qu’est-ce qui a changé dans les vignes ? – .

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Il y a dix ans (5 mai 2014), 23 enfants et leur professeur se sentaient mal (toux, mal de gorge, picotements dans la langue, nausées, maux de tête, etc.) après des traitements par pulvérisation sur les vignes. à proximité de leur école, à Villeneuve, dans le Blayais. L’affaire Villeneuve commençait. Les deux châteaux en question, l’un en viticulture conventionnelle (Castel la Rose), l’autre en bio (Escalette), ont été condamnés en 2020 pour épandage inapproprié par la cour d’appel de Bordeaux.

Mais au-delà de l’aspect juridique, c’est toute la filière vitivinicole qui est touchée. Les projecteurs ont été braqués sur les pratiques d’un vignoble très consommateur de pesticides. Une période délicate pour le secteur : image ternie, remises en question forcées. Depuis, qu’est-ce qui a changé ? Il y a eu de nombreux développements.

Cadre réglementaire amélioré

Tout d’abord, le cadre réglementaire. Dès 2014, la préfecture a établi une liste de 128 communes comprenant des « établissements sensibles » (écoles, crèches, centres de loisirs…), où l’épandage de pesticides de synthèse à moins de 50 mètres est interdit. En 2016, un arrêté préfectoral précise la protection des « personnes vulnérables » : pulvérisations interdites à proximité des écoles et crèches pendant certaines périodes (rentrée scolaire, sortie, récréation).

En 2017 un nouvel arrêté préfectoral instaure des zones non traitées (ZNT) pour les substances les plus toxiques, les fameux pesticides cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). « Des distances de 20, 10 ou 5 mètres, ce n’est pas grand-chose, mais c’est mieux que rien », commente Francis Macary, ingénieur à l’INRAE ​​de Bordeaux. Un an plus tard, la loi EGalim impose une certification environnementale pour toutes les appellations d’ici 2025.

« L’Omerta a diminué »

Parallèlement, d’autres évolutions se produisent. En 2016, après le rapport choc de Cash Investigation sur le vignoble, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux annonce « l’abandon progressif des pesticides ». En 2020, Tutiac, l’une des plus grandes caves coopératives de France, dans le Blayais, a interdit l’utilisation des CMR à ses coopérateurs. « En Côte de Blaye, le président de l’appellation a aménagé biologiquement les parcelles autour de l’hôpital », complète Sylvie Nony, vice-présidente de l’association Alerte pesticides Haute Gironde. Toutefois, selon elle, si les initiatives isolées se multiplient, « il n’y a pas de virage général vers la fin des pesticides ». Selon le responsable régional de l’alimentation à la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt d’Aquitaine (Draaf), François Hervieu, « il sera difficile pour de nombreuses exploitations agricoles de se passer des CMR », certainement les produits les plus courants. toxique mais aussi le plus efficace.

Toujours dans le Blayais, en 2021, lancement du Cépa(h)ges, une plateforme de cohabitation entre vignerons et riverains, autour de la communauté de communes Estuaire, pour « construire ensemble des pratiques agricoles pour l’environnement et la santé ». Conclusion de Sylvie Nony : « depuis Villeneuve, on sent encore que le silence s’est atténué ». Dans le même esprit, l’application BV33 lancée en 2021 (1 740 téléchargements) pour avertir les riverains avant les soins.

L’essor du bio

Autre évolution notable : l’essor du bio : 25 % des vignes certifiées aujourd’hui, contre moins de 10 % en 2014. Le CIVB revendique même 75 % de superficies bénéficiant d’une norme environnementale, mais en cumulant des labels qui n’interdisent pas tous les synthétiques. pesticides. L’orientation générale vers la réduction des produits les plus toxiques est néanmoins incontestable. Les CMR ne représentent cette année que 6 % des tonnages, contre 35 % il y a dix ans.

Les traitements biologiques ou biocontrôle (substances naturelles non dangereuses pour la santé et l’environnement) prennent leur place. « Il y a un véritable « après Villeneuve », estime Pierre-Henri Cosyns, ex-président des Vignerons bios d’Aquitaine, il faut souligner les efforts de la filière. 30 % des traitements sont réalisés en bio ou en biocontrôle, les vignerons sont désormais mieux accompagnés, la Draaf effectue des contrôles sur les pulvérisateurs, la réglementation est plus précise. Pour François Hervieu, « il y a une bonne dynamique en Gironde suite à l’incident de Villeneuve. Les molécules les plus toxiques ont été exclues du marché. Il y en avait 1 250 autorisés en 1990, contre 450 aujourd’hui, dont beaucoup en bio.

Régression?

La crise du vin fait craindre un retour en arrière dans les pratiques environnementales. « La Commission européenne étend le glyphosate, le gouvernement veut alléger les mesures, et la crise est si grave que ceux qui n’y parviennent pas sont tentés de mettre le pied sur l’écologie », constate Francis Macary. Une régression à laquelle Laurent Bernos, directeur du pôle viticulture à la Chambre d’agriculture, ne croit pas : “Je ne vois pas ceux qui ont opté pour les certifications environnementales revenir en arrière.” Le risque commercial et d’image est trop grand.

 
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