La littérature jeunesse Pei, une ode à la faune et à la flore

La littérature jeunesse Pei, une ode à la faune et à la flore
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Cette année, la ville de Saint-Paul s’est jointe à l’événement en organisant In bébèt livr, un concours littéraire au sein de son réseau de lecture publique. Les bibliothécaires lisent une sélection d’ouvrages écrits par des auteurs réunionnais. Leur coup de cœur sera dévoilé le 16 mai prochain. Le Journal de l’île a participé au jeu en lisant deux albums pour les enfants et en rencontrant leurs auteurs.

Comment est né ce livre ?

Mathilde Lenhert : « Cela fait un moment maintenant. J’étais en vacances à Saint-Philippe avec ma famille en 2013, mon premier fils avait 3 ans. J’ai été émerveillé par l’intensité des couleurs là-bas, le bleu était tellement plus bleu, le vert tellement plus vert… La qualité de la lumière dans le sauvage est incroyable. Mon fils apprenait aussi les chiffres et les couleurs. Ce livre est un peu un journal de bord de ce séjour, avec un regard d’enfant enrichi du mien. Je n’ai rien inventé, les chats, les fruits etc. tout était là !

Vous racontez l’histoire de la découverte d’un village longane. Rien ne fait référence à notre époque et à ce que nous pourrions voir aujourd’hui. Seriez-vous nostalgique de la Réunion la moins industrialisée de votre enfance ?

ML : Nostalgique du passé, non. Mais je suis attaché à un monde plus centré sur la nature, oui. Enfants, nous passions notre temps dans les arbres et les jardins. Quand on s’ennuyait, on sortait, c’était notre passe-temps. Aujourd’hui, les enfants sont confinés dans des espaces clos, des salles de classe, des chambres et sont donc moins connectés à la nature. Heureusement, on a encore le goût du pique-nique du dimanche !

Comment expliquez-vous cette perte de lien avec la nature ?

ML : C’est en partie dû à la pression sociale, mais aussi à la pression sur le logement. Nous vivons davantage en appartement aujourd’hui. Et puis, je suis un peu vieux ringard mais les écrans sont désormais plus attractifs que de regarder des fourmis dehors ou de jouer seul. Les enfants d’aujourd’hui sont moins encouragés à s’émerveiller devant ce qui les entoure.

Vous avez une sensibilité particulière pour la nature et l’environnement. Déjà, dans votre précédent album, Plastic Island, vous portiez un message pour limiter l’afflux de déchets. Dans Fishing Village, sensibilisez-vous à l’amour de la nature ?

ML : Oui, en tout cas, j’invite parents et enfants à s’émerveiller devant les paysages et la simplicité du quotidien. J’encourage les éducateurs et les parents à s’ouvrir à la beauté de La Réunion. C’est une chance d’avoir un tel décor autour de nous ! Au-delà de voir, il s’agit aussi de toucher cette nature. En classe, quand je ramène des objets du livre, des scories ou des fruits, les enfants sont captivés. Ils le sont bien plus que d’empiler des cubes dans des cubes ! La nature est utilisée pour apprendre et s’éveiller par la curiosité.

Avez-vous eu une appréhension à utiliser des mots qui ne font pas partie du vocabulaire de tous les jeunes enfants pour décrire des paysages ? Comme le jamrosat et les scories…

ML : Non, car il ne faut pas s’empêcher d’utiliser des termes un peu compliqués. Parents et éducateurs sont là pour donner les définitions. Nous ne devons pas sous-estimer la capacité des enfants à mémoriser des mots ; au contraire, il faut leur donner ce vocabulaire. Répéter de beaux mots, utiliser une syntaxe sophistiquée soutient l’intelligence des enfants, cela les éveille. Cette écriture apporte de la poésie. C’est là la beauté du livre, on ne se contente pas de la médiocrité de l’écriture.

La littérature jeunesse vous semble être un vecteur d’apprentissage et de promotion de la langue française. Comment la voyez-vous ?

ML : C’est de plus en plus diversifié et abondant. Malheureusement, les livres restent en concurrence avec les écrans qui proposent une multitude de choses aux enfants. Mais heureusement, il existe encore de grands illustrateurs et auteurs qui écrivent avec leur cœur. C’est leur personnalité qu’ils mettent dans l’album et c’est bien à prendre. Ce n’est pas plaqué, ce n’est pas commercial, c’est tout le contraire et c’est bien plus intéressant. La littérature jeunesse est une éducation à l’image et au langage.

Demain, retrouvez l’entretien de Joëlle Ecormier, auteur de La chute mémorable de Xi.

 
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