il n’y a pas que la sécurité dans les missions du préfet

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il n’y a pas que la sécurité dans les missions du préfet

Par Cédric Nithard
Publié le

3 et 24 mai à 19h32

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Le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch était l’invité jeudi 25 avril de Cercle Mozart dans le cadre de ses réunions traditionnelles. L’opportunité pour le représentant de l’Etaten poste dans le département depuis octobre dernier, pour réaffirmer son rôle et sa perception sur plusieurs dossiers devant élus, décideurs et entrepreneurs locaux.

Des débuts appréciés par le Cercle Mozart

La rencontre avec le préfet de l’Hérault était évidemment attendue, le Cercle Mozart ayant dû refuser du monde. Sans doute, l’ombre de son prédécesseur, et son intervention dans le même contexte, planait encore légèrement comme le suggérait Jean-Marc Maillot. « Il est toujours plus facile de prendre la relève de quelqu’un qui n’a pas laissé un souvenir inoubliable. Malheureusement, ce ne fut pas votre cas puisque le préfet Moutouh a laissé un souvenir extrêmement favorable dans notre département. Son successeur François-Xavier Lauch allait-il suivre dans sa lignée ?

« Vous avez immédiatement laissé votre empreinte sur le territoire, prenant des décisions difficiles, multipliant les déplacements et les réunions, n’hésitant pas à bousculer vos services, à remettre en question des situations sclérosées… bref, à agir dans l’intérêt général » dessine le président de le Cercle Mozart avant de juger : « Force est de constater après plus de six mois de présence dans l’Hérault que votre action reçoit un plein soutien. Il y a eu unanimité pour saluer votre attitude, votre proximité, votre intelligence et votre compréhension des enjeux, soulignant « la détermination plutôt que l’incantation, l’action plutôt que les conversations et les résultats plutôt que la simple communication ».

L’importance d’être sur le terrain

“Je suis honoré de me présenter devant vous et de vous rappeler que je suis un haut fonctionnaire de l’Etat donc le nombre de places qui ne sont pas gratuites et les sondages de popularité m’intéressent peu.” Une introduction stricte à un discours sur la méthode caractéristique de la rigueur et du respect de la fonction démontré par François-Xavier Lauch depuis son arrivée qui a fait de la réunion une explication de « ce qu’est un préfet en 2024 dans le département de l’Hérault ».

Si son parcours l’a conduit à être ancien chef de cabinet du président de la République Emmanuel Macron de 2017 à 2020, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin de 2020 à 2022, préfet du Tarn de 2022 à 2023 avant de rejoindre l’Hérault en octobre dernier, il se définit davantage au regard de la douzaine de postes dans différentes fonctions en préfecture comme « la catégorie de ceux qui ont franchi la prochaine étape de la fonction préfectorale ». carrière. Un attachement à l’administration et une fierté que cet « enfant rural né au fin fond du Limousin » a vu grandir au contact de « son père, un fonctionnaire de catégorie C voire D » ou un modèle comme Jean Moulin.

Depuis plusieurs mois dans l’Hérault, il explique sa méthode. «Quand on est quelque part et qu’on a vécu des expériences différentes, le pire est d’en rester prisonnier. Il faut donc connaître le territoire et c’est pour cela que je passe beaucoup de temps sur le terrain. Et même, je me fixe comme objectif de passer le moins de temps possible derrière mon bureau » en expliquant : « Cet État que je représente a besoin d’être incarné sur le terrain par un préfet, des sous-préfets, des services de l’État. un État qui fait quelque chose d’essentiel pour nos concitoyens, qui est d’être écouté et entendu dans leurs difficultés. Il n’y a rien de pire qu’un État lointain qui applique bêtement et malicieusement des choses imaginées à Paris, qui ne sont pas forcément mauvaises mais qui ne correspondent pas forcément à la réalité d’un territoire. »

La sécurité mais pas seulement

Rappelant ainsi son rôle de « faire respecter les lois et règlements » mais aussi de « relayer l’information auprès des ministres du gouvernement », s’il se sait attendu sur un sujet particulier, sans intervenir, François-Xavier Lauch a précisé : « Un préfet est le représentant de tous les ministres. Or, quand on entend parler de préfets, on pense très souvent à des questions de sécurité. Sauf que je ne fais pas que ça et que c’est même une partie très limitée de mon bureau. C’est une question centrale mais je ne me contente pas de cela.

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Interrogé sur ce thème, il a rappelé sa principale action sur certains commerces – épiceries de nuit, bars à chicha, coiffeurs-barbiers – qui « préféreraient vivre du blanchiment d’argent » en procédant à de nombreux contrôles conduisant à des fermetures administratives pouvant aller jusqu’à six mois. “Ils dégradent le cadre de vie et représentent des pratiques anticoncurrentielles pour d’autres commerces comme les buralistes.” Et d’indiquer que 95 ont été fermées dans l’Hérault en 2023 et une quarantaine depuis le début de l’année. Le préfet a également insisté sur la sécurité des transports avec une méthode partenariale et une approche globale des réseaux, illustrant ainsi le continuum de sécurité appliqué plus généralement.

