L’argent israélien au cœur des revendications des manifestants à l’Université de Toronto

L’argent israélien au cœur des revendications des manifestants à l’Université de Toronto
L’argent israélien au cœur des revendications des manifestants à l’Université de Toronto

Le 2 mai, des étudiants et manifestants pro-palestiniens ont installé leur campement sur la pelouse du King’s College Circle, au cœur du campus de l’Université de Toronto. Ils réclament des changements dans la gestion financière de l’université.

Ce campement a été installé quelques jours après ceux des campus de McGill et de l’Université d’Ottawa. Des affrontements ont également eu lieu entre manifestants et policiers. New York à l’Université Colombie.

Le camp de Toronto est organisé par le groupe U de T Occupons pour la Palestinequi a établi une liste de trois revendications.

Les revendications du groupe contestataire

Divulguer tous les investissements détenus dans les fonds de dotation, les fonds de roulement à court terme et autres actifs financiers de l’université ;

Désinvestir la dotation, les actifs et autres avoirs financiers de l’Université de tous les investissements directs et indirects qui soutiennent l’apartheid israélien, l’occupation et la colonisation illégale de la Palestine ;

Mettre fin à tous les partenariats avec les institutions universitaires israéliennes qui opèrent dans les colonies des territoires palestiniens occupés ou qui soutiennent la politique d’apartheid de l’État d’Israël et son génocide en cours dans la bande de Gaza.

Source : Page Instagram de U de T Occupons pour la Palestine

Nous allons rester ici jusqu’à ce que nous recevions nos demandes. […] Nous ne savons pas combien de temps cela prendra, mais nous espérons que ce sera bientôtexplique Anvar McCall, étudiant à Kalliopé.

Nous savons que ça va être un combat, nous sommes prêts à être là sur le long terme.

Une citation de Kalliope Anvar McCall, manifestante et étudiante à l’Université de Toronto

Un fonds de dotation de 3,3 milliards de dollars

Le fonds de dotation de l’Université de Toronto est le plus important de toutes les universités du pays, selon un article paru dans le Radio-Canada à partir de 2023 (Nouvelle fenetre). Il s’agissait d’un total de 3 267 000 000 $ pour l’exercice 2022-23.

Qu’est-ce qu’un fonds de dotation ?

Fonds constitué de sommes d’argent ou de valeurs mobilières obtenues par voie de legs ou de donation et dont le capital est généralement conservé intact ou est affecté, ainsi que les produits financiers qui en résultent, aux fins déterminées par le testateur ou le donateur.

Source : Office québécois de la langue française (Nouvelle fenetre)

Ces fonds ont fait la une des journaux à plusieurs reprises ces dernières années.

En septembre 2023, à la suite du scandale entourant la présence à la Chambre des communes d’un ancien soldat ayant combattu aux côtés des nazis, l’Université de l’Alberta a retourné un don à la famille de Yaroslav Hunka.

Avec ce don, sa famille crée un fonds de dotation destiné à financer la recherche ukrainienne.

L’Université reconnaît et regrette le préjudice involontaire causé [par l’acceptation de ce don]» déclarait alors le doyen de l’université.

Un an plus tôt, des manifestants à l’Université de Montréal exigeaient que l’institution cesse d’utiliser son fonds de dotation pour investir dans l’industrie du pétrole, du gaz naturel et des carburants.

Blake Phillipsdirecteur de l’École de comptabilité et de finance de l’Université de Waterloo, a déclaré au Radio-Canada en 2023, les dotations peuvent être une option intéressante pour les donateurs cherchant à préserver leur héritage et un moyen d’aligner leurs valeurs sur celles d’une institution.

Des investissements qui ne sont pas publics

Nous demandons à l’Université de Toronto de rendre publique la liste de ces investissements, afin que l’on puisse voir dans quelle mesure elle est complice de ce génocide.

Un manifestant attache le keffieh d’un autre manifestant au campement de l’Université de Toronto.

Photo : La Presse Canadienne / Chris Young

Les manifestations du groupe U de T Occupons pour la Palestine ne datent pas d’hier. En fait, ils ont les mêmes revendications depuis des mois.

Les représentants ont rencontré le président de l’université, Meric Gertler, début avril. Il a alors rejeté leurs demandes.

Toutes les institutions canadiennes partagent l’obligation de se désinvestir des investissements qui soutiennent l’armée israélienne afin de ne pas être complices du crime de génocide.dit un communiqué du groupe sur Instagram.

La fin des partenariats avec les établissements postsecondaires

Les manifestants exigent également que l’Université de Toronto coupe tout lien avec les établissements d’enseignement qui opèrent dans les colonies des territoires palestiniens occupés ou qui soutiennent la politique d’apartheid de l’État d’Israël.

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Les manifestants ont installé leur camp jeudi. (Les archives)

Photo : La Presse Canadienne / Christopher Katsarov

Kalliope Anvar McCallun manifestant du camp, pointe notamment deux institutions avec lesquelles l’Université de Toronto a des liens.

Elle accuse l’Université hébraïque de Jérusalem d’avoir un campus à territoires palestiniens occupés de Jérusalem-Est. En 2020, l’Université de Toronto a annoncé un partenariat de recherche et d’innovation (Nouvelle fenetre) avec cette même université.

Mme Anvar McCall accuse également l’Institut israélien de technologie de former des troupes de l’armée israélienne. L’Université de Toronto a un programme d’échange d’étudiants avec l’université basée à Haïfa.

L’Université de Toronto est priée de rompre toutes relations avec ces universités israélienneselle dit.

L’Université rejette l’idée d’un boycott académique”,,”text”:”boycott académique”}}”>boycott académique

Dans une réponse écrite au groupe et partagée avec Radio-Canada, le président de l’Université de Toronto indique que cette affirmation va à l’encontre une politique de longue date contre les boycotts universitaires .

Parce que tout boycott universitaire est contraire à la mission et aux valeurs fondamentales de l’Université, nous rejetons fermement cette demande de mettre fin à de tels partenariats.dit M. Gertler.

Le président de l’Université de Toronto note que les collaborations entre l’établissement et les universités israéliennes incluent des projets entre facultés visant à lutter contre les discours de haine dans la région et à favoriser l’engagement solidaire avec les étudiants palestiniens.

Il ajoute qu’il est à la fois inapproprié et finalement contre-productif de cibler des universitaires qui travaillent ou étudient dans un pays particulier et de les tenir responsables des actions ou des politiques du gouvernement de leur pays.

Les problèmes urgents d’aujourd’hui seront mieux résolus par les universitaires – protégés par la liberté académique – travaillant ensemble pour approfondir notre compréhension de ces questions difficiles et aider à trouver des solutions.

Une citation de Meric Gertler, président de l’Université de Toronto
 
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