30 ans après l’apartheid, l’eau et l’électricité restent un luxe pour de nombreux Sud-Africains

30 ans après l’apartheid, l’eau et l’électricité restent un luxe pour de nombreux Sud-Africains
30 ans après l’apartheid, l’eau et l’électricité restent un luxe pour de nombreux Sud-Africains

Si les zones rurales et les townships sont particulièrement touchées par le manque d’eau courante et les coupures d’électricité, avec des infrastructures qui tombent en ruine, les grands centres urbains n’échappent pas non plus à un rationnement régulier visant à maîtriser une demande largement supérieure à l’offre.

Minée par des années de gestion désastreuse et de corruption endémique sous la direction du Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir depuis l’avènement de la démocratie en 1994, l’Afrique du Sud voit ses infrastructures de base s’effondrer inexorablement.

Dans ce contexte, l’exaspération des communautés locales ne cesse de croître, se manifestant par des mouvements de protestation systématiquement organisés contre la négligence des services publics.

Les images véhiculées sur les réseaux sociaux des violences accompagnant les interventions policières pour disperser les foules d’émeutiers évoquent les années noires de l’apartheid.

« L’ANC nous a laissé tomber ! », protestent les habitants de Soweto, quartier emblématique de Johannesburg qui a joué un rôle crucial dans la lutte contre l’apartheid. Privée d’eau et d’électricité depuis des mois, la communauté pointe du doigt les promesses creuses de la fête historique.

Ces derniers mois, les pénuries d’eau ont atteint des niveaux critiques, non seulement dans les quartiers populaires, mais à l’échelle nationale. Cette situation est principalement attribuée au sous-investissement dans les infrastructures hydrauliques, au délestage électrique, ainsi qu’à la sécheresse qui touche plusieurs régions du pays.

Les autorités sud-africaines évoquent souvent des travaux de réparation sur des canalisations vieillissantes qui éclatent très fréquemment, provoquant des interruptions qui frappent durement les ménages et les entreprises.

Quant à la crise électrique sans fin, elle a atteint l’année dernière et début 2024 des niveaux jamais connus auparavant, avec des coupures de courant allant jusqu’à 12 heures par jour pour éviter l’effondrement total du réseau électrique national.

Cette situation a eu un impact désastreux sur l’activité économique, entraînant des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, des retards de production et des coûts liés à l’installation de générateurs pour compenser la pénurie d’électricité. Selon la Banque centrale, cette situation a réduit le PIB national de 2% en 2023.

Ainsi, trente ans après la fin de l’apartheid, un profond sentiment de désillusion s’est installé au sein de la société sud-africaine. Une grande partie de la population s’estime laissée pour compte par les dirigeants du parti au pouvoir, dont certains sont impliqués dans des affaires de corruption, de détournement de fonds et de blanchiment d’argent.

Avec CARTE

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