Trop de blessures dans le sport en Suisse ? L’État intervient

Trop de blessures dans le sport en Suisse ? L’État intervient
Trop de blessures dans le sport en Suisse ? L’État intervient

Comme Yann Sommer, beaucoup trop de Suisses se blessent en pratiquant des sports de contact. image : Keystone/shutterstock

Les associations nationales de football, de hockey sur glace et de handball doivent trouver des moyens de réduire considérablement la fréquence des blessures. A défaut, ils seront sanctionnés par la Confédération. Le Bureau de Prévention des Accidents (BPA) nous en dit plus.

01.05.2024, 18:5301/05/2024, 18h56

Rainer Sommerhalder

En Suisse, environ 110 000 personnes se blessent chaque année – dont 10 % grièvement – ​​lors de la pratique d’un sport impliquant des contacts physiques. Cela représente plus d’un quart de toutes les blessures liées au sport.

Le risque dans ces activités est nettement plus élevé que dans d’autres sports, notamment lors des matchs. Si nous nous intéressons aux disciplines les plus populaires, Les blessures résultent d’un contact avec l’adversaire dans près de 50 % des cas. Ce pourcentage est encore plus élevé chez les professionnels et dans le sport de haut niveau.

Certains gestes clés sont responsables de blessures graves. Au football, ce sont des duels de tête et des plaquages, au hockey, des mises en échec, et au handball ou au basket, des collisions entre joueurs.

Avec le durcissement de l’ordonnance sur la promotion du sport en mars 2023, la réglementation du sport est nettement plus ancrée dans la structure juridique de la Confédération. Cette dernière impose désormais aux associations de prendre des mesures préventives. Et s’ils ne le font pas, il existe, à terme, un risque de réduction des aides financières.

Olympique Suisse est au travail

Dans le cadre du projet «Éthique dans le sport suisse», mené par Swiss Olympic et l’Office fédéral du sport, il a été défini que le fair-play et la sécurité doivent être durablement renforcés et ancrés dans la réglementation. C’est pourquoi Swiss Olympic élabore actuellement des mesures sur 17 sujets différents – afin de mettre en œuvre judicieusement les nouvelles exigences plus strictes.

Le Bureau de Prévention des Accidents (BPA) a déjà élaboré des principes d’action et des recommandations dans sa brochure « Prévention des blessures par contact physique dans le sport ». Car “il y a une obligation d’agir dans le domaine de la prévention”, prévient Christof Kaufmann, chef de la section sports à la BPA.

« Nous voulons aider les associations à trouver la bonne personne »

Christof Kaufmann

L’analyse approfondie de la situation a montré qu’il était logique de se concentrer sur la réglementation. Outre l’adaptation et le respect des règles, cela inclut des sujets tels que les nouveaux formats de jeu, les sanctions, les infrastructures, les équipements de protection obligatoires et les activités visant à promouvoir le fair-play. Concernant ce dernier point, le BPA estime qu’il reste encore beaucoup à faire.

« Gagner est très important dans le sport. Cela passe parfois même avant l’intégrité de l’adversaire.

Christof Kaufmann

Des sanctions plus sévères et des arbitres mieux accompagnés

En dehors d’une initiative visant à améliorer la qualité de l’arbitrage, les sanctions dissuasives font l’objet de graves atteintes physiques.

«La BPA souhaite lancer un débat et mettre la question suivante à l’ordre du jour des associations de sports collectifs : des sanctions plus strictes peuvent-elles conduire à une réduction des blessures ?»

Christof Kaufmann

Outre la reconnaissance et la sanction cohérente des infractions graves, la BPA appelle au développement de formes de jeu où les contacts physiques sont réduits. Il appelle à un ajustement des règles – pour éviter tout contact avec la tête et le dos. L’Office de prévention des accidents souhaiterait également davantage d’incitations au fair-play.

Pour l’organisation, le renforcement de la formation des arbitres est également un élément clé. Et cela passe par une meilleure reconnaissance de leur rôle au sein des associations, et donc une rémunération plus élevée.

UN marge de progrès

«Il existe déjà de nombreux exemples réussis qui montrent que les adaptations réglementaires peuvent avoir un effet positif», explique Kaufmann. Il mentionne par exemple les points de fair-play, qui précèdent la différence de buts pour les classements des ligues inférieures. Ou encore l’abandon des mises en échec dans le hockey junior canadien, ayant réduit de 50 % la fréquence des blessures. Les associations d’unihockey et de volleyball mettent également en place des mesures.

Il se passe beaucoup de choses dans le football en ce moment. A certains endroits, des coins alternatifs réduisent les risques de chocs de tête entre enfants. Mais Christof Kaufmann le dit aussi clairement :

« Il y a encore beaucoup à faire »

La BPA appelle donc les associations à mener leur propre analyse et à constituer des groupes de travail regroupant plusieurs sports. De cette manière, des expériences peuvent être échangées, des normes communes peuvent être créées en comparant les disciplines. Le bureau organisera une diffusion en direct sur la question le 29 mai, suivie d’un forum en novembre dans le but de faire avancer les choses.

 
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