« Je n’aimerais pas travailler dans le monde d’aujourd’hui ! » [Vidéo] – .

Quand la peur se mélange à la colère… Ce mercredi, environ 500 personnes ont défilé dans les rues de Quimper pour le 1er mai. Une mobilisation moins spectaculaire que l’année dernière, où 15 000 manifestants avaient défilé dans la Cité de l’Odet. A l’époque, le ressentiment contre la réforme des retraites et le recours au 49-3 avait largement alimenté le cortège. Un an plus tard, force est de constater que la colère est un peu retombée. Pour céder la place à l’inquiétude.

« Quand on voit le monde du travail aujourd’hui, ça ne nous donne pas envie », déplore Loeva, 18 ans, qui a choisi de se mobiliser pour le 1er mai. Par exemple, je veux devenir enseignant, mais je sais très bien que les conditions de travail ne sont pas bonnes du tout. Les quelques expériences professionnelles que j’ai vécues n’étaient pas très belles : beaucoup de surmenage pour très peu de revenus… Non, vraiment, ça ne donne pas envie ! »

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Lors du cortège du 1er mai, les manifestants ont porté leur revendication d’un cessez-le-feu à Gaza. (Le télégramme/Laura Ayad)

Des conditions de travail dégradées

Alain, enseignant, évolue dans le monde du travail depuis quelques temps. Et le constat qu’il dresse n’est pas très optimiste : « Je pense qu’aujourd’hui, de plus en plus de personnes sont soumises à leur métier. On ne parle pas beaucoup des décès au travail. Cependant, cela montre clairement la pénibilité du travail. Les salariés sont sous pression, doivent sans cesse faire plus avec moins… La réforme de l’assurance chômage n’augure rien de bon. » À côté de lui, Maryse, enseignante en lycée professionnel, abonde dans le même sens : « Les conditions de travail se sont considérablement dégradées depuis que je travaille. Au point qu’aujourd’hui, je ne peux plus faire mon métier comme je le souhaiterais. »

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Jean a choisi de se mobiliser pour protéger les droits des travailleurs, qu’il estime en danger : « Quand j’entends les Républicains qui voudraient supprimer 20 jours de grève par an, ça me révolte ! »

“Je trouve ça triste pour les jeunes”

De passage dans la région, Jean, Marie et Catherine ont laissé de côté les vacances insouciantes le temps d’une matinée pour manifester. Le trio a quitté le monde du travail il y a quelques années. Et ils ne voudraient pas y remettre les pieds : « Je n’aimerais pas travailler dans le monde d’aujourd’hui ! », assure Marie. Mais personnellement, j’adorais mon travail. Mais le contexte s’est trop dégradé : cela ne fait qu’un an et demi que je suis à la retraite, mais mes collègues me disent que le travail n’est plus le même. Je trouve ça triste pour les jeunes. » De son côté, Catherine non plus ne recommencerait pas : « À la fin de ma carrière, le métier était complètement déshumanisé. Pour tout vous dire, j’étais très heureux d’arrêter. » Et Jean de conclure : « Qui s’épanouit encore dans son travail ? Bien sûr, il y a du monde. Mais ils ne sont plus nombreux. »

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La fanfare douarniste de Kermarron menait le cortège. (Le télégramme/Laura Ayad)

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