Aux Pays-Bas, les révélations embarrassantes pour la justice d’un ancien avocat

Aux Pays-Bas, les révélations embarrassantes pour la justice d’un ancien avocat
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LETTRE DU BENELUX

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L’avocate néerlandaise Inez Weski arrive au tribunal de l’aéroport de Schiphol, aux Pays-Bas, pour une audience dans le cadre du vaste processus de liquidation de « Marengo », le 11 août 2020. KOEN VAN WEEL / AFP

Avec son maquillage gothique, ses robes toujours noires et son humour de la même teinte, l’avocate Inez Weski est une icône des prétoires néerlandais, capable, comme elle l’a fait en 2018, de plaider pendant deux jours pour défendre un accusé.

Le 21 avril 2023, alors qu’elle vient de vendre son bureau de Rotterdam, cette figure très médiatique voit une brigade de police arriver chez elle. Elle n’a pas le temps de nourrir ses chats et est emmenée dans un donjon souterrain, presque totalement privé de lumière et dont elle ne connaît toujours pas l’emplacement aujourd’hui. A 69 ans, après quarante-cinq ans de profession, l’un des avocats les plus célèbres du royaume est soupçonné de participation à une organisation criminelle. Et pas n’importe laquelle : la toute-puissante Mocro Maffia, faîtière de diverses organisations criminelles marocaines spécialisées dans le trafic de cocaïne et dirigée par le sanguinaire Ridouan Taghi, 46 ans.

Inez Weski était, à l’époque, l’avocate du gangster, extradé en 2019 de Dubaï vers les Pays-Bas, une défense à laquelle elle a renoncé peu après son arrestation. Un interminable procès curieusement appelé « Marengo » – en vertu du choix aléatoire d’un nom par un ordinateur, selon l’usage de la justice néerlandaise – a été mené contre M. Taghi et seize de ses acolytes. Les audiences se sont achevées en février 2024, avec la condamnation à perpétuité du chef du réseau, reconnu coupable notamment de cinq assassinats et de deux tentatives d’assassinat. La liste des règlements de comptes attribués à « Mocro » est bien plus longue et comprend les noms d’un avocat, Derk Wiersum, et d’un journaliste d’investigation, Peter R. de Vries.

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Détention dans un « bunker »

Mmoi Weski est soupçonnée d’avoir aidé son client à lui envoyer des messages alors qu’elle était la seule autorisée à le rencontrer dans sa prison, en principe ultra-sécurisée. La découverte par la police du réseau Sky ECC, selon l’accusation, a fourni des éléments permettant d’incriminer l’avocat, qui aurait également communiqué des éléments confidentiels du dossier d’enquête à M. Taghi. Libéré après quarante et un jours, Mmoi Weski attend maintenant la date de son procès.

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Et si elle avoue avoir pensé, un temps, mettre fin à ses jours ” dans une cave “, elle s’est remise sur les rails. Il n’était évidemment pas question pour cette femme rompue aux plus grandes affaires pénales de laisser le champ libre à l’accusation. Vendredi 19 avril, elle publie un livre écrit dans le plus grand secret : Le gel du style (« le son du silence », éditions Lux, non traduit), récit de sa détention au “bunker” où, disait-elle, elle tournait en rond “comme un tigre de Sibérie”. Elle prétend que certains d’entre elle « persécuteurs »OMS connaissait ses problèmes de santé, n’aurait pas vu d’un mauvais oeil sa mort dans ce lieu anonyme où, selon elle, elle avait un début de coma.

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