LIVRE. Virginie Grimaldi ne pleure pas l’humour

LIVRE. Virginie Grimaldi ne pleure pas l’humour
Descriptive text here

J.Je vais vous confier un secret, les choses ne vont pas bien pour moi en ce moment… Entre la fatigue, la charge mentale, le temps qui hésite entre grisaille et faux airs d’été, mon cœur balance aussi entre dépression et petits des joies ! J’ai donc eu plaisir à lire le dernier livre de Virginie Grimaldi, qui est toujours dévoré entre des éclats de rire. Mais quand j’ai lu le sujet, j’ai grimacé… Un homme et une femme qui se rencontrent dans la salle d’attente d’un psychiatre. Deux personnes écorchées, blessées par la vie, essayant de sortir la tête de l’eau. Yay! Je ne suis pas sûr de vouloir le lire après tout… Peut-être pas maintenant…



Le chagrin et l’humour vont de pair

Ce qui veut dire qu’il faut faire confiance aux auteurs qu’on aime. Évidemment, ce roman frappe là où ça fait mal. Virginie Grimaldi raconte ce qu’elle a vécu, ce qu’elle sait. La mort d’un père, le trou béant qu’elle laisse, l’inacceptable, le souvenir qui fait souffrir, la vie qui veut reprendre ses droits même si on n’est pas prêt. Son personnage Elsa, conseillère funéraire, a perdu son papa, sa boussole, sa base. Pourtant, dans son travail, elle gère le chagrin des autres mais elle ne peut pas gérer le sien. Elle rencontre, dans la salle d’attente de son psychologue, Vincent, un romancier qui semble avoir tout pour être heureux et cache ses blessures sous un vernis très épais et un humour parfois forcé. Elle ne veut pas être dérangée dans son chagrin, il ne veut pas être entraîné dans le sien. Deux mal-êtres peuvent-ils se comprendre, se reconnaître, s’entraider ou au contraire sombrer ensemble ?

Virginie Grimaldi fait partie de ces auteurs qui savent raconter des histoires simples, parfois difficiles mais qui ont toujours une profonde humanité. Son ton humoristique désamorce les peurs et les chagrins qui remplissent ses romans. Mais cette fois, elle frappe fort. Elle réussit à nous faire rire et à illuminer ses personnages tout en parlant de chagrin et de dépression. Elsa et Vincent, coincés dans leur chagrin, allant parfois jusqu’à s’y vautrer, réapprennent à rire et à sourire, à accepter le bonheur quand il frappe à leur porte, même si cela prend du temps. L’auteur décrit sans fard les profondeurs du chagrin avec poésie, empathie et sincérité. Si les lecteurs ont l’habitude de se reconnaître dans ses romans, il est certain que celui-ci touchera le cœur de tous ceux qui ont vécu le deuil. Mais ça les fera rire aussi ! Sûrement le roman le plus dur de Virginie Grimaldi, certainement le plus personnel aussi, mais dans lequel elle a su garder sa plume alerte et piquante qui vous fait tourner la dernière page avec un sourire plaqué aux lèvres.

Plus grand que le ciel, Virginie Grimaldi, Flammarion, 384 pages, 20,90 €

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Comment ranger et dépoussiérer ses livres ? – .
NEXT L’association A4PM a célébré la sortie de son 200ème livre auto-édité