800 000 euros de livres pour les lycéens dès la rentrée

800 000 euros de livres pour les lycéens dès la rentrée
800 000 euros de livres pour les lycéens dès la rentrée

“LLes gens qui lisent sont moins bêtes que les autres, c’est une évidence (…) Les gens qui lisent sont plus ouverts, plus captivants, mieux outillés dans la vie que ceux qui dédaignent les livres.écrivait Bernard Pivot dans Lire ! publié en 2018. Une citation empruntée hier par Virginie Pfeifer, présente au lycée Pierre-Lagourgue, au Tampon. L’inspecteur de l’académie de La Réunion a utilisé cet extrait pour défendre la place de la lecture auprès des jeunes notamment, visés par le dispositif régional Un livre, un trimestre.
Cette opération communautaire est expérimentée depuis décembre dans l’établissement Buffet, avec une première promotion du baccalauréat professionnel des métiers de la sécurité. Des étudiants qui se sont fait expliquer le système directement par la présidente régionale, Huguette Bello, en déplacement dans le sud pour l’occasion. Avec elle, Céline Sitouze, sa vice-présidente responsable de l’éducation et porteuse de projet. « Chaque lycéen reçoit un livre gratuit par trimestre qu’il choisit parmi 600 ouvrages, romans, thrillers, mangas, bandes dessinées… L’élève s’inscrit en ligne et choisit son livre. Le lycée passe ensuite commande auprès de la Région et de son prestataire. Enfin, en septembre, janvier et avril, les établissements seront livrés.elle élabore.
Un dispositif qui sera mis en place dans une cinquantaine de lycées généraux et professionnels de l’île dès la rentrée prochaine. Soit plus de 41 000 étudiants concernés pour 125 000 livres commandés par an. Tout cela, pour un budget annuel de 800 000 euros. « Un enfant issu d’une famille monoparentale ou au RSA ne doit pas être laissé pour compte parce qu’il y a des difficultés financières. Leur avenir ne doit pas être limité par l’argent, soutient Huguette Bello, soulignant que L’achat d’un livre n’est pas anodin pour le portefeuille de chaque famille. Surtout dans le secteur professionnel, comme dans cette classe, le budget peut aller jusqu’à 500 euros voire 700 euros par an dans l’hôtellerie, avec l’achat d’uniforme, de matériel, etc. Face à de telles dépenses, les livres passent parfois à la trappe, surtout lorsqu’ils ne sont pas au cœur des désirs des adolescents.

APPRENDRE EN LIRE

Il est évident que la Région ne finance pas sans intérêt pédagogique. « Les 16-19 ans passent 5h10 de leur journée devant un écran, soit 10 fois plus que devant un livre, cite encore l’inspecteur académique, en faisant référence à une étude. Leur offrir un livre est un outil de promotion culturelle mais aussi linguistique. Un tiers des élèves arrivant en sixième ont un niveau de français insuffisant et bon nombre continuent leurs difficultés jusqu’au lycée. Un constat que la collectivité, engagée dans la lutte contre l’illettrisme, voudrait voir obsolète.
« Le livre permet de vivre 1 000 vies. Cela grave l’histoire. Il s’ouvre sur le monde. C’est notre culture, et depuis des temps immémoriaux. C’est aussi un refuge pour se ressourcer face au stress du quotidien. Ça nous donne, ça nous fait ressentir des choses, j’ai déjà pleuré en lisant.promeut Huguette Bello, avec la volonté de voir les jeunes se constituer un bagage littéraire.
Le dispositif convainc déjà les cobayes tampons, malgré un premier désenchantement face à la lecture. Certains ont dit qu’ils n’aimaient pas lire avant de se laisser tenter par La promesse de l’aube de Romain Gary ou par le recueil de poèmes Les fleurs maléfiques par Baudelaire. « Ça change du téléphone, c’est un plus dans notre vie. Certains livres nous concernent aussi directement, d’autres nous rappellent les valeurs de France et l’histoire de La Réunion.”, considère Tristan, 17 ans. D’autres camarades voient leur imagination s’ouvrir.
La Région espère que ces trois livres proposés par an seront évidemment lus par leurs propriétaires, mais pas seulement. « Partagez et parlez-en avec vos parents, vos frères et sœurs, vos amis », encourage Céline Sitouze, qui rêve de susciter un véritable engouement pour la lecture chez les lycéens réunionnais. À vos livres alors !

Léa Delaplace

Et pourquoi pas les liseuses ?
Élus et inspecteurs ont critiqué l’usage excessif des écrans et des téléphones portables, objets très appréciés des jeunes. Pourtant, ils lisent quotidiennement sur leurs écrans. « Le cerveau a besoin de l’objet livre. Cela le tient à l’écart de la surcharge des écrans sur lesquels les notifications ne s’arrêtent pas. La lecture demande de la concentration. Et puis, il y a aussi la fatigue provoquée par un écran par rapport à un livrese défend Virginie Pfeifer, l’inspectrice académique. « La lecture sur un écran est uniquement informative », corrobore Céline Sitouze, la vice-présidente régionale. « Ce n’est pas sur un écran qu’on lit un ouvrage classique et qu’on découvre la littérature », ajoute à son tour Huguette Bello. Face à l’attrait indéniable des écrans auprès des lycéens, la Région a cependant choisi d’exclure les liseuses de son dispositif. Et ce, même s’ils se situent entre le téléphone et le livre, malgré son impact environnemental. « Les liseuses ne sont pas plus écologiques, puisqu’elles consomment de l’énergie. Cependant, nous travaillons bien avec les intercommunalités pour proposer des livres gratuits sur ordinateur grâce aux réseaux de bibliothèques », indique Céline Sitouze. Des livres électroniques qui deviendraient accessibles depuis les ordinateurs portables mis à disposition de 16 000 lycéens par la Région dans le cadre du programme Numérisac.


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