Début d’un deuxième tour historique, favori d’extrême droite – .

Début d’un deuxième tour historique, favori d’extrême droite – .
Début d’un deuxième tour historique, favori d’extrême droite – .

Keystone-SDA

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06 juillet 2024 – 23h37

(Keystone-ATS) Le « front républicain » formé pour contrer l’extrême droite fonctionnera-t-il ? Les Français ont commencé à donner leur réponse samedi, outre-Atlantique et aux Etats-Unis, pour un week-end d’élections législatives aux enjeux historiques.

A Saint-Pierre-et-Miquelon, la petite commune de l’Atlantique Nord où les électeurs ont voté en premier, comme en Guadeloupe aux Antilles, la participation à la mi-journée était stable par rapport au premier tour et supérieure à celle à la même heure aux législatives de 2022.

Dans l’archipel des Antilles, la participation à 12h00 (18h00 heure suisse) a été de 14,48%, contre 13,23% lors du précédent scrutin et 14,31% la semaine dernière.

La Guyane française fait exception, le second tour n’attirant pas les foules : à peine 10,8% de participation à la mi-journée, contre 16,1% au premier tour et 13,14% en 2022.

Les Français installés sur le continent américain ont également commencé à voter. Les électeurs de Polynésie et de Nouvelle-Calédonie suivront dans la soirée. Les Français de métropole et des autres territoires d’outre-mer voteront dimanche.

A l’échelle nationale, rarement des élections législatives n’ont déchaîné autant de passions, suscité l’inquiétude de certains ou l’espoir de ceux qui, en votant pour le parti du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, veulent donner à l’extrême droite la possibilité de gouverner.

Un gouvernement d’extrême droite en France serait une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

A quelques heures de la fin de la campagne électorale vendredi à minuit et du début d’une période de réserve, plusieurs sondages semblaient montrer un resserrement entre les trois blocs : à l’extrême droite le RN et ses alliés, à gauche l’alliance du Nouveau Front populaire (NFP), et au centre-droit les partisans du président Emmanuel Macron.

A l’Assemblée nationale qui sortira des urnes dimanche, l’extrême droite et ses alliés n’auraient pas la majorité absolue, selon les dernières enquêtes d’opinion. Ils en seraient même assez loin, avec 170 à 210 sièges, pour une majorité absolue fixée à 289 députés. Ils seraient suivis de près par le NFP (155 à 185 sièges) et par les macronistes (95 à 125 sièges).

« Pièce unique »

Pour Marine Le Pen, si les derniers sondages se confirment, ce serait le triomphe d’un « parti unique » de « ceux qui veulent conserver le pouvoir contre la volonté du peuple ».

Dans les heures qui ont suivi le premier tour, plus de 200 candidats de gauche et du centre se sont désistés. Et des dizaines de courses à trois, qui semblaient favorables au RN, se sont transformées en duels beaucoup plus incertains.

Partisan de l’union à gauche malgré son opposition à La France insoumise (LFI, gauche radicale), l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, ancien tête de liste socialiste aux élections européennes, a mis en garde contre une démobilisation des électeurs et affirmé que l’on ne pouvait exclure la possibilité d’une majorité absolue pour l’extrême droite.

« Contrairement au peu de musique qui est diffusée, ce n’est pas du tout garanti à l’heure où on parle », a-t-il déclaré vendredi soir.

« Aujourd’hui le danger, c’est une majorité dominée par l’extrême droite et ce serait un projet catastrophique », a prévenu vendredi soir le Premier ministre Gabriel Attal, chef de la campagne macroniste sur la chaîne publique France 2.

Si le RN venait à franchir le seuil des 289 élus ou à s’en rapprocher, ce serait Jordan Bardella, 28 ans, qui entrerait à Matignon, fort de sa victoire aux élections européennes du 9 juin, qui avait poussé Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale.

Il deviendrait le plus jeune Premier ministre de l’histoire et mettrait en œuvre le programme anti-immigration que son parti défend depuis des décennies.

Mais si la gauche et les macronistes voulaient réussir, avec leur front républicain, à vaincre le RN, il leur faudrait proposer aux Français une solution pour gouverner le pays.

« La carpe et le lapin »

L’idée d’une large coalition réunissant une partie de la gauche, le bloc central et la droite hostile à un accord avec le RN a donc émergé. Mais sur quel programme cette alliance décrite par les politologues comme « un mélange de carpe et de lapin » pourrait-elle s’entendre ?

« Les Français peuvent imposer une coalition républicaine dans les urnes dimanche », a affirmé vendredi un proche d’Emmanuel Macron.

Gabriel Attal a affirmé vendredi que son gouvernement pourrait assurer la continuité de l’Etat « aussi longtemps que nécessaire », c’est-à-dire traiter les affaires courantes en attendant la formation d’un nouveau gouvernement. La question est d’autant plus d’actualité que Paris accueillera les Jeux olympiques du 26 juillet au 11 août.

La tradition veut que le gouvernement présente sa démission après les élections législatives. Gabriel Attal a indiqué qu’il s’exprimerait dimanche soir sur ses intentions.

La fin de campagne, dans un climat de forte tension, a été marquée par des attaques et des violences contre des candidats et des militants. Face à d’éventuels débordements dimanche soir, 30.000 policiers seront mobilisés, dont 5.000 à Paris.

 
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