la vie bourdonne dans les jardins familiaux de Belle Rive

Cultiver un potager, ce n’est pas seulement produire des légumes, c’est apprendre à s’émerveiller devant le mystère de la vie. » Pascal Diagne a gravé cette citation de Pierre Rahbi à l’entrée de son hangar. Cela fait un mois que ce livreur de carburant à la retraite a investi un terrain de 150 m² dans les jardins familiaux de la Grelauderie, et ça a déjà fière allure. « J’y suis tous les jours ! Depuis toute petite, je voulais faire des légumes. Chez moi, il n’y a qu’un seul balcon. J’apprends beaucoup des aînés. »


  • Pascal Diagne a adopté une intrigue il y a un mois.

    Philippe Ménard/SO


  • Pascal Diagne a déposé une citation inspirante à l’entrée de son cabanon.

    Philippe Ménard/SO

La vie bouillonne dans le terrain aménagé en contrebas du périphérique, derrière le gymnase du Grand-Coudret. « Quand nous sommes arrivés, en 2010, le remblai avait été compacté par les machines. Il a fallu creuser la couche d’argile avec un pied-de-biche», rejoue Alexandre Marquet. Animateur adulte, famille et environnement au centre social Belle Rive depuis 2001, il a accompagné le déménagement des jardins familiaux qui étaient situés dans l’ancienne ville de Berlingue.


Des plants de kiwis ont été plantés pour recouvrir la tonnelle de l’espace collectif.

Philippe Ménard/SO

« Recharger »

« Lorsqu’on nous a annoncé, dans le cadre de l’opération de rénovation urbaine, que les jardins allaient être déplacés, j’ai dit aux jardiniers : « Rêvez vos futurs jardins ». Ils voulaient des jardins éco-citoyens, avec de l’espace pour la famille, les jeunes, les adultes et les aînés. »

  • Les jardins pédagogiques sont surélevés dans des containers pour être accessibles aux personnes en fauteuil roulant.


    Les jardins pédagogiques sont surélevés dans des containers pour être accessibles aux personnes en fauteuil roulant.

    Philippe Ménard/SO

  • L'étang pédagogique accueille les grenouilles et autres « aides » qui se nourrissent d'insectes.


    L’étang pédagogique accueille les grenouilles et autres « aides » qui se nourrissent d’insectes.

    Philippe Ménard/SO

Le centre social a conçu 32 parcelles de 130 à 200 m², chacune avec son style et son identité. Nous cultivons également le sens du partage. Six plants de kiwis ont fleuri au-dessus de la tonnelle qui abrite les repas communs. Derrière, un étang et un jardin pédagogique accueillent les enfants de la base de loisirs et des écoles. Charly Martin, jardinier assidu, accompagne avec bonheur les groupes. « Il y a un peu de bruit du périphérique, mais on arrive à se ressourcer. »

Charly Martin vient tous les jours sur sa parcelle, souvent tôt le matin.


Charly Martin vient tous les jours sur sa parcelle, souvent tôt le matin.

Philippe Ménard/SO

Vive les auxiliaires

L’utilisation de pesticides n’est pas interdite, mais la quasi-totalité des jardiniers ont opté pour des méthodes douces. La Grelauderie prend soin de ses « aides », les mésanges, grenouilles et autres salamandres qui viennent avaler les insectes gourmands. Une parcelle collective de 800 m² sert de site expérimental, en mode permaculture.

« À l’association Belle Rive, nous avons une utopie que nous voulons réaliste, développant les capacités des résidents à être libres et à agir individuellement »

« Je suis venu il y a trois ans, invité par un ami qui fait partie des Voyages des Saveurs, des repas thématiques tous les deux mois. Nous avons un noyau de quatre personnes, mais c’est ouvert à tous», souligne Françoise Albert, qui habite à Saint-Georges-des-Coteaux.

  • La serre du terrain collectif où les jardiniers préparent leurs plants.


    La serre du terrain collectif où les jardiniers préparent leurs plants.

    Philippe Ménard/SO

  • Les hangars ont chacun des couleurs différentes.


    Les hangars ont chacun des couleurs différentes.

    Philippe Ménard/SO

Avec une rotation moyenne de trois parcelles par an, la liste d’attente dure un an. « Venir ici est un engagement. J’y veille. Dans l’association Belle rive, nous avons une utopie que nous voulons réaliste : développer les capacités des habitants à être libres et à agir individuellement », souligne Alexandre Marquet.

Atout supplémentaire, un rucher pédagogique vient d’être installé grâce à un partenariat entre le centre social, la Ville, la Fédération Apicole de Charente-Maritime et des apiculteurs bénévoles. Elle sera inaugurée samedi 4 mai à 11 heures, dans le cadre d’une Fête Nature imaginée par les usagers, avec trocs de plantes, graines, fruits, visites de parcelles et repas partagés.

 
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