Bouyouni, de la piste rurale à la piste aéroportuaire

Bouyouni, de la piste rurale à la piste aéroportuaire
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Comme cela a été annoncé au Sénateur Saïd Omar Oili qui a interrogé le Ministre des Transports sur l’avancement du projet d’extension de la piste de l’aéroport de Pamandzi, une réunion s’est tenue ce mardi 7 mai au Ministère des Transports, en présence du Ministre délégué aux Transports. Outre-mer et représentants de la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile). Dont Christophe Masson qui est délégué par la direction du transport aérien chargé de la piste longue.

Les résultats des études techniques ont été présentés avec les orientations recommandées. On se souvient qu’en raison des pressions environnementales, tous les scénarios devaient être étudiés, et si l’on avait révélé en septembre 2022 celui de l’éventuelle implantation de la piste au nord de la Grande Terre, du côté de Bouyouni, la DGAC avançait plutôt d’un pas couverture légale, histoire de démontrer que tout avait été étudié.

Mais la formation du volcan, dont la chambre magmatique est proche de Petite Terre, a provoqué un séisme et pas seulement des ondes souterraines. Cela commençait à faire réfléchir sur l’opportunité de garder Petite Terre comme objectif. A tel point que, ce mardi, l’option Bouyouni a été définitivement cochée.

Plus de 2 m d’eau supplémentaire d’ici 100 ans

Christophe Masson, dont il faut souligner la transparence tout au long de ces études, revient sur la réunion d’aujourd’hui et la logique qui a conduit à cette décision. « Tout d’abord, ce que montrent nos recherches, c’est que les contraintes actuelles de la piste Pamandzi nous obligent à évoluer vers un modèle durable. La longueur insuffisante de la piste impose des liaisons indirectes aux compagnies qui doivent également proposer des formations spécifiques à leurs pilotes et prive de potentiel de développement du nombre de passagers. En revanche, le phénomène sismo-volcanique a accéléré le naufrage de l’île, notamment à l’est de Mayotte, et désormais, on voit de l’eau sur la trace lors de coefficients de marée élevés. Et ce phénomène va s’aggraver puisque le niveau de l’eau devrait monter de 2,28 m d’ici 100 ans. Une certitude donc, le statu quo n’est plus possible, il faut prendre une décision. » En clair, même la voie actuelle ne pourra plus être utilisée d’ici 100 ans, pire, elle ne le sera plus à partir de 2035.

Le scénario envisagé consistant à surélever la piste actuelle de 5 mètres, en plus des 2,70 m actuels au-dessus du niveau de la mer, a été discuté. Elle nécessite entre 2 et 3 millions de m3 de matériaux dont l’approvisionnement n’est pas sécurisé. « Et pour réaliser ces travaux, il faudrait interrompre l’exploitation de l’aéroport pendant un an et demi. »

Risque d’effondrement

Le scénario d’une trajectoire convergente à l’actuelle était retenu depuis longtemps

La construction d’une piste convergente avait été envisagée, mais là encore, rappelle le volcan, « le risque de vider la chambre magmatique est élevé, et la zone Horseshoe est à 10 km ». où se concentrent les tremblements de terre. Le risque de construire une piste à cet endroit est important. » Pour mémoire, une mission de la sécurité civile est venue à Mayotte lors de la crise volcanique et a révélé qu’un effondrement sous-marin suite à la vidange de la chambre magmatique n’était pas exclu, notamment quant à son éventuel impact. tsunami. Il faut donc évaluer le risque d’investir 1,1 milliard d’euros dans ce projet, « et pour une infrastructure qui pourrait ne pas résister ».

Pour trouver une « solution de précaution », les regards se sont donc tournés vers le nord de l’île. « Nous avons lancé cette étude en septembre 2022 pour l’intégrer à l’étude d’impact, et c’est finalement cette solution qui a été retenue. » La zone où serait conçue la nouvelle piste de l’aéroport suit la route départementale 2, entre Dzoumogné et le carrefour du Soulou. « Les études environnementales montrent que ce site présente l’avantage d’être exempté des risques naturels. »

Connu jusqu’ici pour sa piste agricole qui le reliait à Combani, Bouyouni, village de la commune de Bandraboua, se retrouve placé au centre des préoccupations foncières.

Une nouvelle difficile à prendre pour le sénateur Saïd Omar Oili qui veut encore y croire

Désormais, l’État s’attaque à un projet de plus grande envergure. « Il va falloir réfléchir à l’aménagement du territoire avec les élus locaux, il faut un engagement total dans le projet. »

C’est d’un air abattu que le sénateur Omar Oili, ancien maire de Dzaoudzi Labattoir (Petite Terre), a annoncé cette décision à Shimaore sur sa page Facebook. S’il se dit conscient des écueils, il accepte difficilement ce déracinement de l’aéroport, « en France métropolitaine et dans les Outre-mer il y a aussi une montée des eaux, je me battrai pour la piste convergente en Petite Terre. » Il faut dire que des investissements avaient été envisagés dans cette optique par l’intercommunalité. Et un hub aérien est en construction. On peut imaginer que d’ici une dizaine d’années l’aéroport pourrait offrir une piste secondaire pour les liaisons régionales.

Selon Christophe Masson, “ça aurait convenu à tout le monde si la piste restait à Pamandzi, malheureusement le risque est trop élevé”.

Anne Perzo-Lafond

 
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