le lieu et la règle – .

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En janvier, une coalition réunissant le PLR, les Vert’Libéraux et l’UDC a lancé une initiative populaire à Zurich pour encourager la surélévation des bâtiments existants dans toute la ville. Le conseiller municipal Hans Dellenbach (PLR) estime que l’initiative est « écologique », car elle permettrait d’économiser l’énergie grise embarquée dans les bâtiments. L’initiative est née d’un refus parlementaire, la proposition initiale s’étant heurtée aux principes qui guident l’actuelle révision du plan général d’allocation : concentrer la verticalisation sur des points précis. C’est ainsi que fonctionne l’urbanisme : d’abord le lieu, puis la règle.

Puis l’idée a fait son chemin, et devient aujourd’hui un champ de bataille politique, qui ouvre un débat intéressant. En avril, en réponse aux 30 mesures de la Confédération pour la création de logements, le PLR ​​a lancé son propre plan national, en six points, intitulé Plus de logements, moins de réglementations. Parmi ces points, la presse a principalement retenu la proposition de densifier les bâtiments existants en les surélevant « lorsque cela est possible et judicieux ». Une proposition louable, mais qui s’inscrit dans l’un des points du plan (le quatrième) qui vise globalement à « augmenter les indices d’utilisation et les hauteurs maximales ». Et qui demande surtout d’« introduire des primes d’usage pour les nouvelles constructions de remplacement ». [en allemand: Ersatzneubau]»! Cela nous semble contradictoire : si un investisseur est incité à démolir et reconstruire plus haut, dans de nombreux cas, il s’abstiendra de se lancer dans un projet d’élévation complexe.

Toutes sortes de vertus miraculeuses sont attribuées à l’élévation (sauf pour les locataires du dessous). Mais contrairement à ce qui est souvent dit, elle ne peut pas servir à produire des logements accessibles. Et financer l’amélioration des normes énergétiques seulement dans de rares cas. Dans les autres, les travaux entraînent inévitablement une augmentation des loyers, et donc le remplacement inévitable des résidents… qui devront chercher un logement ailleurs.

Augmenter les hauteurs n’est donc pas en soi une réponse à la crise du logement. Tout dépend des intentions du propriétaire, souvent liées à la valeur foncière du territoire concerné – en général, elle va diminuer en dehors des centres densément bâtis. Quel est l’intérêt de favoriser l’élévation là où la valeur du terrain s’en charge ? Les 15 années de débats depuis la « loi de relance » genevoise nous l’ont appris : chaque situation est différente. Ici, il faut des garde-fous, là, des primes.

C’est surtout dans les zones où il y a actuellement beaucoup de constructions qu’il faudrait favoriser la surélévation, en imposant des conditions strictes à la démolition (pour rappel, en Suisse, 500 kg de déchets sont « évacués » par seconde). La valorisation des bâtiments existants peut être qualifiée de solution « écologique » uniquement comme alternative à la démolition-reconstruction.

Le dossier thématique de ce mois-ci montre que les urbanistes concernés par la révision des plans d’occupation des sols réfléchissent dans cette direction. D’abord le lieu, puis la règle. La proposition du PLR a donc le mérite de relancer le débat car, oui, surélever la hauteur est une option qu’il faut absolument prendre en compte. Mais plutôt que de le généraliser, il faut l’utiliser comme un instrument de planification, voire l’intégrer à part entière dans les règles d’urbanisme – par exemple en s’inspirant de la pratique de Meyrin, qui a su mettre en place un « plan d’élévation ». » spécifique à sa situation.

 
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