« Abdelmadjid Tebboune n’est pas président de la République », affirme le chef d’un parti politique algérien

« Abdelmadjid Tebboune n’est pas président de la République », affirme le chef d’un parti politique algérien
« Abdelmadjid Tebboune n’est pas président de la République », affirme le chef d’un parti politique algérien

Dans une interview sans détour accordée à un média algérien, Atmane Mazouz, numéro 1 du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a tenu des propos qui décrivent sans détour la situation politique en Algérie. Il attribue ainsi la responsabilité directe de la porosité socio-économique et de l’instabilité politique qui y règnent à la curatelle imposée par la caste militaire au locataire du palais El Mouradia. “Pour nous, Tebboune est le chef de l’Etat. Il n’est pas président de la République, tant qu’il est désigné. Il ne jouit d’aucune légitimité», souligne Atmane Mazouz.

Dans une République, c’est le peuple qui est souverain, c’est lui seul qui peut donner mandat, notamment au plus haut sommet de l’Etat. L’actuel locataire du palais présidentiel est le résultat d’un coup d’Etat mené par l’ancien chef d’état-major de l’armée», remarque le patron de ce parti né en 1989, et qui se définit comme laïc. “Il est président de facto. Pour nous, il n’est pas président de la République, mais un simple chef de l’Etat.« .

Bilan de Tebboune : un échec

Interrogé sur le bilan du premier mandat de Tebboune, Mazouz est catégorique : «L’annonce de ne pas terminer ce mandat est un signe d’échec. Pour le reste, de mémoire, je n’ai pas vu une gouvernance aussi problématique, incohérente et surtout qui confisquait toutes les libertés.« .

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Le président du RCD souligne également le voile de plomb qui pèse sur la liberté d’opinion et d’expression dans le pays. “Le nombre de personnes qui ont eu des démêlés avec la justice pour avoir exprimé une opinion ou le nombre de celles qui sont toujours en prison pour le même délit n’appellent aucun commentaire.», déplore-t-il.

Par ailleurs, comment décrire un pays qui connaît une instabilité généralisée à tous les niveaux et en proie à des pénuries récurrentes, un chômage endémique, une détérioration des services sociaux, une baisse du pouvoir d’achat et un échec de recouvrement sur le plan diplomatique.», se demande-t-il dans le même sens.

Côté corruption, le constat est également clair. Pour Mazouz, elle a simplement été élevée au rang de doxa politique. “De nombreux Algériens aspirent à la stabilité socio-économique, à de meilleures opportunités d’emploi et à des services de santé et d’éducation de qualité. Tout cela ne peut être réalisé avec un pouvoir qui a établi la répression, la fraude et la corruption comme mode de gouvernance.», tonne-t-il. “Les Algériens savent que seules les institutions démocratiques et légitimes peuvent donner de l’espoir», ajoute Mazouz.

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Quant à l’élection présidentielle attendue en Algérie, le leader du RCD dresse un tableau tout aussi sombre, mais pragmatique. Selon lui, “les conditions sont plutôt réunies pour que la fraude en amont et en aval impose le candidat qui sera favorisé par le collège décisionnel afin d’imposer le prochain suzerain. Une élection libre et ouverte suppose l’ouverture des espaces d’expression, des médias publics et la levée des obstacles à l’organisation de la société.« .

L’anticipation ou l’avancement de l’élection présidentielle ne peut être interprété que comme une situation de crise profonde au sommet du système qui signe l’échec du coup d’État de décembre 2019.», observe-t-il.

 
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