« Des infrastructures essentielles »

Désireux donc de ne pas incarner uniquement les questions de sécurité, parmi ses priorités François-Xavier Lauch évoque d’abord « le développement des infrastructures ». Se disant de son précédent poste dans le Tarn « être très fier d’avoir lancé le projet A69 », il entend ici piloter la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), le Contournement Ouest de Montpellier (COM), les dossiers d’aménagement du multimodal en Montpellier… Le préfet indique « pousser beaucoup pour que Montpellier soit retenu comme Service Express Régional Métropolitain (SERM) et qu’on avance sur des sujets très simples comme la mise sur les autoroutes de bus à haut niveau de service et que les tramways aller dans tous les lieux importants » et de jeter la pierre au tank : « Je vais me faire des ennemis mais la gare et l’aéroport, je n’en dirai pas plus… » ajoutant : « Il faut faire pour prendre les tramways avec de vrais parcs relais et, en plus, de vrais longs trajets à vélo.

Des « infrastructures indispensables » selon François-Xavier Lauch avec un enjeu important lié à « 15 000 habitants de plus chaque année. C’est extraordinaire et cela interpelle les responsables étatiques, locaux et tous les élus du département. C’est quelque chose de très compliqué. Et cela continuera avec 300 000 habitants supplémentaires d’ici 2050. » Cela se heurte à la question du logement et aux contraintes réglementaires comme la loi ZAN ou la loi SRU, sans oublier les contraintes économiques. « La crise du logement a et aura des conséquences très graves sur notre département » reconnaît François-Xavier Lauch qui annonce : « Je n’ai pas toutes les clés en main. Je suis parti avec les partenaires de l’habitat du département pour identifier les opérations prêtes à démarrer. 20 000 foyers sont concernés. Parfois ils sont bloqués parce que l’Etat impose des règles, et c’est compliqué parce qu’il y a la question de la sécurité et du logement, et il y a un sujet bancaire pour lequel le préfet peut mettre les banques autour de la table. Je prends ce sujet par là et je vais l’aborder. Et de préconiser parmi les solutions « la reconstruction de la ville dans la ville, les zones commerciales à réhabiliter, les vieux cœurs dans les villes intermédiaires avec des actions de réhabilitation… », soulignant également : « Il n’y a pas que les logements sociaux, il faut aussi des logements intermédiaires. .»

« Comment nous faisons société »

François-Xavier Lauch a également abordé « le contrat social, comment on crée la société » notant que « celui-ci est tendu un peu partout » et recommandant : « L’État a un rôle à jouer sur le caractère fondamental de l’éducation. Dans ce domaine, nous devons investir et réinvestir pour les jeunes générations.» Alors que le taux de pauvreté atteint 19%, il appelle à « une politique exigeante des mains tendues » et prône le « caractère émancipateur du travail ». Dans ce cadre, le préfet se positionne également en faveur du « développement économique et de ceux qui créent de la richesse » et se veut un « facilitateur des chefs d’entreprise en mettant l’agriculture immédiatement après ».

François-Xavier Lauch a également souligné l’importance de maintenir le lien entre zones rurales et zones urbaines. « C’est un sujet très présent dans notre département. « Les uns dépendent des autres et doivent travailler ensemble pour que les populations ne se rassemblent pas dans les mêmes zones. » Regrettant « la disparition des services publics ces dernières années », il vante les 44 maisons France Service ouvertes dans l’Hérault et annonce préparer un plan pour la ruralité. “On ne m’attend pas nécessairement à cela, mais je pense que c’est très important.”

Après avoir retiré son agrément au Sète Olympique Football Club, François-Xavier Lauch met en garde contre le séparatisme. « Cela progresse insidieusement, notamment dans les écarts laissés aux jeunes générations entre l’école et la famille. C’est pourquoi nous devons avoir un réseau associatif très fort que nous essayons de stimuler à travers les politiques de la Ville pour que la République soit partout. Une lutte contre le séparatisme et les trafics qui passe également par la rénovation urbaine entreprise dans différents quartiers de Béziers, Lunel, Montpellier et Sète.

“Maintenant, il faut y penser”

On ne l’attendait pas forcément sur ce dossier mais l’écologie a été un des points centraux de l’intervention de François-Xavier Lauch. « Ce qui me frappe le plus dans mes deux fonctions de préfet et plus encore dans l’Hérault, c’est la vivacité avec laquelle les sujets du changement climatique nous touchent » et de mettre en avant les questions d’eau, bien sûr de littoral et les sujets d’adaptation. “Ils arrivent bien plus vite qu’on ne pouvait l’imaginer”, estime-t-il, louant, via le Fonds vert : “L’Etat stimule l’adaptation au changement climatique.”

Devant les élus, décideurs et entrepreneurs de l’Hérault, le préfet appuie : « Rien n’est perdu. La trajectoire de dégradation de l’environnement est réversible si l’on prête attention, notamment aux émissions de gaz à effet de serre. Nous avons peu d’industries et une agriculture à faibles émissions donc nous avons deux matières dans le département : les transports et le bâtiment. Et nous avons tous les outils pour y parvenir. En adressant un dernier message au public : « Dans tout ce que chacun fait, nous devons désormais penser à cela. A la fois pour essayer de l’éviter et de s’adapter. Je crois que c’est grâce à l’être humain et à la science qu’on s’en sortira. Je suis un positiviste au sens philosophique du terme. Là où j’ai un doute, c’est sur la rapidité de ce qui nous attend. Non seulement nous devrons être bons, mais nous devrons le faire rapidement. Le bulldozer est devenu électrique.

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