Le leader de la transition Mahamat Idriss Déby en quête de légitimité

Le leader de la transition Mahamat Idriss Déby en quête de légitimité
Descriptive text here

Crédit photo, Photo par ISSOUF SANOGO/AFP via Getty Image

Informations sur l’article
  • Auteur, Armand Mouko Boudombo et Paul Njié
  • Rôle, BBC Afrique
  • Rapport de Ndjamena, Tchad
  • il y a 22 minutes

Plus de huit millions d’électeurs se rendent aux urnes ce lundi 6 mai pour départager les dix candidats à la présidentielle dont Mahamat Idriss Déby à la tête d’un Conseil militaire de transition depuis le décès, en avril 2021, de son père le maréchal Idriss Déby Itno.

Cette élection à laquelle participe également le Premier ministre Succès Masra devrait permettre de tourner la page d’une transition qui dure depuis trois ans.

L’ancien opposant nommé chef du gouvernement en janvier dernier après plusieurs mois d’exil est présenté comme l’un des favoris de ce scrutin auquel participe une seule femme, Lydie Béassemnda, âgée de 57 ans. L’ingénieur agroalimentaire est arrivé troisième à l’élection présidentielle d’avril 2021, la dernière en date au Tchad.

Les opposants tchadiens ainsi que les acteurs de la société civile dénoncent une élection présidentielle jouée par anticipation pour perpétuer « la dynastie Déby » au pouvoir depuis une trentaine d’années. Ils ont appelé au boycott du vote.

A midi, il n’est pas facile de mesurer l’enthousiasme dans les bureaux de vote de N’Djamena mais selon notre envoyé spécial dans la capitale tchadienne plusieurs électeurs, pour la plupart âgés, ont accepté de braver la canicule pour accomplir leur devoir.

« Djiconni a pu faire une file de près de 10 mètres de long malgré la chaleur afin de jeter son bulletin dans l’urne d’un bureau de vote du 7e arrondissement », constate Armand Mouko. Dans un autre bureau de vote situé dans le 7e arrondissement, Mathieux peut enfin souffler. Il a pu voter sous un soleil de plomb, après un marathon, ajoute notre envoyé spécial.

Crédit photo, ISSOUF SANOGO/AFP via Getty Image

Légende, Un électeur vote dans un bureau de vote à N’Djamena le 6 mai 2024 lors de l’élection présidentielle au Tchad.

Un vote sans enjeu selon l’opposition tchadienne

Les opérations de vote se poursuivent jusqu’à 17 heures (heure locale) et les organisateurs du scrutin se félicitent d’avoir organisé la première élection présidentielle parmi les pays africains dirigée par les militaires après un changement de régime depuis 2021. Mais il ne s’agira pas seulement d’un changement de forme, commentent les observateurs tchadiens qui, dès le début de la campagne électorale, prédisaient une victoire incontestable du président de la transition Mahamat Déby, accusé par ses opposants d’avoir réussi à écarter tous ses rivaux les plus dangereux. .

La candidature de Succès Masra, économiste de formation âgé de 40 ans, est également perçue comme un repoussoir afin de donner une dimension démocratique à cette élection présidentielle. L’ancien opposant et président du parti Les Transformateurs affirme, en réponse aux critiques qui lui sont adressées, avoir l’ambition de conquérir le pouvoir exécutif dès le premier tour afin de conduire le Tchad vers une véritable démocratie. Tous ceux qui ont montré qu’ils voulaient un changement massif doivent y aller massivement et pacifiquement, a déclaré lundi M. Masra après le vote. De son côté, Mahamat Déby a réitéré son attachement au retour à l’ordre constitutionnel.

Le 20 avril 2021, une quinzaine de généraux ont proclamé M. Déby président de la transition pour succéder à son père tué le 20 avril 2021 par des rebelles au front. Cette transition, initialement prévue pour durer 18 mois, a été prolongée de deux ans, suscitant une forte mobilisation de l’opposition et de la société civile un peu partout au Tchad.

La manifestation a été réprimée, provoquant la mort de 300 personnes, principalement des jeunes, selon des ONG, au moment où le gouvernement parle d’une cinquantaine de morts. Plusieurs leaders de l’opposition, dont l’actuel Premier ministre, ont été contraints à l’exil à la suite de cette répression sanglante condamnée par la communauté internationale.

Irrégularités constatées par les observateurs de l’opposition

Crédit photo, ORIS BOLOMEY/AFP via Getty Images

Certains observateurs de l’opposition ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’irrégularités dans le processus de vote de l’élection présidentielle au Tchad.

Cela survient alors que l’on craint que le système électoral ait été conçu pour favoriser le chef militaire Mahamat Deby.

Dans un bureau de vote du 7ème arrondissement de la capitale, N’Djamena, un observateur électoral du Parti Transformateur d’opposition a remis en question les registres électoraux et le déroulement du vote.

« Le nombre d’électeurs inscrits ici est de 226… Mais l’ANGE [organisme électoral] n’a délivré que 156 bulletins de vote. Où sont les 70 bulletins restants ? » a demandé Gauthier Saldnba, ajoutant qu’« il y a un problème ici ».

Kaigo Patcha, un responsable électoral, a déclaré qu’il s’agissait simplement d’une question de bulletins de vote insuffisants, insistant sur le fait que « nous avons déjà appelé les responsables et ils apporteront bientôt les bulletins restants ».

La controverse s’est également concentrée sur les agents électoraux qui empêchaient certains électeurs de voter. Les électeurs inscrits dans des régions autres que N’Djamena n’ont pas été autorisés à voter dans les centres de vote de la capitale. Les responsables électoraux ont déclaré avoir respecté le code électoral.

Les résultats provisoires du premier tour sont attendus le 21 mai.

Article rédigé avec la collaboration d’Adechola Awal Adjo.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Poutine ordonne des exercices nucléaires
NEXT La Russie menace de frapper des cibles militaires britanniques en Ukraine « et au-delà »