Adelheid Duvanel, l’instinct minimal – Libération

Adelheid Duvanel, l’instinct minimal – Libération
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Littérature

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Le cahier Livres de Libécas

Parution des « Histoires de vent » de l’auteur suisse né en 1936 qui s’est suicidé en 1996, un recueil de textes très courts où règnent l’étrangeté du quotidien et une sorte d’anthropomorphisme inachevé.

Voici le premier paragraphe du premier texte (« le Poète ») du premier recueil (Histoires de vent) par Adelheid Duvanel (Suisse décédée en 1996) : « Il y a quelques mois, j’essayais d’être sociable. J’ai attiré des étrangers chez moi; le vin pétillait comme des fleurs de sang dans les verres que je leur tendais. Au petit matin, les yeux des jeunes femmes et des jeunes hommes se vident, coulant goutte à goutte, chaudement, le long de leur cou, sautant par-dessus leurs clavicules et ruisselant vers le bas. Mais moi, qui n’avais pas bu, j’étais assis comme de la cellophane dans le fauteuil usé à côté du chauffage central et j’observais leurs danses ; ils se détachaient des murs auxquels ils s’étaient accrochés et flottaient comme du lierre au vent. Le deuxième paragraphe commence ainsi : « Enfant, j’essayais d’entrer en contact avec les gens par des petits gestes, en m’exprimant avec des mots sans enthousiasme, mais ils aimaient les choses sonores, concrètes, que je détestais. Ils ne pouvaient pas me comprendre. Plus loin dans le texte, le narrateur décrit aimer marcher avec son chien. “C’est au cours d’une de ces promenades que je suis devenu poète”passant devant une voiture gelée sur laquelle un enfant trace des lettres avec le doigt. « Quelque chose était écrit sur le capot, un mot qui a piqué mon intérêt ; en passant à proximité, j’ai déchiffré : COLÈRE.

Ainsi publié par Corti Histoires de ventchronologiquement

 
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