une enquête révèle les dérives autoritaires du Rwanda

une enquête révèle les dérives autoritaires du Rwanda
une enquête révèle les dérives autoritaires du Rwanda
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Un pays à la traîne en matière de liberté de -

Le pays possède en effet l’un des pires bilans au monde en matière de liberté de - et se classe 144e sur 180 en 2024 selon Reporters sans frontières, soit une baisse de treize places par rapport à 2023. Toujours selon l’organisation, « depuis 1996, neuf professionnels des médias ont été tués ou portés disparus, et 35 ont été contraints à l’exil. Dans ce contexte, l’enquête « Rwanda Classifié » rappelle encore l’incarcération du journaliste et animateur d’une chaîne YouTube, Dieudonné Niyonsenga, la condamnation de l’opposante Victoire Ingabire à 15 ans de prison en 2013 pour « complot en vue de commettre une déstabilisation du gouvernement ». et pour « négation du génocide » à l’issue d’un procès qualifié d’« inéquitable »» par Amnesty International, précise le quotidien Le monde, qui a participé à l’enquête. Frank Habineza, chef du seul parti d’opposition présent au Parlement, le Parti vert démocratique du Rwanda, s’est réfugié en Suède en 2010 après la mort inexpliquée du vice-président de son parti, retrouvé pratiquement décapité dans un marécage.

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Plus récemment, la journaliste Agnès Uwimana Nkusi a elle aussi dû fuir le Rwanda début mai, accusée de divisionnisme et de négationnisme. Une accusation grave dans ce pays qui a connu l’une des pages les plus sombres de l’histoire du XXe siècle : le génocide des Tutsis par les Hutus en 1994. Bilan : plus de 800 000 morts. C’est sur les cendres de ce drame que se construit le contrôle du pays de Paul Kagame, qui utilise ce genre d’accusations pour « restreindre le travail des journalistes ». La mémoire du génocide est utilisée pour faire taire les voix dissidentes et critiques », explique Arnaud Froger, de Reporter sans frontières, à la RTS.

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Président jusqu’en 2034 ?

Sur la scène internationale, le Rwanda fait néanmoins office d’étudiant modèle dans cette région du monde, précise encore Le monde: «Paul Kagame promeut […] une forme de démocratie participative dont l’un des piliers est la transparence du mode de gouvernement. Contrairement aux systèmes des pays voisins en proie à la corruption et au népotisme, dans la « start-up nation » rwandaise, les ministres sont responsables des objectifs annuels fixés au plus haut niveau. Voilà pour la façade démocratique. Mais « Rwanda Classified » révèle par exemple que le gouvernement a fait un usage massif de Pegasus, un logiciel d’espionnage téléphonique ultra sophistiqué commercialisé par la société israélienne NSO Group, pour surveiller et traquer les dissidents du régime. Résultat : une opposition pratiquement inexistante et un Front patriotique rwandais tout-puissant – le parti de Paul Kagame. « Le système est ainsi verrouillé et le pays marche derrière son leader et son bras politique. […]. Le parti quasi unique du pays contrôle et organise la vie des Rwandais, de la plus petite division administrative au plus haut sommet politique. Le monde.

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Les collègues de John Williams Ntwali continuent de se battre pour que les autorités rwandaises ouvrent une enquête indépendante sur la mort de ce dernier, qui, déjà en 2021, ne se faisait aucune illusion sur la dangerosité de son travail : « Nous ne savons pas ce qui va se passer. pour nous, mais nous savons qu’un jour, et pas plus tard, quelque chose nous surprendra. La surprise ne devrait pas venir des urnes du 15 juillet. Pour rappel, Paul Kagame a été maintenu au pouvoir en 2010 avec 93 % des voix, puis en 2017 avec 98,63 %. Il pourrait rester à la tête du pays jusqu’en 2034.

 
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