [vers la solution à] deux États, nous reconnaissons que cela devra peut-être se faire à une autre étape », a expliqué le chef du gouvernement canadien.

Le Hamas est reconnu comme une entité terroriste au Canada. Après quelques tergiversations initiales, en décembre dernier, le Canada a soutenu la demande d’un cessez-le-feu humanitaire immédiat à Gaza, tout en exigeant la libération immédiate des otages détenus par le Hamas.

Malgré le vote de vendredi à l’Assemblée générale, la Palestine ne peut être reconnue comme pays devant l’ONU sans l’accord du Conseil de sécurité, bloqué par les Etats-Unis.

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