Israël et le Hamas en guerre, jour 235

Israël et le Hamas en guerre, jour 235
Israël et le Hamas en guerre, jour 235

(Rafah) Israël a multiplié mardi ses frappes sur Rafah, au sud de la bande de Gaza, malgré les condamnations internationales après un bombardement meurtrier contre un camp de personnes déplacées, au moment où trois pays européens reconnaissent formellement l’État de Palestine.

Cette décision, officiellement attendue mardi de la part de l’Espagne, de la Norvège et de l’Irlande, a provoqué la fureur d’Israël, qui y voit un « prix » décerné au Hamas en pleine guerre contre le mouvement islamiste palestinien, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza. .

Le chef de la diplomatie israélienne, Israel Katz, a accusé l’Espagne d’être « complice des appels au génocide du peuple juif ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit aussi se réunir en urgence mardi, après une frappe à Rafah qui a fait 45 morts et 249 blessés dimanche soir, selon le ministère de la Santé à Gaza, et incendié les tentes occupées. par des Palestiniens dans un camp de personnes déplacées.

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PHOTO EYAD BABA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Image du camp de Rafah, dévasté par une frappe israélienne.

Des correspondants de l’AFP à Rafah et des témoins ont fait état mardi de frappes aériennes et de tirs d’artillerie dans le centre et l’ouest de cette ville limitrophe de la frontière égyptienne, à l’extrémité sud du territoire assiégé, où les soldats israéliens ont entamé début mai une opération terrestre.

“Nous n’avons pas dormi de la nuit parce qu’il y avait des bombardements partout, y compris des tirs d’artillerie et des bombardements aériens”, a déclaré à l’AFP Faten Jouda, une femme de 30 ans vivant dans la ville. Quartier de Tal Al-Sultan, au nord-ouest de Rafah, où a eu lieu la grève de dimanche.

” C’était effrayant. Tout le monde fuyait toujours. Nous aussi, nous allons partir, nous craignons pour nos vies”, a-t-elle ajouté.

Une femme a été tuée dans un attentat à la bombe contre un immeuble, selon un médecin de l’hôpital émirati de Rafah.

Un correspondant de l’AFP a également fait état de bombardements et de fusillades dans plusieurs quartiers de la ville de Gaza, au nord du territoire, où une frappe contre une maison a fait trois morts et plusieurs blessés.

Réunion d’urgence

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a regretté « un accident tragique » après la frappe de dimanche à Rafah. L’armée a annoncé qu’elle enquêtait sur la mort de victimes civiles après avoir initialement déclaré avoir ciblé deux hauts responsables du Hamas avec des « munitions précises ».

Les États-Unis se sont dits « désemparés » et ont appelé leur allié israélien à « prendre toutes les précautions pour protéger les civils ». La Chine a exprimé mardi sa « profonde préoccupation » face aux opérations militaires israéliennes à Rafah.

Environ 10 000 personnes ont manifesté à Paris, brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes indiquant : « Arrêtez les bombardements, libérez la Palestine ».

« Je condamne les actions d’Israël qui ont tué de nombreux civils innocents qui cherchaient simplement à se protéger de ce conflit meurtrier. Il n’y a pas d’endroits sûrs à Gaza. Ces horreurs doivent cesser », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

“Qualifier cela d'”erreur” ne signifie rien pour ceux qui ont été tués, ceux qui sont en deuil et ceux qui tentent de sauver des vies”, a ajouté le chef humanitaire de l’ONU. , Martin Griffiths.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir mardi après-midi à la demande de l’Algérie, membre non permanent du Conseil. L’ONU a appelé à une enquête « complète et transparente » sur le bombardement de Rafah.

La Défense civile palestinienne a fait état de nombreux corps « carbonisés » dans l’incendie qui a ravagé le camp de déplacés de Barkasat, géré par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

« Nous avons vu des corps calcinés et démembrés […] des cas d’amputations, d’enfants, de femmes et de personnes âgées blessés », a témoigné Mohammed al-Mughayyir, un responsable de la Défense civile.

“Enfer sur Terre”

Des images du Croissant-Rouge palestinien, selon lesquelles le lieu visé par la frappe avait été désigné par Israël « comme zone humanitaire », montraient des scènes de chaos, des ambulances aux sirènes hurlantes et des secouristes en pleine nuit sur un site en danger. . incendie, évacuant les blessés, dont des enfants.

Ces images “témoignent de la transformation de Rafah en enfer sur terre”, a déclaré Philippe Lazzarini, patron de l’Unrwa.

Cette frappe intervient quelques heures après des tirs de roquettes, revendiqués par le Hamas, sur la métropole israélienne Tel-Aviv depuis Rafah, mais aussi deux jours après une décision de la Cour internationale de Justice, la plus haute juridiction de l’ONU, qui a ordonné vendredi à Israël de suspendre ses opérations à Rafah.

Selon l’ONU, cette opération avait déjà poussé, en près de trois semaines, quelque 800 000 Palestiniens à fuir, dont de nombreux déplacés qui avaient tenté de trouver refuge à Rafah.

La guerre a été déclenchée par une attaque menée le 7 octobre sur le sol israélien par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza, entraînant la mort de plus de 1.170 personnes, en majorité des civils, selon un comptage de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Sur les 252 personnes prises en otages, 121 sont toujours détenues à Gaza, dont 37 sont mortes selon l’armée israélienne.

En représailles, Israël a promis d’anéantir le Hamas et a lancé une offensive qui a fait au moins 36 050 morts, pour la plupart des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.

Le Qatar, au centre avec les États-Unis et l’Égypte des tentatives d’imposer un cessez-le-feu, a averti que les frappes israéliennes à Rafah pourraient « compliquer les efforts de médiation ».

 
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