Marcelo Fronckowiak et Tours VB sont « fiers, mais nous voulons plus »

Marcelo Fronckowiak et Tours VB sont « fiers, mais nous voulons plus »
Marcelo Fronckowiak et Tours VB sont « fiers, mais nous voulons plus »

Marcelo Fronckowiak fait partie de ces entraîneurs dont le cerveau est sans cesse en alerte, sans cesse en veille, sans cesse en questionnement. Et ce n’est pas cette troisième saison au Tours Volleyball du coach brésilien, marquée par des hauts et des bas et conclue dimanche 28 avril par une finale MSL perdue, qui aura tari la Source de ses réflexions…

Ainsi, ce mardi 30 avril, Marcelo Fronckowiak a pris le temps de partager avec nous son analyse de cet exercice et ses questions aussi, lors d’une discussion informelle.

Que pensez-vous de cette saison ?

« En ce moment, je suis très triste, je suis touché. Je me sens amer parce que nous en avons eu l’occasion. Quelle belle histoire cela aurait été si nous avions été champions en revenant par le bas… Et en même temps, quelle belle histoire d’avoir touché le fond et de revenir… »

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À l’image du nombre de finales disputées par le TVB depuis que Marcelo Fronckowiak a pris les commandes de l’équipe, avec entre autres une Coupe de France, un championnat et une Supercoupe remportés, mais aussi une finale de Coupe CEV disputée.

Mais l’entraîneur brésilien, après la fin de cet exercice, s’arrête avec un autre bilan : « J’ai fait trois finales de championnat, et j’en ai perdu deux. C’est dur et délicat. A Tours, on a une organisation très importante avec le staff médical, le staff technique, etc… Mais il faut penser à avoir encore plus de choses, de structures parce que la performance devient difficile. »

Alors, êtes-vous satisfait de ce que vous avez réussi à obtenir de cette équipe, compte tenu de son potentiel initial et de ses multiples blessures ?

« C’est difficile de répondre à la première personne du singulier. Il y a eu une pause après la Super Coupe (gagné contre Chaumont), même si nous avions travaillé très dur auparavant, et nous y sommes arrivés très forts. Mais après, il y a un doute qui s’installe, car on gagne mais 3-2 contre le promu, contre qui c’est toujours difficile de débuter. Derrière, on perd des matches et il y a des doutes individuels dans le groupe.

On était quand même surpris d’avoir autant de mauvaises performances au départ. Le 3-2 perdu à domicile contre Montpellier, le 22-18 à Paris, le 22-18 contre Toulouse… Et là, le staff technique, Pascal Foussard qui n’a pas voulu mettre tout de suite la pression car on avait bâti une équipe jeune , connaissant le risque qu’il y avait, nous avons tous décidé de revenir à l’essentiel et de travailler dur sur le travail de base.

Et puis, le talent nous a permis d’enchaîner des performances très correctes en Coupe d’Europe, ce qui nous a boosté. Il y avait aussi une entente entre les joueurs seniors et les nouveaux venus, une complémentarité. Et puis, en janvier, il y a la blessure d’Abouba (Drame, retour)celui de Zejko (Coric, pied). C’est un sujet que j’ai déjà évoqué, mais rester cinquante jours avec un joueur majeur qui, à l’entraînement, ne peut pas monter au filet… Je ne sais pas comment on a fait, et cela a impacté Zeljko sur son agressivité dans le contre et sur le service. Quant à Abouba, il a fait preuve de trop d’alternance. Et là, je fais un lien avec l’ensemble doré… »

Un set en or qui a été une sorte de concentré de votre saison ?

