« Nous étions de pauvres soldats. Nous ne pensions qu’au sport», se souvient-il de son défilé à Moscou à l’époque soviétique.

« Nous étions de pauvres soldats. Nous ne pensions qu’au sport», se souvient-il de son défilé à Moscou à l’époque soviétique.
« Nous étions de pauvres soldats. Nous ne pensions qu’au sport», se souvient-il de son défilé à Moscou à l’époque soviétique.

« Un officier supérieur nous a dit que nous étions les premiers Français à y défiler depuis Napoléon. Je ne suis pas allé vérifier. » Jean-Guy Tressera n’a rien oublié – ou presque – de cette journée de juin 1976, quinze ans avant l’effondrement du bloc soviétique, qui l’a vu défiler sur la Place Rouge, au cœur de la capitale russe. « Nous étions de pauvres soldats. On ne pensait qu’au sport», a présenté l’ancien judoka, catégorie – 95 kilos, alors appelé au bataillon Joinville.

Blessé pendant ses cours – foutu ménisque – le vice-champion de France de l’époque a été recruté sur ses performances pour intégrer l’équipe de France militaire. « A Fontainebleau, tous les sports étaient regroupés. Ils ont envoyé leurs meilleurs éléments dans des uniformes différents. » Il approuve celui de l’Armée. Eh bien, seulement quelques fois. Pour ses déplacements à l’Insep et pour les compétitions consécutives, le duo survêtement-kimono était plus approprié.

Quatre photos souvenirs

1976 donc. Six ans avant son 5èmee Place du championnat de France – maudit ménisque (bis) – marquant la fin de sa carrière de judoka professionnel, l’actuel vice-président du Handball Club Villeneuvois et ancien rugbyman, se retrouve embarqué pour une tournée en URSS avec les Français. équipe de rugby militaires et d’officiers parachutistes « que nous n’avons pas vus pendant notre séjour ».

“Certains ont vanté l’URSS, je l’ai vécu”

Il s’agit pour lui du deuxième voyage en deux ans en URSS, après un premier en tenue civile. De la Pologne à la Roumanie, les tatamis de l’Est étaient indispensables à l’entraînement. Cette fois, « les athlètes étaient les amuse-gueules de l’état-major ». Le tournoi, qui dure deux jours, prend des airs de compétition particulièrement rude. « Ils avaient envoyé tout ce qu’ils avaient en réserve de champions. L’objectif était de nous tabasser pour nourrir leur arrogance. »

« Une terreur enfouie »

Sur l’une des rares photos rapportées du voyage, Jean-Guy Tressera fait face à un judoka aux cheveux presque mi-longs. Pas un soldat pour un sou : « Il avait fait un podium olympique. » L’album ne comprend que trois autres photos : une floue d’un autre combat, une maison traditionnelle et toute l’équipe, perchée sur un char russe. « Cela aurait dû être autorisé. Nous ne nous en rendons pas compte aujourd’hui, mais nous étions constamment surveillés. On ne risquait pas de se perdre dans le métro », s’amuse l’agent de recouvrement, titulaire d’un CAP menuiserie… Même chose pour les grands magasins « où l’on ne payait qu’en dollars ».


Où est Jean-Guy ?

repro “donc”

« Certains faisaient l’éloge de l’URSS, je l’ai vécue », résume le gamin de Feugarolles, engagé pour dresser les tables de la fête du PCF qui se tenait alors chaque année à côté de la maison familiale. A l’approche du défilé, il a fallu apprendre à suivre le rythme. «On riait», se souvient Jean-Guy Tressera. Mais, quand on a vu les véhicules militaires, les officiels dans les tribunes, on est entré dans une forme de stress qui fait que j’en garde très peu de souvenirs. »

Ceux de la réception qui a suivi dans l’immense salle inondée de vodka du ministère de l’Intérieur l’ont en revanche marqué à vie : « Cela est resté en moi comme une terreur enfouie. J’avais vraiment peur de l’armée russe. » L’invasion de l’Ukraine et la guerre qui s’éternise ne le feront pas changer d’avis, repoussant, sans doute à jamais, l’envie qu’il avait de retourner dans cet endroit incroyable.

 
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