INFOS « SUD-OUEST ». Jean-François Fountaine est prêt pour une troisième danse à la tête de la mairie

J.Jean-François Fountaine a encore les crocs. Lundi 29 avril, sa terrine de poisson n’a pas fait long feu, pas plus que son envie d’exprimer son souhait de « poursuivre l’aventure » à la tête de la Ville. Il a également répondu sans la moindre hésitation à notre question sur son avenir politique, le visage couvert d’un sourire franc et satisfait, entre deux gorgées d’un verre de vin rouge. Sans se déclarer officiellement candidat à sa propre succession (1), celui qui est aussi président de l’Agglomération, devrait donc faire partie du combat municipal prévu en 2026. « Cette ville est passionnante. Nous avons de beaux projets en cours et beaucoup de dossiers en cours. Et si on en parlait ?


La construction de la future salle de basket est estimée entre 25 et 30 millions d’euros.

Jean-Christophe Sounalet/SUD-OUEST

1 Salle de basket, « quatre options » !

Au lendemain de la saison exceptionnelle du Stade Rochelais Basket, leader du championnat Pro B (deuxième division nationale), le projet de doter le club d’un cadre à la hauteur de ses ambitions alimente depuis des mois interrogations et fantasmes. Très prudent, voire méfiant sur la question au départ, Jean-François Fountaine a changé de braquet au point de porter désormais sans ambiguïté cette ambition. La salle Gaston-Neveur n’est plus adaptée, il faut donc imaginer de nouveaux équipements pour l’équipe dirigée par Aymeric Jeanneau.

Quatre hypothèses se dégagent. Oui quatre ! En pole position, « le site du Parc des Expositions, une partie du parking et du terrain bordant l’hypermarché Carrefour d’Angoulins, le grand parking face à l’entrée principale de l’Hyper U de Puilboreau » et dernière possibilité de sortie du chapeau… « le Esplanade des Parcs »… où se trouve la chambre vétuste Gaston-Neveur.

Sur les chantiers liés à la salle de basket, on espère toutes les expertises d’ici juillet ou septembre

« Oui, c’est vrai, nous avions écarté cette dernière hypothèse », concède le maire. Mais ça valait la peine de creuser. Nous avons donc réalisé une étude approfondie sur ce site comme sur les trois autres. Tous les dossiers sont compliqués. Sur les salines [Parc des expos, NDLR], en plus de la salle, on imagine agrandir le marais Tasdon et construire des logements. A Angoulins, nous devons travailler avec Nexity et Carrefour, propriétaires des terrains, sur de nombreux points. À Beaulieu, qui a le mérite d’être très bien desservi, le terrain sur lequel est situé le stationnement appartient à l’Agglomération… mais ce n’est pas simple non plus. Bref, nous avons du travail à faire. Notre ambition est d’avoir toutes les expertises d’ici juillet ou septembre. À ce moment-là, nous devrions avoir les éléments pour faire notre choix. »

Jean-François Fountaine, qui ne souhaite pas que cet équipement soit privé ou couplé à une salle de spectacle, « la prédominance de la salle doit être sportive », rappelle l’estimation du coût : « Entre 25 et 30 millions d’euros. Ce n’est pas rien sachant que nous avons payé 14 pour le nouveau stand Deflandre et entre 2 à 3 pour la rénovation de Gaston-Neveur. » On devrait y voir plus clair à la fin de l’été.

« L’option privilégiée par le club, estime Fountaine, est celle du Parc des Expos. Catherine Léonidas, adjointe aux sports, déclarait récemment à « Sud Ouest » que ce site « coche toutes les cases ».


Jean-François Fountaine espère pouvoir lancer cet automne le concours des architectes pour le futur pont.

Romuald Augé

2. Le pont Tasdon, « le principal financier de l’État »

Autre dossier important, le pont Tasdon. Déclarée en danger imminent et fermée à la circulation automobile depuis le 10 novembre 2023, l’infrastructure inaugurée en 1912 devrait être reconstruite (2). La question de la propriété et du financement reste à résoudre. Ces derniers jours, le dossier a beaucoup progressé. « J’ai discuté la semaine dernière avec Christophe Béchu [ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, NDLR]. Il connaît bien le sujet et m’a dit que l’Etat allait faire un effort budgétaire important, puisqu’il en sera le principal bailleur de fonds. »

A quelle hauteur ? 50 %, 60 % ? Jean-François Fountaine ne donne pas de chiffres. Il se montre en revanche plus éloquent sur la résolution du litige qui oppose depuis des années l’Etat, la Ville et le Département sur la propriété des équipements (3).

C’est la fin du “ce n’est pas à moi, ce n’est pas mon problème”

« Ce nouveau positionnement très favorable change la donne. Nous sommes désormais prêts à devenir propriétaires du pont, après quoi nous conserverons la maîtrise d’œuvre du projet. Cela permettra d’entrer dans une phase active et, je l’espère, de signer avant l’été une convention de financement entre l’État, le Département, la Ville, l’Agglomération, voire la Région. C’est la fin du « ce n’est pas le mien, ce n’est pas mon problème ». J’espère pouvoir lancer un concours d’architecte à l’automne. Le pont pourrait être livré d’ici 2030, peut-être même un peu plus tôt. »

3. L’hôpital, le Gabut, la future caserne…

Sur la question du futur hôpital de La Rochelle, il convient d’être prudent, tant il y a eu de suspens et de rebondissements. Sauf nouveau déménagement de Trafalgar, on sait depuis le 12 avril qu’il sera construit sur le site DBMA – Aytré Métal. « J’espère pouvoir le voir sortir de terre », glisse Jean-François Fountaine. En tant que maire ou citoyen ? Le maire est méchant, bluffeur ou les deux. S’il était réélu en 2026, son mandat se terminerait en 2032. Quoi qu’il veuille dire, il faudrait être sacrément optimiste pour imaginer une concrétisation avant une bonne dizaine d’années.

Bien plus proche dans le temps, le dossier des friches du Gabut. « Après les fêtes maritimes [du 20 au 23 juin 2024, NDLR], un appel à projets sera lancé pour choisir un opérateur qui sera en charge de son animation pendant une année de transition. L’idée est alors de repartir sur une nouvelle ambition dès l’été 2025 avec un cahier des charges qui érigera le lieu en épicentre convivial de rencontres et d’activités. Ce qui est sûr, c’est que nous n’allons pas raser les bâtiments car nous n’aurions pas le droit de les reconstruire. Nous imaginons des réhabilitations par des particuliers. »

Le maire a conclu avec la future caserne de pompiers de Lagord, qui remplacera celle de Mireuil, obsolète. « Les travaux débuteront cet été. Nous n’avons pas encore décidé ce qui remplacera celui de Mireuil. On se donne du temps. On imagine une grande part de végétalisation, certains élus souhaitent une salle de musique contemporaine. »

(1) Il a officiellement annoncé sa candidature à un second mandat le 24 octobre 2019. (2) La rénovation ne semble pas être l’option du maire, favorable à la reconstruction. Toutefois, cette option est considérée par certains comme moins coûteuse et moins perturbatrice pour le trafic ferroviaire. (3) La cour d’appel de Bordeaux a statué le 16 juillet 2021 en attribuant « une présomption de propriété au département de la Charente-Maritime ». Décision toujours contestée par le Ministère.

 
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