les habitants souffrent des relations tendues entre les deux pays

les habitants souffrent des relations tendues entre les deux pays
les habitants souffrent des relations tendues entre les deux pays

Avant la colonisation française, la région Orientale ne connaissait pas de frontières. Mais depuis 30 ans, faire du commerce ou voyager entre le Maroc et l’Algérie est devenu légalement impossible. Dans les rues d’Oujda, ville marocaine à la frontière algérienne, des jeunes comme Mounir regrettent de ne pas avoir vécu cette époque : « Nous sommes frères. Nos cœurs sont purs. Après, chacun pense ce qu’il veut, mais nous sommes frères. Quand les frontières ont été ouvertes, Oujda et Alger… nous avons travaillé ensemble, ils sont venus ici et nous sommes allés là-bas. »

Pour les générations les plus anciennes, représentées par Daoudi, ancien comptable aujourd’hui à la retraite, les échanges ne se sont pas complètement arrêtés, il existe des chemins détournés pour aller en Algérie : « On passe par des portes comme Ahfir, Bni Drar, ou encore à Oujda. Les braconniers vont et viennent facilement, nous ne leur faisons rien. Leur essence vient ici et nous pouvons envoyer nos légumes. Le problème est politique. »

Des familles déchirées par la fermeture des frontières
Pour beaucoup, la création, puis la fermeture des frontières, fut avant tout un crève-cœur. D’Oujda au Maroc à Oran en Algérie, les familles, la langue et la culture sont souvent les mêmes. Brahim Karkharch est barista à Saïdia : « Mes parents viennent des montagnes de Bin Znassen et ces montagnes s’étendent jusqu’en Algérie… »

Il regrette les conséquences sur sa famille : « On parle amazigh et aujourd’hui, j’ai encore mes cousins ​​à Tlemcen et Bejaia, ça fait dix ans qu’ils sont venus, ça fait dix ans qu’on ne parle pas. Les anciens sont morts, ceux qui nous ont réunis sont morts et la politique a tout gâché. »

Se voir sans se parler, ce paradoxe prend toute sa forme à Bin Lajraf, cette attraction touristique est située au bord d’une route à flanc de montagne. Au fond de la vallée, Oued Aghbal délimitait la ligne frontière. Derrière les barbelés, de l’autre côté de la route, à quelques dizaines de mètres, se trouve l’Algérie : « Ici, on voit nos frères algériens, on échange des bonjour, on discute, mais de loin. »

Driss est venu de Taza, avec sa famille, pour voir cette frontière : « Regardez, nous sommes si proches, c’est juste à côté. Mais pour aller en Algérie, je dois aller à Casablanca, prendre un vol pour Tunis et ensuite aller en Algérie. Les Algériens et les Marocains sont frères. Nous partageons tellement de choses avec eux… Le combat est politique et les gens n’y sont pour rien. »

 
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