Entretien avec le co-président de Boîtes à Vélo France

Entretien avec le co-président de Boîtes à Vélo France
Entretien avec le co-président de Boîtes à Vélo France

Le plaisir de rouler à vélo et de transporter spontanément des objets parfois volumineux : c’est la liberté qu’offre le vélo cargo, de plus en plus utilisé en France. À tel point que des centaines de commerçants se sont impliqués, rapporte Marie-Astrid Leray, coprésidente de Boîtes à Vélo France, qui donne une conférence gratuite jeudi à l’Esplanade Tranquille à l’invitation de Vélo Québec. - lui a parlé.


Publié à 00h58

Mis à jour à 6h00

Vous représentez Boîtes à Vélo France, une association qui regroupe 320 adhérents entrepreneurs du vélo. Comment décrire ce mouvement ?

Ce sont des entrepreneurs cyclistes qui ont réalisé qu’ils pouvaient se lancer en affaires avec beaucoup moins d’investissements qu’ils ne le pensaient. Depuis quelques années, nous avons des plombiers, des électriciens, des médecins, des kinésiologues et des coiffeurs qui vont voir leurs clients à bord de vélos cargo. L’un de nos membres est également La Poste, qui distribue des colis en vélo cargo.

Nous avons également des membres qui travaillent dans le secteur de la restauration. Certains « food bikes » spécialisés proposent des pizzas, d’autres des falafels, des plats végétariens, du café, des pâtisseries serbes, des boissons sans alcool… Je suis moi-même propriétaire d’un food bike qui propose des gaufres à Nantes. C’est très pratique pour aller partout, notamment lors des événements d’entreprise, qui constituent notre plus gros marché. Les gens aiment ça et ça donne une bonne image.

Investir dans un food truck peut coûter entre 70 000 et 100 000 euros (entre 100 000 et 150 000 $CAN). Pour un food bike, on parle de 16 000 euros (24 000 CAN). De plus, pas besoin de louer des locaux, donc on économise beaucoup. C’est beaucoup plus accessible. Le garage pour ranger mon food bike me coûte 100 euros par mois, c’est tout.

En dehors du travail, vous voyagez en famille sur un vélo cargo. Comment ça va ?

Oui, je suis maman de trois enfants âgés de 10, 8 et 5 ans et je voyage en vélo cargo depuis 2019. Cela a changé ma vie. Tout est plus simple. Le grand caisson à l’avant permet la spontanéité. Je peux faire mes courses et obtenir tout ce dont j’ai besoin d’un seul coup, je peux aussi aller à la bibliothèque… Pas besoin de réfléchir. Pour de nombreuses familles, le vélo cargo remplace la deuxième voiture. Tous les déplacements locaux peuvent être effectués en vélo cargo, qui sont d’ailleurs souvent équipés d’une assistance électrique.

Mon vélo m’apporte beaucoup de bien-être physique et psychologique. J’ai besoin de bouger pour me sentir bien. J’aime sentir l’air sur ma peau, me sentir écoutée…

Les vélos cargo et les vélos utilisés pour transporter de jeunes enfants coûtent plusieurs milliers d’euros. Mais ceux qui sont de bonne qualité ont une excellente valeur de revente. Au final, la facture est donc moins élevée qu’on ne le pense.

Quelles sont les pistes pour développer l’usage des vélos cargo, tant en termes d’entrepreneuriat que pour les ménages ?

Des contacts doivent être établis avec les élus. En France, il existe des subventions pour les entrepreneurs qui souhaitent se lancer dans les vélos cargo. A Nantes, nous disposons d’un « hub » qui est un emplacement en milieu urbain pour la mobilité à vélo. Nous invitons les élus à nos événements pour qu’ils puissent voir de leurs propres yeux ce que nous faisons. Les élus ont besoin de visuels pour comprendre. Nous invitons les entreprises à constater qu’il est possible de passer aux vélos cargo. Des outils, des échelles, etc. peuvent être transportés. Les élus nantais nous aident beaucoup.

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PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, COLLABORATION SPÉCIALE

Marie-Astrid Leray, co-présidente de Boîtes à Vélo France

Pour le cyclisme cargo quotidien, le principal obstacle que les gens rencontrent est la peur. C’est vrai qu’il y a de la violence motorisée, il arrive que des gens nous frôlent. Mais cela n’enlève rien au plaisir que j’ai. C’est pourquoi il faut des voies séparées pour les personnes voyageant à vélo, et pas seulement de la peinture au sol, qui ne protège personne.

En France, nous ne disposons pas des meilleurs équipements cyclables au monde, mais de nombreux déplacements peuvent être effectués à vélo.

Comment trouvez-vous les infrastructures cyclables à Montréal et dans les environs ?

Sur la rue Saint-Denis, il y a un espace séparé, ce qui est très rassurant. Je ne suis pas habitué aux grands boulevards. Je me sens un peu perdu… J’ai fait le Metropolitan Challenge dimanche, et beaucoup d’épaules étaient cassées. Donc pour le vélo, ce ne sont pas des dispositions idéales.

La conférence Le vélo cargo : véhicule du futur, de Marie-Astrid Leray, sera présentée dans le cadre du Festival Go Vélo Montréal, jeudi, à 18 h, à l’Esplanade Tranquille. La conférence sera également disponible en ligne ; réservation obligatoire.

 
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