MÉTIERS DANGEREUX | Sous l’eau pour effectuer des travaux

MÉTIERS DANGEREUX | Sous l’eau pour effectuer des travaux
MÉTIERS DANGEREUX | Sous l’eau pour effectuer des travaux

Enfant, Kelly Rancourt rêvait de devenir astronaute. « Un plongeur est un métier tordu qui sort de l’ordinaire. «C’est ce qui se rapproche le plus du métier d’astronaute, mais sans les longues études», souligne-t-elle.

Mme Rancourt ne volera pas dans l’espace, mais elle pourra dire qu’elle a partagé la série sur les métiers dangereux avec l’astronaute canadien Jeremy Hansen.

Comme les astronautes, les plongeurs effectuent leur travail dans des conditions extrêmes. Ils doivent également connaître plusieurs métiers.

« Les gens pensent que notre emploi c’est travailler sous l’eau. Mais dans une journée de 10 à 12 heures, nous ne passons que 4 heures sous l’eau », explique-t-elle.

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Kelly Rancourt. (Yan Turcotte)

« Que ce soit sous l’eau ou en surface, c’est comme être sur un chantier de construction. Les risques sont les mêmes que sur un chantier », ajoute-t-elle.

Seule femme de sa cohorte

Très peu de femmes choisissent ce métier qui nécessite, entre autres, d’être prête à quitter le foyer plusieurs semaines pour des contrats.

Lorsqu’elle s’est jointe à l’Institut maritime du Québec à Rimouski, pour suivre le programme de plongée professionnelle, Kelly Rancourt était la seule femme parmi 11 hommes.

« Au début, je trouvais ça intimidant. J’avais peu d’expérience dans le travail manuel. Mes collègues étaient pour la plupart des soudeurs, des menuisiers ou encore des coffriers », confie-t-elle.

L’année dernière, Kelly Rancourt a reçu le Chapeau, les Filles! prix, un concours qui met en valeur la motivation et la détermination des femmes inscrites dans des programmes d’études commerciales traditionnellement dominés par les hommes.

Ce prix a récompensé la persévérance de Mme Rancourt. Plongeuse indépendante depuis plusieurs années, elle a dû tenter à deux reprises pour intégrer l’école. Chaque année, une soixantaine de candidats tentent leur chance. L’institut n’en retient que 12.

« Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai investi dans des cours de plongée. J’ai aussi abandonné mon emploi au centre d’appels 9-1-1 pour devenir assembleuse chez BRP », raconte-t-elle.

Une multitude de dangers

Diplômée en juillet 2023, Kelly Rancourt a débuté sa carrière au Nunavik. Elle a travaillé sur des câbles à fibres optiques. « J’ai dû installer des tuyaux de protection pour protéger les câbles des intempéries et du verglas », raconte-t-elle.

Par la suite, Mme Rancourt a passé une grande partie de la saison à inspecter des barrages d’Hydro-Québec dans des endroits pas toujours très invitants.

« Sur l’un d’eux, je plongeais dans les eaux usées. C’est un environnement contaminé. Si je me coupe, je peux contracter une maladie, comme l’hépatite. Les vaccinations sont obligatoires pour cette profession. Nous avons des examens médicaux.

— Kelly Rancourt

Malgré une sécurité accrue, des accidents peuvent également survenir. En novembre 2000, Martine Côté décède au barrage Chaudière de la centrale Hull 2 ​​d’Hydro-Québec, en Outaouais.

Selon le rapport d’enquête du coroner, M. Côté aurait été « aspiré à l’entrée d’une grotte ». Elle est restée « piégée sous l’eau et après plusieurs tentatives de sauvetage, elle est revenue à la surface de l’eau, inconsciente ». Depuis, les plongeurs québécois utilisent les harnais Barry.

En plongée, Mme Rancourt doit être attentive à son environnement. Lors de son contrat au barrage Saint-Georges, où elle devait inspecter les écluses, elle s’est retrouvée dans une « vraie jungle ». « Il y avait des branches et des troncs. Il fallait vraiment que je fasse attention. L’ombilical aurait pu s’emmêler dans des spaghettis. En cas d’urgence, la surface n’aurait pas pu me faire remonter », raconte-t-elle.

Devenez le premier Canadien

Mais, malgré tous les risques encourus, Kelly Rancourt compte bien aller encore plus loin dans son métier. Elle souhaite devenir la première Canadienne à obtenir un poste de plongeuse à saturation.

En 2001, l’Américaine Marni Zabarsky a ouvert la voie en tant que première plongeuse à saturation. Dans ce secteur, les professionnels travaillent entre autres sur les plateformes pétrolières et descendent à plus de 100 m de profondeur.

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Kelly Rancourt. (Kelly Rancourt)

« Les plongeurs en saturation travaillent sur des bateaux équipés d’une chambre pressurisée. Avant de plonger, ils passent plusieurs jours dans la chambre sans en sortir. Chaque jour, la pression augmente jusqu’à atteindre la même pression qu’à leur poste de travail. Même chose au retour », raconte-t-elle.

Ces plongeurs extrêmes ne peuvent pas travailler toute l’année. Ils doivent laisser leur corps se remettre d’une telle pression. Malgré tout, Kelly Rancourt persiste. «J’aime l’adrénaline. Je me sens vivant.”

À suivre.

 
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