un vote massif mais symbolique à l’ONU en faveur de l’adhésion palestinienne

un vote massif mais symbolique à l’ONU en faveur de l’adhésion palestinienne
un vote massif mais symbolique à l’ONU en faveur de l’adhésion palestinienne

Un vote a eu lieu ce vendredi 10 mai à l’ONU pour se positionner sur une demande d’adhésion des Palestiniens. Un vote purement symbolique, dû à un veto américain.

Provoquant la colère d’Israël, une écrasante majorité de l’Assemblée générale de l’ONU a jugé ce vendredi 10 mai que les Palestiniens méritaient d’être membres à part entière de l’organisation, leur accordant quelques droits supplémentaires en l’absence d’une véritable adhésion bloquée par les Etats-Unis.

« Je suis monté sur cette tribune des centaines de fois, souvent dans des circonstances tragiques, mais jamais comparables à ce que vit mon peuple aujourd’hui », a déclaré l’ambassadeur palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour.

“Je me suis tenu à cette tribune des centaines de fois, mais jamais pour un vote plus important qu’aujourd’hui, historique”, a-t-il ajouté, la voix tendue par l’émotion.

Cette résolution « aura un impact significatif sur l’avenir du peuple palestinien », même si en elle-même, elle « ne rend pas justice à l’État de Palestine » qui reste observateur, a ajouté l’ambassadeur des Émirats arabes unis Mohamed Issa Abushahab. , au nom des pays arabes.

Un statut « d’État observateur non membre »

Face à la guerre à Gaza, les Palestiniens, qui bénéficient depuis 2012 du statut d’« État non membre observateur », ont relancé début avril leur demande de 2011 en exigeant de devenir un État membre à part entière de l’ONU.

Pour réussir, une telle initiative nécessite, avant un vote de l’Assemblée générale à la majorité des deux tiers, une recommandation positive du Conseil de sécurité. Mais les États-Unis y ont opposé leur veto le 18 avril.

Même si l’Assemblée générale ne peut contourner ce veto, les Palestiniens ont décidé de se tourner vers ses 193 Etats membres, prouvant ainsi que sans le veto américain, ils disposeraient de la majorité des deux tiers nécessaire pour valider l’adhésion.

La résolution présentée par les Émirats arabes unis, adoptée par 143 voix pour, 9 contre et 25 abstentions, « estime que l’État de Palestine remplit les conditions requises pour devenir membre » de l’ONU, et « devrait donc être admis à l’ONU ». ‘Organisation”.

Elle demande ainsi au Conseil de sécurité de « reconsidérer favorablement la question ».

Mais les Etats-Unis, qui s’opposent à toute reconnaissance en dehors d’un accord bilatéral entre les Palestiniens et leur allié israélien, ont prévenu vendredi que si la question revenait au Conseil, ils s’attendaient à “un résultat similaire à celui d’avril”.

Un précédent?

« Nous pourrions nous retrouver dans une sorte de boucle diplomatique désastreuse, avec l’Assemblée appelant à plusieurs reprises le Conseil à accepter l’adhésion palestinienne et les États-Unis y opposant leur veto », a commenté Richard Gowan, analyste à International Crisis Group.

Dans cette perspective, le texte accorde d’emblée « à titre exceptionnel et sans que cela constitue un précédent », une série de « droits et privilèges supplémentaires » aux Palestiniens dès la 79e session de l’Assemblée en septembre.

Excluant sans ambiguïté le droit de vote et d’être membre du Conseil de sécurité, cette résolution leur permettra, par exemple, de soumettre directement des propositions et des amendements, sans passer par un pays tiers, ou de siéger parmi les Etats membres par ordre alphabétique. .

“Cela me rend malade”

Même si ces mesures sont largement symboliques, Israël, dont le gouvernement rejette la solution à deux États, a fustigé la résolution.

« Cela me rend malade », a déclaré depuis la tribune l’ambassadeur israélien Gilad Erdan, accusant l’Assemblée de « donner des droits d’État à une entité déjà partiellement contrôlée par des terroristes ».

“Avec ce nouveau précédent, nous pourrions voir des représentants de Daesh ou de Boko Haram assis parmi nous ici.” « Vous réduisez la Charte en lambeaux, honte à vous ! », a-t-il encore dit, mettant ses paroles en action en faisant passer le texte de la Charte des Nations Unies dans une déchiqueteuse.

Les Etats-Unis, qui ont voté contre, avaient eux aussi largement exprimé leurs réserves sur cette initiative. Les Américains estiment toujours que « des mesures unilatérales à l’ONU et sur le terrain » ne permettront pas d’avancer vers une paix durable et une solution à deux États, a insisté Nate Evan.

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