News Day FR

Au Panama, la fuite des Vénézuéliens après la réélection de Maduro

Devant l’une des tentes du centre d’accueil de Lajas Blancas, au Panama, Oswards Ruiz, 39 ans, raconte les passages à tabac et les menaces de mort qui l’ont contraint à fuir son pays, le Venezuela, après la réélection contestée du président Nicolas Maduro. .

“Le peuple a obtenu ce que nous voulions: gagner les élections, mais on nous les a volées”, a déploré l’homme auprès de l’AFP après avoir traversé la jungle inhospitalière de Darien, à la frontière entre la Colombie et le Panama. .

“Nous avons été battus par les ‘colectivos’ (groupes armés progouvernementaux) et avons dû partir (…) Je ne voulais pas quitter le Venezuela, mais j’ai dû fuir parce qu’ils allaient me tuer”, a-t-il déclaré.

Celui qui dirigeait jusqu’il y a peu un petit commerce de restauration rapide affirme avoir commencé à recevoir des menaces de mort après l’annonce de la réélection de M. Maduro lors du scrutin du 28 juillet, en raison de son soutien à l’opposition.

Celui-ci qualifie de fraude et revendique la victoire de son candidat Edmundo Gonzalez Urrutia. Menacé de prison, il s’exile début septembre en Espagne.

Dans le camp de migrants situé à 250 km de la capitale Panama City, aux portes de la jungle hostile où des bandes criminelles rackettent et volent les migrants, un soldat vénézuélien livre un témoignage similaire.

« J’ai dû fuir avec ma famille et mon animal de compagnie », un chien, témoigne le militaire, s’exprimant sous couvert d’anonymat par crainte de représailles.

« Nous avions l’espoir que ce gouvernement prendrait fin et que nous pourrions retourner dans notre pays », explique-t-il. Mais avec l’annonce de la réélection de Nicolas Maduro, également contestée par une grande partie de la communauté internationale, « toutes ces illusions se sont effondrées ».

Avec le soutien des organisations internationales, Panama fournit des services de base à Lajas Blancas aux migrants qui viennent de traverser la terrible jungle avant de poursuivre leur voyage vers les États-Unis dans l’espoir d’une vie meilleure.

« Cette jungle est très dure. C’est la pire chose qui puisse arriver à un être humain”, assure Oswards Ruiz.

– « Instabilité politique »-

A quelques mètres de là, Rosa Pérez, une Vénézuélienne de 40 ans, pleure un membre de sa famille qui voyageait avec elle et son fils de 11 ans. Il a été emporté par le courant d’une rivière, tandis que son fils a miraculeusement survécu.

En 2023, plus de 520 000 personnes ont traversé la dangereuse jungle. Cette année cependant, avec la fermeture des routes illégales, le flux a diminué, avec jusqu’à présent 260 000 migrants, dont les deux tiers sont des migrants vénézuéliens.

La réélection contestée de Nicolas Maduro fait cependant craindre une nouvelle hausse.

« Certains ne peuvent pas attendre (un changement, ndlr) (…). Quand vous avez faim, quand vous ne pouvez pas inscrire votre enfant à l’école, quand vous ne pouvez pas payer vos médicaments, vous ne pouvez pas attendre», a déclaré vendredi la chef de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado dans un entretien à l’AFP.

“L’instabilité politique est l’une des causes génératrices de migrations massives (…) Le Venezuela en est un exemple concret”, a déclaré mercredi devant l’Assemblée générale de l’ONU le président du Panama José Raul Mulino.

Depuis son arrivée au pouvoir le 1er juillet, M. Mulino a expulsé des migrants colombiens, équatoriens et indiens à bord de vols financés par les États-Unis, dans le cadre d’un accord bilatéral.

Cependant, les autorités locales autorisent les migrants vénézuéliens à poursuivre leur voyage en raison de la crise que traverse leur pays.

Selon l’ONU, environ sept des 30 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays en une décennie en raison de la crise économique et politique que traverse le pays.

Vous avez un projet immobilier en tête ? Yakeey & Médias24 vous aident à y parvenir !

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

Related News :