Les personnes LGBTQIA+ sont confrontées à une « augmentation alarmante » des restrictions à la liberté d’expression et d’association

Les personnes LGBTQIA+ sont confrontées à une « augmentation alarmante » des restrictions à la liberté d’expression et d’association
Les personnes LGBTQIA+ sont confrontées à une « augmentation alarmante » des restrictions à la liberté d’expression et d’association
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Manifestation à Budapest, le 14 juin 2021, contre le projet de loi du gouvernement hongrois visant à interdire la soi-disant « promotion » de l’homosexualité et des transitions de genre. GERGELY BESENYEI / AFP

Censure, arrestations, persécutions : les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexuées (LGBTI) du monde entier sont confrontées « une augmentation alarmante » restrictions à la liberté d’expression et d’association, selon l’organisation non gouvernementale (ONG) ILGA World.

« Même parler de notre vie en public devient de plus en plus difficile dans un nombre croissant d’États »souligne Dhia Rezki Rohaizad, l’un des auteurs du rapport de l’association publié jeudi 30 mai et qui couvre la période de janvier 2023 à avril 2024.

« Cette tendance est extrêmement inquiétante : l’histoire nous a montré à maintes reprises que les progrès réalisés par nos mouvements à travers le monde » peut être renversé par une élection, rappelle Julia Ehrt, directrice exécutive mondiale de l’ILGA. Or, en 2024, la moitié de la population mondiale sera concernée par les élections. « Les États tentent de restreindre l’espace civique des [ONG] – en particulier ceux traitant de la diversité sexuelle et de genre »Elle ajoute.

Au cours des seize derniers mois, par exemple, la Jordanie, le Kirghizistan et l’Ouganda ont formellement mis en œuvre des dispositions juridiques contre les soi-disant ” promotion “ de l’homosexualité, alors que la Russie a appelé « mouvement LGBT international » de“extrémiste”.

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Criminalisation et peine de mort

Au moins cinquante-neuf États membres des Nations Unies sur 193 sont concernés par cette répression ; le même nombre a mis en place des barrières juridiques à l’enregistrement et au fonctionnement des organisations défendant les droits des personnes LGBTQIA+.

Un tiers des États membres criminalisent les relations homosexuelles. La peine de mort est appliquée dans sept pays : Brunei, Mauritanie, Iran, Nigeria, Arabie Saoudite, Ouganda et Yémen. En Afghanistan, au Pakistan, au Qatar, en Somalie et aux Émirats arabes unis, la peine de mort est possible mais avec un cadre juridique incertain, selon l’ILGA. L’homosexualité est passible de la peine de mort dans douze pays.

« Une opposition implacable entache les progrès réalisés en matière d’égalité des droits pour les personnes LGBTI »souligne l’association.

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Des progrès notables malgré la répression

Parmi les avancées enregistrées, quatre États membres (Andorre, Estonie, Grèce et Slovénie) ont autorisé le mariage entre personnes du même sexe, portant leur nombre à trente-cinq. Le Népal a émis une ordonnance provisoire pour faciliter de tels mariages. La Bolivie et la Lettonie ont légalisé les unions civiles, tout comme plusieurs préfectures japonaises.

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Cinq États membres (Allemagne, Équateur, Espagne, Finlande et Nouvelle-Zélande) autorisent désormais les personnes à ce que leur sexe soit reflété sur leurs documents officiels sur la base de l’autodétermination, ce qui porte à dix-sept le nombre de pays autorisant de telles mesures.

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En France, malgré les protections juridiques dont bénéficient les personnes LGBTQIA+, la LGBTphobie est toujours présente : 266 agressions physiques ont été signalées en 2023 à l’association SOS Homophobie. L’association s’alarme d’un climat néfaste où les droits et la vie des personnes LGBTQIA+, et notamment des personnes trans, sont constamment remis en question et menacés. SOS Homophobie dénonce « une inaction politique qui peine à mettre en place des politiques chiffrées et inclusives et qui contribue au profond mal-être qui traverse la communauté LGBTI ».

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Le Monde avec l’AFP

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