Comment la Russie tente d’enrôler des sympathisants en Europe pour planifier une attaque

Comment la Russie tente d’enrôler des sympathisants en Europe pour planifier une attaque
Comment la Russie tente d’enrôler des sympathisants en Europe pour planifier une attaque

Si le point de départ de cette multiple campagne de déstabilisation a commencé au lendemain de la guerre en Ukraine, les services secrets européens ont constaté une escalade significative début 2024, et notamment depuis le début du printemps. Non pas que les arbres en fleurs aient tendance à donner des idées à la Russie. C’est plutôt l’avancée de ses troupes sur les terres ukrainiennes qui le pousserait à accélérer ses actions déstabilisatrices sur le sol européen. Et cela a été le cas au moins deux fois ces derniers mois.

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Attaque déjouée en Bavière

Il y a quelques semaines, l’OTAN avait tiré la sonnette d’alarme, appelant les services de renseignement européens à la vigilance. Ces derniers étaient déjà sur le coup puisque les renseignements allemands ont découvert plusieurs tentatives de sabotage. Certains ont avorté, d’autres déjà bien avancés avant d’être interrompus, comme ce fut le cas en avril dernier, en Bavière (Allemagne).

Deux personnes de nationalité germano-russe ont en effet été arrêtées pour avoir espionné une base militaire américaine dans le but d’y mener un attentat. Et le lieu n’a pas été visé par hasard puisque c’est à cet endroit précis que les soldats ukrainiens s’entraînent au maniement du matériel militaire affrété par les Etats-Unis.

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Quelques semaines plus tôt, c’est sur le territoire britannique que des individus agissant dans l’intérêt de la Russie avaient été arrêtés alors qu’ils incendiaient des infrastructures appartenant à deux sociétés de transport. Des entreprises qui transportent un peu de tout, mais aussi et surtout du matériel d’aide à l’Ukraine.

Car l’objectif de ces attaques est toujours le même : ralentir, voire éliminer, tout soutien à Kiev.

Lorsqu’il s’agissait d’enrôler des espions, les renseignements russes ciblaient principalement des individus proches ou liés à l’extrême droite en Europe. Les analyses suggèrent que pour commettre des actes violents, les profils seraient un peu plus diversifiés.

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La diaspora et les ex-combattants du Donbass

En matière de recrutement, un élément prime : épouser l’idéologie défendue par le Kremlin dans sa guerre contre l’Ukraine. C’est donc tout naturellement que les renseignements russes tentent de sélectionner l’un ou l’autre candidat au sein de la diaspora russe établie en Europe.

L’autre vivier important est celui des vétérans engagés dans le Donbass en 2014. Parmi ceux qui ne sont plus sur le terrain dans la guerre actuelle, certains souhaitent encore agir pour la Russie. Les services de renseignement russes le savent très bien et n’hésitent donc pas à contacter ces anciens militaires.

Quant aux alliés potentiels au sein des mouvements d’extrême droite, ils sont intéressants, mais la tâche des recruteurs russes pour les attirer n’est pas des plus simples. Et pour cause : tous les membres de l’extrême droite européenne ne sont pas forcément pro-Poutine. Certains militants d’extrême droite auraient mal vécu l’offensive russe de février 2022, choisissant plutôt le camp de Kiev.

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Par ailleurs, il semble que les milieux d’extrême gauche ne présentent pas un réel intérêt pour les services de renseignement russes. Si, idéologiquement, de nombreuses personnes dans ce domaine pourraient être intéressées par des actions déstabilisatrices pro-russes, rien n’indique qu’elles seraient prêtes à agir.

Ce qui est sûr, c’est que tous les services de renseignement européens, bien conscients de cette nouvelle forme de menace russe, sont en alerte.

Vigilance en Belgique

La Belgique – et notamment Bruxelles, déjà visée par des tentatives d’ingérence et d’espionnage – est-elle à l’abri de ce type d’attaque ? Contactée, la Sûreté de l’État (VSSE) s’est montrée peu disponible et a simplement confirmé qu’une approche plus audacieuse et agressive de la Russie était observée depuis 2024, grâce au travail mené avec d’autres partenaires européens. Et qu’à l’heure actuelle, rien de suspect n’a été observé sur le sol belge, même si la vigilance reste de mise.

 
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