« Même si nous avons beaucoup travaillé, il y avait des détails qui nous manquaient. Quand nous avons travaillé en novembre et décembre pour revenir à l’essentiel, nous n’avons pas eu le temps de nous entraîner à fond pour tout. Nous avons raté des choses que nous avons essayé, au fil de la saison, de passer sous le tapis. Ce manque de régularité, avec un emploi du temps si chargé, tant de déplacements, de blessures, de manque d’entraînement font qu’il y a quelque chose qui nous a manqué, qui nous a un peu manqué… Est-ce que dans les moments délicats passés en novembre, décembre, notre confiance, y compris pour les cadres, souffert ? Je pense que oui… Il y a quelque chose qui est resté. »

Vraisemblablement, l’équipe a également laissé beaucoup d’énergie émotionnelle pour revenir ?

“Nous nous sommes assurés que les systèmes fonctionnaient bien, et au début, nous avons vu que nous n’avions pas de régularité au service, que notre défense de bloc ne fonctionnait pas comme avant et cela a eu un impact sur les joueurs au niveau émotionnel. Nous étions si loin et tout le monde faisait un effort pour revenir. Nous avons aussi manqué de régularité… »

Une fois le temps passé, pensez-vous que vous serez toujours satisfait ou plutôt frustré ?

«Je me retrouverai avec ce sentiment mitigé. Je veux garder cette fierté de ne pas avoir baissé les bras, d’en avoir fait avec le staff, avec Pascal Foussard, ce qu’il fallait pour s’en sortir quand personne ne pariait un kopeck sur nous. On l’a fait parce qu’on a beaucoup travaillé et qu’on avait cette croyance dans le travail, qui appartient à l’histoire du club. Nous sommes fiers mais nous voulons plus. »

Marcelo Fronckowiak, ici en discussion avec Thomas Royer, valorise toujours le travail effectué avec son staff, tant technique que médical.
© (Photos d’archives cor. NR, Ludovic Dupraz)

Cette année, TVB mise sur la jeunesse. A ce niveau, êtes-vous satisfait du travail réalisé et du résultat ?

« Je pense que ce sera bénéfique pour l’avenir. Ceux qui restent la saison prochaine connaissent le goût de la victoire, du résultat avec la Super Coupe, la Ligue des Champions mais aussi le goût de la défaite. Si cela génère encore beaucoup d’émotion chez moi et des difficultés à digérer, il devrait en être de même pour eux. Ils connaissent désormais le poids du maillot : il est lourd et ils devront sauter dix centimètres plus haut, s’engageant avec beaucoup plus d’autonomie et de responsabilité individuelle. J’ai eu des discussions avec Antoine (Pothron)Strehlau, Faganas, Luca Ramon ou encore Märt (Tammaru) qui se dirige vers un défi incroyable (dans le championnat polonais) et je vois que leur peau est devenue plus dure. L’année prochaine, chacun devra contribuer dans tous les domaines, et là on parle de tactique, de technique, de condition physique mais aussi de gnac, de comportement et de leadership. A 22 ou 23 ans, ce n’est pas évident mais ils connaissent désormais le poids du maillot TVB. Et c’est pour ça qu’on travaille toujours dur, pour que les joueurs puissent avoir cette confiance pour se dire : je suis prêt. »

L’après-Foussard

Parmi les axes de réflexion de Marcelo Fronckowiak, il y a logiquement la période post-Foussard. Et notamment cette idée d’être collectivement à la hauteur du travail réalisé au quotidien par Pascal Foussard et de son héritage. « La question est maintenant : qu’allons-nous faire dans la douleur ? Dans le bonheur ? De quels modes opératoires aurons-nous ? C’est un beau défi d’être à la hauteur de ce que Pascal nous laisse. S’il y a une chose pour laquelle je me bats, c’est que le club reste une référence. »

Et l’entraîneur brésilien revient sur les craintes de celui qui l’a amené à Tours concernant les futurs enjeux du club. « Quand Pascal Foussard dit avoir peur pour l’avenir du sport de haut niveau vis-à-vis des institutions, cela me frappe tant il a vécu avec des soutiens plus importants, moins importants mais dans un contexte où le club n’avait pas besoin de soutien. se vendre comme il doit le faire aujourd’hui. »

 
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