Quelques mythes qui tourmentent la campagne de Joe Biden

Quelques mythes qui tourmentent la campagne de Joe Biden
Quelques mythes qui tourmentent la campagne de Joe Biden

A moins de six mois de l’élection, la cote de popularité de Joe Biden est historiquement basse malgré des performances objectivement bonnes sur plusieurs indicateurs.

Selon la moyenne des sondages, 38 % des Américains approuvent la performance de Biden et 56 % la désapprouvent.

Il s’agit du taux d’approbation le plus bas pour un président en mai de sa quatrième année depuis l’invention des sondages.

Les raisons de ce mécontentement sont connues : l’inflation, l’économie, la criminalité, la crise migratoire, les guerres et bien sûr l’âge.

Vérités et mythes

Le problème est que ces raisons reposent en grande partie sur de fausses perceptions. Un récent sondage (voir encadré) suggère que les perceptions de la situation économique sont bien plus pessimistes que les indicateurs réels.

Selon d’autres sondages, les Américains sont globalement satisfaits de leur situation économique personnelle mais perçoivent la situation globale de manière très négative. L’inflation est la principale préoccupation. La majorité estime qu’il augmente même s’il a nettement baissé (de 9,1% en juin 2022 à 3,4% le mois dernier). Autre bonne nouvelle largement ignorée : la hausse des salaires dépasse celle des prix depuis plus d’un an.

Biden doit également lutter contre le mythe persistant selon lequel les présidents républicains gèrent mieux l’économie que les démocrates. C’est faux. Depuis les années 1950, les principaux indicateurs économiques se sont nettement améliorés sous les administrations démocrates.

Un autre mythe qui nuit à Joe Biden est celui d’une augmentation des crimes violents, alors qu’ils diminuent. À cela s’ajoute le mythe de la criminalité des immigrés, que Trump brandit comme un épouvantail alors que le taux de criminalité des immigrés est nettement inférieur au taux général.

Un problème de communication

Joe Biden a donc un gros problème de communication entre aujourd’hui et novembre, alors que l’opinion est animée par des sentiments apparemment imperméables aux faits.

Cela s’applique également au bilan législatif de Biden. Même s’il a réussi à faire avancer de nombreux projets bipartites que son prédécesseur n’a pas pu mener à bien, les médias de droite continuent de donner du crédit à la caricature de Trump selon laquelle Biden est un radical de gauche.

En politique étrangère, Biden est faussement tenu pour responsable des guerres en Ukraine et à Gaza, tandis que Trump projette une fausse image d’artisan de la paix. N’oublions pas que la « paix » qu’il envisage impliquerait la capitulation de l’Ukraine et l’anéantissement de la Palestine.

En fin de compte, l’âge de Biden continuera de lui nuire puisque son adversaire, presque aussi vieux que lui, parle de défier la Constitution pour se présenter à nouveau en 2028.

Il est encore possible pour Biden de corriger certaines des perceptions qui gangrènent sa campagne, mais le temps presse. Heureusement pour lui, il saura faire ressortir le contraste avec son adversaire, qui risque d’acquérir d’ici peu le statut peu enviable de criminel jugé et condamné.

Numéro de la semaine

40 003

L’indice boursier Dow Jones a dépassé le seuil symbolique des 40.000 points en clôture vendredi dernier, pour la première fois de son histoire. L’indice a grimpé de 40 % depuis le 22 octobre 2020, jour où Donald Trump a affirmé que la Bourse s’effondrerait si Joe Biden était élu.

La citation de la semaine

« Est-ce sur son compte officiel ? Ouah! Un Reich unifié est le langage d’Hitler. Ce n’est pas celui de l’Amérique.

– Joe Biden, sur le réseau Twitter-X, en réaction à un message envoyé par Donald Trump sur son réseau Vérité sociale, qui comprend une référence à l’Allemagne nazie.

Le détecteur de mensonge

Selon Donald Trump et les médias de droite Echo Chamber, l’économie américaine se trouve dans une situation catastrophique. Selon un sondage publié dans The Guardian le 22 mai, une majorité (56%) des Américains estiment que l’économie américaine est en récession, 49% estiment que le chômage est à son plus haut niveau depuis 50 ans et 49% estiment que le marché boursier est en train de tomber.

FAUX

Ce n’est pas ce que disent les chiffres. L’économie américaine est en expansion et n’a pas connu de récession depuis le creux de la pandémie en 2020. Quant au chômage, il est historiquement bas à 3,9% et reste en dessous de 4% depuis janvier 2022, la plus longue période à un niveau aussi bas en 50 ans. Les indices boursiers Dow Jones et S&P500 sont en hausse de plus de 20 % en 2023 et de plus de 10 % depuis début 2024.

Photo de la semaine

Capture d’écran d’une vidéo diffusée sur le réseau X par Joe Biden, où il s’étonne de voir une référence à consonance nazie sur le compte officiel de Donald Trump.

 
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