54 mois dans le noir pour avoir violé et battu sa compagne

54 mois dans le noir pour avoir violé et battu sa compagne
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Jean-François Moffet, 33 ans, a souri et envoyé quelques baisers à son nouveau partenaire dans la salle d’audience, alors qu’il se trouvait dans le box des détenus. Le constable spécial a dû intervenir pour qu’ils arrêtent de se regarder.

Cependant, Moffet n’a jamais regardé son ex, assise de l’autre côté de la pièce. Il reconnaît l’avoir battue, dénigrée et violée au cours de leur relation, entre mars 2020 et novembre 2021. Moffet ne s’est pas excusé lorsque la juge Réna Emond le lui a permis.

L’homme de 33 ans a plaidé coupable d’agression sexuelle, d’agression et de harcèlement, lundi, au palais de justice de Québec.

« L’accusée tient des propos méprisants sur son physique et son rôle de mère. […] Dans le cadre de la relation, l’accusé a fait usage de force sur elle et s’est comporté de manière menaçante», peut-on lire dans le résumé des faits lu au tribunal.

Moffet a également utilisé des objets lors de relations sexuelles orales, vaginales et anales sans le consentement de sa victime. Le trentenaire est également coupable de harcèlement dans les communications concernant une troisième victime.

De plus, l’accusé plaide coupable aux infractions d’entrave au travail des policiers et de conduite dangereuse. Ces faits se sont produits au moment où les policiers voulaient l’interpeller, après la plainte de la troisième victime. Les autres charges retenues contre elle ont finalement été retirées lundi.

Lors du résumé des faits, Moffet était adossé au mur, l’air désintéressé. Il a cependant répondu d’une voix forte et claire aux questions du juge.

La peine de 54 mois imposée tient compte du casier judiciaire de l’accusé. Il a reconnu en 2021 avoir étranglé et harcelé une première victime, toujours dans un contexte conjugal.

En détention provisoire, il lui reste environ 35 mois à passer derrière les barreaux.

« Libéré »

Audrey Van Houtte a choisi lundi de faire lever l’ordonnance protégeant son identité. Elle ne veut plus vivre dans la honte.

«Je suis fier d’être allé jusqu’au bout. Je me sens libéré. Si je peux aider d’autres à porter plainte, j’aurai fait ma part », souligne-t-elle à la sortie de la salle d’audience.

Elle avait écrit une lettre pour exprimer les conséquences du crime sur sa vie. La procureure Me Laura Plamondon-Dufour l’a lu devant le juge Emond.

« Décembre 2021, mon cauchemar s’est terminé. Du moins, c’est ce que je pensais. La petite fille naïve en moi croyait qu’une fois mon agresseur derrière les barreaux, la vie reprendrait son cours normal.

Le processus judiciaire a duré 29 longs mois pour Audrey Van Houtte. Après lundi, elle pourra enfin tourner la page de cette difficile épreuve.

« Mettre des mots sur les actes qui ont été posés, mais surtout tenter de les oublier, ce n’est pas évident. C’est mon agresseur qui est en prison, mais c’est moi qui ai le sentiment d’être privé de ma liberté.»

— Audrey Van Houtte

Depuis la fin de sa relation avec Jean-François Moffet, la femme de 31 ans vit avec l’anxiété, l’insomnie, un sentiment de honte, de peur, flashbacks et des pensées sombres. Elle accumulait les absences du travail et les visites à l’hôpital. Audrey a surtout dû faire face aux représailles de l’entourage de son agresseur.

Aujourd’hui, elle dit rester forte pour ses deux jeunes garçons.

« J’ai perdu ma confiance en moi, ma capacité à faire confiance aux autres, le sentiment d’être en sécurité où que ce soit », ajoute-t-elle.

Audrey Van Houtte peut désormais tenter de reconstruire sa vie, sans visites au palais de justice ni appels à un agent de probation.

 
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