Quelles seraient les (terribles) conséquences d’une guerre nucléaire ? – rts.ch – .

Quelles seraient les (terribles) conséquences d’une guerre nucléaire ? – rts.ch – .
Quelles seraient les (terribles) conséquences d’une guerre nucléaire ? – rts.ch – .

La Russie a lancé cette semaine des exercices militaires sur l’utilisation de l’énergie nucléaire tactique. Il s’agit d’armes moins puissantes destinées au champ de bataille, mais leur utilisation marquerait une escalade sans précédent dans l’histoire de la guerre. Ce n’est pas la première fois depuis l’invasion de l’Ukraine que cette menace est proférée.

Tout le monde a en tête des images d’Hiroshima ou bien une vague idée de l’Apocalypse. Mais alors que la notion de « guerre nucléaire » apparaît de plus en plus souvent dans l’actualité, personne ne peut vraiment imaginer ce que signifierait en pratique une telle attaque.

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Des milliards de morts

Une étude publiée par Nature en 2022 donne un début de réponse, même si tout dépendra de l’ampleur d’une telle guerre. Les chercheurs avaient calculé qu’un conflit nucléaire entre les États-Unis et la Russie tuerait plus de la moitié de l’humanité, soit cinq milliards de personnes. Un scénario que Richard Lennane, conseiller politique sur les armes nucléaires au CICR, corrobore dans l’émission Tout un monde de la RTS, tout en apportant quelques précisions.

« Cette étude a été réalisée par un grand groupe d’experts qui se sont basés sur les dernières modélisations climatiques. Ils ont découvert qu’une guerre nucléaire de cette ampleur enverrait tellement de suie dans l’atmosphère qu’elle provoquerait un hiver nucléaire. » Selon leurs observations, l’approvisionnement alimentaire serait donc considérablement réduit, ce qui entraînerait probablement la mort de plusieurs milliards de personnes.

Et le spécialiste ajoute que même dans le cas d’une guerre nucléaire limitée, les conséquences seraient très graves. « Une guerre nucléaire limitée à une région, entre l’Inde et le Pakistan par exemple, et impliquant seulement quelques centaines de têtes nucléaires, entraînerait environ deux milliards de morts. »

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« Fin de la civilisation telle qu’elle existe »

Il y a la question des morts – mais aussi celle des survivants. Leur quotidien allait complètement changer, comme l’explique Richard Lennane. « Il n’est pas exagéré de dire que cela signifierait très certainement la fin de la civilisation telle qu’elle existe. La vie reviendrait véritablement à un état très primitif pour de nombreuses personnes.

Dans certaines régions du monde, les infrastructures pourraient résister. Nous pourrions vivre, certes pas normalement, mais ce ne serait pas non plus la fin de l’humanité. Il y aurait des survivants, on pourrait reconstruire à certains endroits

Richard Lennane, conseiller politique sur les armes nucléaires au CICR

Quant aux infrastructures, elles en souffriraient également. Du moins ceux situés dans les zones directement concernées, souligne-t-il, comparant la situation à celle où un astéroïde heurterait la Terre. « Dans certaines régions du monde, les infrastructures pourraient résister. Nous pourrions vivre, certes pas normalement, mais ce ne serait pas non plus la fin de l’humanité. Il y aurait des survivants, on pourrait reconstruire à certains endroits.»

Mais lorsqu’on parle d’armes nucléaires, il est peut-être plus utile de considérer l’impact d’une seule détonation, poursuit-il. « Par exemple, si une seule arme nucléaire devait exploser au-dessus de Genève ou de Zurich, cela constituerait déjà une énorme catastrophe qui dépasserait notre capacité à réagir efficacement. » Selon lui, on pourrait s’attendre dans ce cas à ce que 150 000 à 200 000 personnes soient tuées immédiatement. « Et un nombre similaire de personnes seraient grièvement blessées. »

La capacité de réaction de la Suisse, et probablement de l’Europe, serait complètement dépassée. « Et nous ne parlons que d’une seule détonation. Une guerre nucléaire impliquant des dizaines, des centaines ou des milliers d’armes ne ferait que multiplier ce phénomène.»

Services d’urgence indisponibles

Les services d’urgence ne seraient pas disponibles. Il n’y aurait pas de secours, personne à qui appeler à l’aide et aucune ambulance disponible. Constat du CICR et de la Croix-Rouge japonaise qui furent les premiers à se rendre à Hiroshima après l’explosion de la bombe atomique en 1945. « Plus de 80 % des hôpitaux d’Hiroshima ont été détruits par la bombe. 80 à 90 % du personnel médical a été tué ou blessé. Cela montre à quel point il est impossible de fournir une réponse humanitaire efficace.

Une guerre nucléaire pourrait éclater cet après-midi, ou même au moment où nous parlons

Richard Lennane, conseiller politique sur les armes nucléaires au CICR

Et faire venir de l’aide de l’extérieur ne serait pas une tâche facile, compte tenu des problèmes d’accès que pose un tel événement : rues bloquées par des débris, des incendies, des radiations… « En termes de réponse humanitaire, c’est une situation complètement impossible. C’est pourquoi nous disons depuis de nombreuses années que la seule solution est la prévention.»

Du point de vue du CICR, la menace est-elle plus grave aujourd’hui qu’il y a quelques années ? Au vu de l’actualité, “nous sommes certainement plus inquiets aujourd’hui qu’il y a cinq ou dix ans”, répond Richard Lennane.

« Une guerre nucléaire pourrait éclater cet après-midi, ou même au moment où nous parlons. Il s’agit donc d’une question très actuelle pour le CICR, sur laquelle nous travaillons depuis 1945, car les conséquences sont horribles et le risque très grand.»

Propos recueillis par Eric Guevaraz-Frey

Adaptation web : Fabien Grenon

 
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