L’ADN vieux d’un millénaire nous en dit plus sur le sacrifice d’enfants mayas

L’ADN vieux d’un millénaire nous en dit plus sur le sacrifice d’enfants mayas
L’ADN vieux d’un millénaire nous en dit plus sur le sacrifice d’enfants mayas

Temps de lecture : 2 minutes – Repéré sur le New York Times

Imaginons que vous souhaitiez construire un petit aéroport, rien de bien fou jusqu’à présent. Sauf qu’en creusant le sentier, on tombe sur des restes humains. C’est ce qui est arrivé en 1967 aux ouvriers du chantier de l’ancienne cité maya de Chichén Itzá (Yucatán, sud-est du Mexique), qui ont interrompu les travaux pendant qu’ils organisaient et effectuaient des fouilles.

Malheureusement pour le chantier, un réservoir souterrain d’eau de pluie maya, appelé « chultún », a été découvert. Celui-ci mène à une grotte qui contient plus d’une centaine de squelettes humains, appartenant tous ou presque à des enfants, rapporte le quotidien américain The New York Times. Les chercheurs ont eu deux mois pour mener à bien leur mission et exhumer les ossements.

Il a fallu plusieurs décennies et le développement de la technologie pour réaliser des analyses ADN approfondies sur soixante-quatre de ces enfants et les résultats sont riches d’enseignements. Un article publié le 12 juin dans la revue scientifique Nature nous apprend que les petites victimes ont été sacrifiées entre 500 et 900 après JC. Tous étaient des garçons mayas, peut-être choisis pour être tués par deux, aux côtés de leurs frères.

« Ce sont les premiers génomes mayas anciens à être publiés »se réjouit Johannes Krause, archéogénéticien à l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste, basé à Leipzig en Allemagne. « Nous sommes assez émus par une telle découverte »poursuit-il en précisant qu’il est lui-même père d’un petit garçon.

Salmonelle et sacrifice

À l’origine, la recherche n’avait pas pour but d’en savoir plus sur le profil des victimes, mais de poursuivre les études de Rodrigo Barquera, aujourd’hui immunogénéticien à l’Institut Max Planck. Dès le milieu des années 2000, le scientifique entend étudier l’épidémie mortelle de salmonelles qui décima les populations de la Méso-Amérique, qui correspond à l’actuel Mexique et une partie de l’Amérique centrale, à l’arrivée des colons en 1545.

En un siècle, la maladie a tué jusqu’à 90 % de la population indigène, laissant potentiellement des traces dans les gènes immunitaires des survivants. C’est en s’intéressant à ce patrimoine génétique que Rodrigo Barquera et son équipe ont commencé, en 2015, à étudier les victimes sacrificielles de Chichén Itzá et à séquencer leur ADN. Et là, surprise : les soixante-quatre crânes étudiés appartiennent tous à des enfants de sexe masculin. “Nous avons refait les tests plusieurs fois parce que nous ne pouvions pas croire qu’il s’agissait uniquement d’hommes.précise Rodrigo Barquera. C’était tout simplement incroyable.

« Cela va évidemment à l’encontre de l’argument selon lequel il s’agissait principalement de jeunes vierges jetées dans le cénote », le gouffre naturel sacré où avaient lieu les sacrifices à Chichén Itzá, explique Jaime Awe, archéologue à la Northern Arizona University qui n’a pas participé à l’étude. Selon lui, « l’obsession des vierges dans les cercles archéologiques est probablement née d’une combinaison d’idées coloniales et de données limitées ».

En effectuant des tests génétiques plus approfondis, l’équipe de recherche de l’Institut Max Planck s’est rendu compte que de nombreux garçons étaient apparentés les uns aux autres. Parmi les personnes sacrifiées se trouvaient même deux paires de jumeaux. Bien évidemment, ces découvertes n’expliquent pas pourquoi ces enfants ont été choisis, mais il est possible qu’un lien existe entre ces sacrifices et la mythologie maya, fortement marquée par les figures de héros jumeaux.

 
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