Des esclaves en fuite ont suivi le « North Star » pour trouver refuge au Canada

Les esclaves des plantations du sud des États-Unis n’ont pas attendu la guerre civile et l’adoption du treizième amendement à la Constitution pour retrouver la liberté.

Parmi les moyens utilisés pour se libérer, on trouve l’utilisation d’un réseau clandestin de routes et d’abris qui a reçu le nom de « Chemin de Fer Souterrain ». Ce « chemin de fer clandestin » les conduisit, à la suite du North Star, vers des États qui ne pratiquaient pas l’esclavage ainsi qu’au Canada.

Itinéraires du chemin de fer clandestin.

Domaine public

Les États du Nord, puis le Canada

Ce que l’on appelle le « chemin de fer clandestin » s’organise progressivement vers le début du 19e siècle.

La reconnaissance historique des organisateurs et des héros de cette organisation progresse et l’on connaît désormais un peu mieux des personnalités comme Harriet Tubman (qui ornera à terme les billets de 20 dollars aux États-Unis) ou Frederick Douglass.

Photographie d’Harriet Tubman (1870) par HB Lindsley

Domaine public


Représentation proposée d’Harriet Tubman sur les billets de 20 $ par le groupe Womenon20s (https://www.womenon20s.org/). La décision a été prise par l’administration Obama, mais le projet tarde à se concrétiser.

Femmesson20

On estime que plus de 100 000 esclaves ont échappé à leurs propriétaires grâce au courage et au génie d’un nombre considérable de participants travaillant dans la clandestinité.

L’année 1850 constitue pourtant un moment charnière. Face à l’ampleur du phénomène et parce qu’on craignait déjà une intensification des relations entre les États du Nord et du Sud, le Congrès a adopté le Fugitive Slave Act.

Cette législation, version plus radicale d’une précédente loi de 1793, précisait que les fugueurs trouvés dans les États du Nord seraient restitués à leurs propriétaires une fois capturés.

La présence accrue de «chasseurs d’esclaves», ces chasseurs d’esclaves, inciteront de plus en plus de fugitifs à se diriger vers ce qui deviendra plus tard le Canada.


Affiche de 1851, avertissant la population noire de la présence de « chasseurs de primes » à Boston.

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Des résultats mitigés et une présence à Montréal

De 1850 à 1860, entre 15 000 et 20 000 Afro-Américains rejoignent la Nouvelle-Écosse, l’Ontario (Canada-Est) et le Québec (Canada-Est).1.


Photographie d’un esclave en fuite à son arrivée à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

(Smithsonian) Musée national d’histoire afro-américaine

Déjà libres ou encore esclaves, ils espèrent trouver ici une terre plus hospitalière, l’esclavage ayant été aboli en 1833.

Si beaucoup arrivent ici par leurs propres moyens, la majorité bénéficie de l’aide du chemin de fer clandestin.

C’est le cas de Shadrach Minkins, dont la pierre tombale se trouve au cimetière du Mont-Royal. Lorsque la plaque qui apparaît maintenant près de son dernier lieu de repos a été révélée, des historiens comme Webster et le passionné d’histoire Frank Mackey ont raconté l’histoire inhabituelle de l’esclave né en Virginie.

Réfugié à Boston après sa fuite, il fut capturé en 1851 et condamné à retourner dans le Sud. Aidé par le journal abolitionniste Le Libérateur et le Boston Vigilance Committee, il atteint plus tard Montréal où il fonde une famille.


Document annonçant la vente de Shadrach Minkins en 1851.

Domaine public, (Société historique du Massachusetts)


Photo fournie par Luc Laliberté

De nombreux esclaves tentent alors « l’aventure canadienne » au 19e siècle, mais tous n’ont pas terminé leurs jours ici comme Minkins.

Que ce soit parce que « l’immigration noire » est parfois inquiétante, ou parce que le Treizième amendement a libéré les noirs en 1865, les migrants préféreront retourner sur le territoire américain.

1Chiffres avancés par l’historien Fred Landon et relayés sur le site de l’Encyclopédie canadienne.
 
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