Le retard dans le consentement présumé aux dons d’organes aura “des conséquences très importantes” – rts.ch

Le retard dans le consentement présumé aux dons d’organes aura “des conséquences très importantes” – rts.ch
Le retard dans le consentement présumé aux dons d’organes aura “des conséquences très importantes” – rts.ch

Le Conseil fédéral a décidé de reporter de 2022 à 2026 la mise en œuvre du principe du consentement présumé au don d’organes. Dans Forum jeudi soir, Franz Immer, directeur de Swisstransplant, met en garde contre les «conséquences très importantes» de cette décision dans un contexte de pénurie de donneurs.

«Nous regrettons beaucoup» ce retard, a souligné Franz Immer, directeur de Swisstransplant, dans Forum jeudi soir. Le Conseil fédéral a fixé cette date car il attend que le registre numérique des dons soit également prêt.

Le principe du consentement présumé a été accepté par la population en 2022 et devrait permettre de sauver une centaine de vies par an. La mesure est d’autant plus importante que la Suisse est confrontée à un manque de donneurs, souvent dû à un manque d’information de la part de la famille du défunt.

>> Relisez : Le consentement présumé au don d’organes ne sera pas introduit avant 2025 Et La Suisse dit oui au consentement présumé au don d’organes

“Malheureusement, plus de la moitié des proches ne connaissent pas l’avis du défunt lorsque la question se pose en réanimation”, explique l’invité de la RTS. Toutefois, « selon la loi en vigueur, elle doit prendre la décision en tenant compte de l’avis du défunt ». Alors si le sujet n’a jamais été abordé, « c’est très difficile » pour les familles « et cela se traduit par un refus » souvent regretté par les familles « quelques mois plus tard ».

>> Sur le sujet, lire : Pour le don d’organes, il est toujours indispensable de faire connaître son choix

Taux de refus élevé

En 2023, la Suisse a néanmoins enregistré un nombre record de dons d’organes, compte tenu d’un taux de refus de 58%. Au total, 200 personnes ont pu faire un don. LE Rapport annuel de Swisstransplant publié mardi montre également que le nombre de personnes ayant bénéficié d’une greffe d’organe n’a jamais été aussi élevé (675).

La Suisse reste donc l’un des pays d’Europe où le taux de refus de don d’organes est le plus élevé. «60% des proches refusent un don car ils ne connaissent pas l’avis du défunt, ce qui explique la pénurie d’organes dont nous disposons actuellement en Suisse», insiste Franz Immer.

Il salue toutefois le fait que la Suisse soit un «très bon élève en matière de détection des donneurs en soins intensifs».

>> Pour aller plus loin, lisez : La pénurie de dons d’organes persiste, malgré un nombre stable de donneurs

Taux corrélé au principe du consentement présumé

Le Conseil fédéral a annoncé mercredi qu’il reportait à 2026 la mise en œuvre du principe du consentement présumé, car le registre numérique des dons n’est pas encore prêt. La question de la protection des données est certes « importante », souligne le directeur de Swisstransplant, mais cette dernière aurait « espéré une entrée en vigueur plus rapide pour que le taux de refus baisse. On l’a vu en Hollande » où ce taux « a baissé de 7 à 10 % » depuis l’entrée en vigueur du principe de consentement.

En France et en Italie par exemple, où le principe du consentement présumé est en vigueur, le taux de refus est « bien inférieur », constate Franz Immer. C’est “environ 25%”.

“On perd 75 à 80 donneurs en deux ans avec ce retard, ça fait 240 organes qu’on ne peut pas transplanter”, insiste-t-il encore. “Ce retard a des conséquences très importantes.”

>> Lire aussi : En 2022, 83 personnes sont mortes en attendant un don d’organes

Et d’ajouter : sans la mise en œuvre du principe du consentement présumé, on se retrouvera avec une centaine de décès par an faute de donneurs.

En Suisse, 1400 patients sont sur liste d’attente.

Commentaires recueillis par Thibaut Schaller

Adaptation web : Julie Marty

 
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