A Lorient, le bar tabac Les Bermudes emploie un vigile le dimanche après-midi

A Lorient, le bar tabac Les Bermudes emploie un vigile le dimanche après-midi
A Lorient, le bar tabac Les Bermudes emploie un vigile le dimanche après-midi

On croise déjà des agents de sécurité dans les grands magasins, les banques, les centres commerciaux, les discothèques et les bars de nuit. Habituez-vous à les voir devant les bars tabac, comme aux Bermudes ou à Lorient !

Christophe Boisard, propriétaire de ce bistro de quartier, rue Marie-Dorval, a décidé de recruter un agent de sécurité depuis le dimanche 7 avril. « Cet après-midi-là, trois gars sont arrivés, très ivres et en colère. Ils voulaient nous voler nos bières en libre service, je suis intervenu et le ton est monté. Ils ont commencé à nous insulter, mon partenaire et moi, à nous insulter et à renverser l’étagère à bonbons. Nous avons réussi à en faire sortir un, mais l’autre s’accrochait à la porte. De nombreux clients avaient déjà quitté le bar.

“Ça aurait pu se terminer par une bagarre générale”

« Heureusement que les gendarmes maritimes qui passaient par là sont intervenus pour calmer le jeu et nous prêter main forte », raconte le gérant de l’établissement, ouvert tous les jours (sauf mardi et mercredi), y compris les jours fériés.

Des moments de tension comme celui-ci « se sont déjà produits mais pas à ce niveau », reconnaît l’ancien gendarme. « Je n’avais pas peur mais je ne me sentais pas en sécurité. Cela aurait pu dégénérer en bagarre générale. Nous sommes toujours là pour protéger les clients. J’ai 55 ans, je ne fais pas ce métier, je travaille 80 heures par semaine, pour obtenir ce résultat”, se plaint le Normand, qui constate, depuis son arrivée en 2015 (encore plus après le covid), “une résurgence agressions physiques et verbales et incivilités, toujours sur fond d’alcool.

Le prix de la sérénité

Pas question toutefois d’envisager la fermeture dominicale des Bermudes. «Ma clientèle n’est pas responsable de cette délinquance urbaine croissante. » Embaucher un agent de sécurité est alors devenu le prix à payer pour avoir l’esprit tranquille. Uniquement le dimanche après-midi, lorsqu’il y a beaucoup de circulation. Alors que les commerces sont fermés, notamment les dépanneurs, le rayon épicerie de ce petit bar de quartier dépanne toute une clientèle de passage. « On va essayer cinq ou six dimanches, on verra si on prolonge l’expérience. » 

Ce mercredi 1er mai, encore une journée chargée aux Bermudes, l’agent de sécurité était de nouveau là. Une présence très visible et surtout dissuasive. « Au moins, ça rassure mes clients et moi-même. » Autre changement constaté : « Tout le monde vous dit bonjour et merci maintenant », rapporte le commerçant. On ne voit plus les fauteurs de troubles. Ils se retournent lorsqu’ils aperçoivent de loin l’agent de sécurité posté devant le bar. Clients et habitués se disent « agréablement surpris ».

Plus de patrouilles de police ?

« On va enfin se rendre compte qu’un petit établissement comme le nôtre peut aussi être sujet à des dérives et des incivilités », conclut Christophe Boisard. « Peut-être que la police fera davantage de rondes dans le quartier », espère-t-il, « même si, jusqu’à présent, on voit davantage de policiers municipaux s’occuper du stationnement et infliger des amendes aux véhicules mal garés. »

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