Le CERN n’a pas complètement coupé ses liens avec la Russie – .


En juin, le président russe Vladimir Poutine a visité l’Institut commun de recherche nucléaire de Doubna. Il a fait l’éloge de la ville en tant que centre de recherche.

IMAGO IMAGES / ITAR-TASS/ SIPA USA

L’hiver dernier, le CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire, a décidé de mettre un terme à sa coopération avec la Russie. Mais il existe une exception.

Ce contenu a été publié le

09 juillet 2024 – 11:27

Le contrat entre le CERN et la Biélorussie a expiré fin juin, tandis que la coopération entre l’institut genevois et la Russie prendra fin en décembre.

Plus de 400 chercheurs sont concernés. Aujourd’hui encore, ils ne sont autorisés à mener que des recherches limitées au CERN.

Une porte pas complètement fermée

La décision prise en décembre dernier d’exclure définitivement la Russie et la Biélorussie était politique et, dans une certaine mesure, controversée. Il s’agit d’une décision prise par le Conseil du CERN, au sein duquel les pays membres disposent chacun de deux représentants.

Mais ce même organisme a décidé fin juin d’étendre la coopération du CERN avec un institut de recherche russe. Institut commun de recherche nucléaire (JINR), basé à Dubna, non loin de Moscou.

Critiques de la collaboration

Pourquoi le CERN fait-il une exception ? Arnaud Marsollier, porte-parole du CERN, explique que l’institut est organisé à l’échelle internationale, ce qui le rapproche du CERN. Plusieurs pays y mènent des recherches communes. Parmi eux figurent des pays d’Asie centrale et du Caucase, mais aussi la Corée du Nord.

Selon le chef de la délégation ukrainienne, Borys Grynyov, qui représente l’Ukraine au Conseil du CERN, l’institut est un projet dominé par la Russie. Selon lui, les recherches qui y sont menées ne sont pas uniquement à des fins pacifiques. Au moins une partie des recherches menées à Dubna ont des applications dites à double usage, c’est-à-dire qu’elles peuvent également être utilisées à des fins militaires, a-t-il déclaré.

Les intérêts de Poutine

Le délégué ukrainien auprès du CERN évoque la visite du président russe Vladimir Poutine à l’institut de Dubna à la mi-juin. L’aspect explosif de cette visite est que le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, était également présent. Selon le communiqué de presse, la discussion a porté sur le développement de technologies importantes pour la Russie.

Vladimir Poutine a ensuite fait l’éloge du centre de recherche de Dubna. Les efforts conjoints de la science et de l’industrie sont également essentiels pour la sécurité du pays, a-t-il déclaré. La nature exacte des technologies qui seront développées reste cependant secrète et l’institut n’a pas répondu aux demandes de renseignements de la SRF.

Le porte-parole du CERN, lui, ne s’exprime que de manière générale. Le CERN ne mène que des recherches pacifiques, ce qui s’applique également à toutes les collaborations internationales, a-t-il déclaré. Il a ajouté que le CERN avait déjà fortement restreint ses relations avec l’institut russe après le déclenchement de la guerre et que ces relations n’étaient désormais que symboliques.

La Hongrie s’oppose à l’exclusion

La majorité des deux tiers des voix nécessaires pour expulser le JINR du CERN n’a pas été atteinte lors de la réunion du Conseil du CERN fin juin. De nombreux pays se sont abstenus. Les recherches de SRF montrent que le seul pays qui s’est clairement opposé à l’exclusion est la Hongrie, un pays très critique à l’égard de la politique de sanctions de l’Occident.

László Lengyel, directeur adjoint du Département hongrois de l’éducation et de la recherche, est membre du Conseil du CERN. Selon lui, il ne s’agit pas d’une décision politique, mais simplement de poursuivre une collaboration de recherche qui fonctionne bien.

En maintenant une collaboration limitée avec le JINR, le CERN n’a donc pas brûlé tous ses ponts avec la Russie, malgré la guerre.

Texte traduit de l’anglais avec DeepL/dbu

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