leurs compagnons se remettent également d’un cancer

leurs compagnons se remettent également d’un cancer
leurs compagnons se remettent également d’un cancer

Sur leurs tee-shirts bleus, une boîte de dessert de la marque Mont-Blanc, colorée en rose, les mots “apéritif et barbecue” en petit. Ils les portent fièrement, une première forme de soutien à leurs compagnons, tous en rémission d’un cancer et qui s’apprêtent à gravir le sommet de l’Europe comme preuve de leur résilience. Philippe « Fifi », Grégory, Romain, Mickaël le « président autoproclamé », Nicolas, Thierry « Titi » et Sébastien accompagnent à leur manière leurs amoureux, rejoints par Julie, l’épouse de Julien Viroulaud, l’initiatrice de cette Cordée de l’Après.

« J’ai appris un jour que ma femme ne voulait pas que je l’accompagne à l’entraînement, alors nous avons décidé de faire sécession. Notre blague, c’était de dire que pendant qu’ils allaient au Mont Blanc, nous irions à Ibiza. », sourit Fifi. Après l’annonce de ce projet, ils n’ont pas hésité : ils seraient derrière eux. «Je n’ai pas de sac à dos. Mais je fais tout ce que je peux pour y arriver, souligne Sébastien. Parfois, ce n’est pas facile, il y a des conflits, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan par rapport à ce que nous avons vécu. »

« Nous avons aussi subi de plein fouet la maladie »

Ils ne sont pas malades, ils ont connu le cancer par procuration. Se retrouver une fois par mois pendant que leurs femmes s’entraînaient leur permettait d’échanger sur ce qu’ils ont vécu, autour d’un verre et de biscuits. « Parfois, on se retrouve un peu seul. Nous aussi, nous avons subi de plein fouet la maladie. »dit Thierry.

Le Mont-Blanc est également présent sur leurs t-shirts, imaginés pour l’occasion.
© Photo NR, Baptiste Decharme

Le groupe de discussion improvisé s’est transformé en un groupe d’amis, véritable miroir de leurs compagnons. « Cela nous a permis de nous retrouver, de nouer des relations. Parfois, nous parlons des choses que nous avons vécues., résume Fifi. Se retrouver pendant que leurs compagnons transpirent à la salle de sport leur permet de « dédramatiser, lâcher un peu les vannes »sans trop craindre le jugement.

“Avant, c’était beaucoup moins drôle”

Nicolas, Niort

“Avant, c’était beaucoup moins drôle”se souvient Nicolas en pensant aux chimiothérapies et aux traitements. « Il fut un temps où les gens venaient nous dire au revoir. Maintenant, ils viennent prendre l’apéritif., Sébastien est satisfait. Ils parlent tous de chute de cheveux, de fatigue, de vomissements, de séquelles psychologiques et physiques. Eux aussi se remettent sur les rails, à leur manière.

Post-Cordée

Aujourd’hui, le verre à la main, c’est un regard “je me suis réjoui”, presque admiratif qu’ils aient pour compagnons deux mois avant l’ascension. “ Moi, même la colline de Vouillé, j’ai du mal. Alors le Mont Blanc… »rigole Nicolas, étonné, comme ses amis, des transformations que cette aventure provoque sur ce groupe de femmes en rose. «Nous avons hâte qu’ils partentPhilippe sourit toujours. La préparation prend beaucoup de temps. » Bien entendu, le grand jour, ils ne seront pas à Ibiza : ils attendront leurs combattants au pied du sommet.

Leur seule crainte aujourd’hui est la suite. « Après cette euphorie, que vont-ils faire ? se demandent-ils. Ils ne doivent pas s’arrêter, ils doivent se revoir. ». Et puis cela donnera à ce groupe d’amis un prétexte, s’il en a besoin, pour continuer à prendre l’apéritif.

La corde d’après

La Cordée de l’après, c’est le projet de huit femmes en rémission d’un cancer pour s’attaquer au toit de l’Europe. Elle est née de la rencontre d’Isabelle Deschamps, de l’association Prinseinses (qui organise la marche Octobre rose), et de Julien Viroulaud, qui avait mené un projet similaire.

Une cordée est un principe de solidarité : l’ascension se fait par petits groupes reliés par une corde, chacun tenant les autres membres et avançant à son rythme.

Ces huit Princesses s’apprêtent à partir, lors du week-end de Pentecôte, pour une randonnée de plusieurs jours dans les Pyrénées afin de s’entraîner. Ils s’entraînent également plusieurs fois par semaine pour être en condition.

 
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