«Nous sommes venus de Fribourg pour apporter des banderoles»

«Nous sommes venus de Fribourg pour apporter des banderoles»
«Nous sommes venus de Fribourg pour apporter des banderoles»

«Nous sommes venus de Fribourg pour apporter des banderoles»

Publié aujourd’hui à 11h31

Un keffieh est posé à côté d’une tente sombre, près de l’entrée de la cafétéria. Le foulard blanc et noir, symbole de la lutte palestinienne, a clairement été oublié. Non loin de là, une cinquantaine de jeunes étudiants sont rassemblés dans la salle autour d’un jeune homme. « Qui a une voiture ? » il demande. On comprend que cela implique d’aller chercher de la nourriture en ville. Tout est calme ce samedi matin. L’occupation du campus de l’Université de Lausanne (UNIL) se poursuit.

Déjà deux nuits

Ils dorment sur le site depuis deux nuits. Des étudiants pro-palestiniens ont investi le hall du bâtiment Geopolis jeudi dernier. Contre les fenêtres du bâtiment, des affiches DIY réclament un cessez-le-feu à Gaza.

Samedi en milieu d’après-midi, une manifestation commence. Environ 200 personnes ont répondu à l’invitation du collectif étudiant. “En votre qualité de proche, de Lausannois, de citoyen ou tout simplement parce que cela touche notre humanité à tout moment, de toutes parts, rejoignez-nous”, ont-ils lancé la veille sur le site. inverse.co.

Des banderoles ont été levées

Il y a là une centaine d’étudiants, ainsi que des personnes extérieures. Les gens crient « Palestine libre ». Tous sont désormais rassemblés devant le bâtiment Géopolis, où ont été hissées des banderoles de soutien aux Palestiniens. Une jeune étudiante en sciences politiques explique être présente « ponctuellement sur le site » depuis jeudi.

L’ambiance est bon enfant. «Nous sommes venus de Fribourg pour apporter des banderoles», raconte en souriant un quadragénaire à l’accent maghrébin, coiffé d’un keffieh.

Céline, enseignante d’une cinquantaine d’années à Bulle, est bouleversée. « Nous devrions être remerciés de lutter contre le fascisme et ces maudites colonies », grogne-t-elle, déplorant la faible mobilisation étudiante. Il y a 16 000 étudiants sur le campus, et peu sont présents ici. Aucune présence policière n’est visible.

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A quelques mètres de là, un homme au look zadiste porte un drapeau aux couleurs palestiniennes. Ce Lausannois d’une quarantaine d’années, actif dans le monde du théâtre, est de toutes les manifestations pro-palestiniennes. «A Bâle, Berne ou Genève», explique-t-il. Nous ne pouvons rien faire avancer sans mobilisation.

Les universités sont critiquées

Les militants s’en prennent aux hautes écoles et universités suisses, l’EPFL en tête. Il leur est demandé de boycotter les collaborations avec les institutions universitaires israéliennes. « Les Palestiniens ont dénoncé le rôle actif des universités israéliennes dans la légitimation du régime de l’apartheid et la perpétuation de la colonisation et de l’oppression », rapporte le collectif. Loin d’être des bastions de la démocratie et de l’esprit critique, ces institutions entretiennent des liens étroits, souvent financiers, avec l’armée d’occupation.»

Près du bâtiment, deux jeunes hommes se tiennent derrière le coffre d’une voiture. Plusieurs caisses remplies de bananes, de pain et d’autres denrées sont déchargées. L’occupation est censée durer au moins jusqu’à lundi, jour où une nouvelle manifestation est déjà prévue.

Selon les membres du collectif, d’autres campus et universités à travers le pays pourraient bientôt les emboîter le pas. Le keffieh semble avoir de beaux jours devant lui.

Nicolas Pinguély est journaliste à la rubrique économique depuis 2018. Spécialiste de la finance, il a travaillé par le passé pour le magazine Bilan, à l’Agefi et au Temps. Il a également occupé diverses fonctions au sein de banques et de sociétés financières, notamment en microfinance. Plus d’informations

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