l’extrême droite dans la ligne de mire

Ce mercredi 1er mai 2024, près de 2 000 personnes ont défilé dans les rues de Perpignan à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs. Alors que le RN organisait simultanément un meeting en ville, la lutte contre les idées d’extrême droite était l’un des principaux slogans de la manifestation.

Là malgré la pluie. Ce mercredi 1er mai 2024, en fin de matinée, les syndicats ont dénombré plus de 2.000 personnes lors du traditionnel défilé de la Journée internationale des travailleurs dans le centre-ville de Perpignan. La préfecture, de son côté, a enregistré 1.200 participants. Selon un décompte indépendant réalisé à mi-chemin, le cortège était composé d’environ 1.950 personnes.

En tout cas, alors que le Rassemblement national (RN, ex-Front national) organisait un meeting parallèle au Palais des Congrès, la mobilisation était particulièrement portée sur la dénonciation des idées d’extrême droite. « L’objectif de cette journée est de rendre hommage à tous les travailleurs qui se sont battus pour leurs droits, mais aussi de contrer la provocation du Front National, résume Damien, étudiant en sociologie de 20 ans originaire de Perpignan. Le Front National n’est pas là pour le peuple, mais contre lui. Ses propositions sont démagogiques. Ce ne sont pas les migrants qui posent problème, c’est le capitalisme !

Les brins de muguet sont incontournables en cette Journée internationale des travailleurs.
Nicolas Parent – ​​Nicolas Parent

Imposture sociale

Johan, 16 ans, lycéen à Font-Romeu, ajoute : « Les élus du RN ont voté contre l’augmentation du SMIC, la taxation des super profits ou encore le rétablissement de l’impôt sur la fortune. Ce sont des actions concrètes qui montrent qu’ils ne sont pas en faveur des droits des travailleurs.»

Julien Berthélémy, de la CGT, entend dénoncer “l’imposture sociale du RN et de ses alliés”. Géraldine Morales, de la FSU, refuse « que cette journée internationale soit prise en otage par un parti qui avance masqué mais dont chacun connaît le vrai visage ». Tandis que aux yeux de Christopher Pereira, de Sud-Solidaires : “La présence du RN ici aujourd’hui est d’une hypocrisie inqualifiable.”

Les manifestants perpignanais se sont retrouvés à 10h30 sur la place de Catalogne.
Nicolas Parent – ​​Nicolas Parent

Le RN tente de s’approprier le 1er-Mai

Sur ce point, les syndicats dits réformistes sont sur la même ligne. Ainsi, pour Romain Martignoles, de la CFTC : “Le RN tente de s’approprier le 1er-Mai”. Un jour où “n’appartient pas à ce parti, pas plus que le drapeau français”s’insurge Gérald Six, de la CFDT. « A l’approche des élections européennes, loin du spectre d’une montée du populisme d’extrême droite, c’est une Europe qui protège nos modèles sociaux dont les salariés ont besoin »juge pour sa part Jean-François Virama, de l’Unsa.

L’événement s’est généralement déroulé dans une ambiance bon enfant. Hormis un accrochage verbal avant le départ, sur la place de Catalogne. Quand de jeunes rebelles s’en sont pris aux militants socialistes, estimant que ces derniers n’avaient pas leur place dans le cortège. Les jeunes ont modifié leur comportement après l’intervention d’un cadre de La France insoumise. Mais un responsable socialiste indique que le climat est resté tendu entre les deux groupes lors du défilé.

De nombreux élus de gauche, dont la présidente du conseil départemental, Hermeline Malherbe, étaient présents.
Nicolas Parent – ​​Nicolas Parent

« Il faut se mobiliser pour les droits sociaux »

Conformément à la tradition, les revendications sociales étaient également au rendez-vous le 1er mai. Pascale, 60 ans, accompagnatrice d’étudiants en situation de handicap, fait partie de celles qui mettent l’accent sur eux. « Il faut se mobiliser pour tous les droits sociaux qui nous échappent sous le nez dans l’indifférence la plus totale, plaide-t-elle. Cela m’attriste que les citoyens ne se révoltent pas, qu’ils acceptent tout sans broncher : la baisse du pouvoir d’achat, le travail qui ne paie plus, le report de l’âge légal de la retraite, les difficultés que rencontrent les seniors pour trouver un emploi… »

Pierre, 54 ans, chauffeur poids lourd de Perpignan syndiqué à la CFDT, est dans le même état d’esprit : « Nous sommes ici parce que les employeurs en veulent toujours plus. Les salaires ne changent pas et il n’y a pas de nouvelles embauches alors que la charge de travail augmente et qu’ils font de plus en plus de bénéfices.

Les dirigeants syndicaux en ont également profité pour marteler leurs revendications. Comme le retour à la retraite à 60 ans, l’augmentation du Smic, l’indexation des salaires à l’inflation, la lutte contre la fraude fiscale ou la défense des services publics. Entre autres.

 
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