Européennes 2024. Les rivales de Manon Aubry sont-elles vraiment payées par des « intérêts privés » ? – .

Européennes 2024. Les rivales de Manon Aubry sont-elles vraiment payées par des « intérêts privés » ? – .
Européennes 2024. Les rivales de Manon Aubry sont-elles vraiment payées par des « intérêts privés » ? – .

Députée européenne depuis 2019, présidente de son groupe au Parlement européen, la tête de liste (La France insoumise) Manon Aubry a diffusé vendredi un visuel polémique sur les réseaux sociaux.

« Un quart des députés européens sont rémunérés par des lobbys, des entreprises ou des gouvernements en plus de leur rémunération d’élu ! “, elle écrit. « À qui rendent-ils leurs comptes ? À leurs employeurs ou à leurs électeurs ? “, elle demande. Un visuel accompagne ces quelques mots : on voit quelques autres personnalités ou têtes de liste au scrutin du 9 juin, qui « se remplissent les poches » indique le texte… tandis que Manon Aubry est fièrement estampillée d’un « 0 € ». Le message est clair : il serait le seul – parmi ceux qu’il présente – à ne pas dépendre des « intérêts privés ». Elle veut « interdire ces rémunérations complémentaires », comme elle le propose dans un article publié ce lundi dans Libérer.

Réactions indignées

Son tweet a suscité des réactions indignées depuis sa publication vendredi. Raison principale : il cumule des sources de revenus très diverses. La Source – « Integritywatch.eu » – fait référence à un site de l’ONG anti-corruption Transparency International. Celui-ci surveille le travail des lobbys enregistrés à Bruxelles mais aussi les revenus déclarés par les députés européens. Sur cette base, elle a établi des fourchettes très larges en extrapolant ces données. Depuis dimanche, l’ONG a retravaillé ses données, indiquant les montants précis, à l’euro près – comme dans les déclarations des députés européens.

« Fausses nouvelles »

Le secrétaire national du PS Olivier Faure a dénoncé des « fausses nouvelles » dignes des méthodes de Trump. Selon lui, « le texte [de Manon Aubry] qui accompagne [le visuel] est écrit pour éveiller les soupçons. Il rappelle que les « revenus » déclarés par Raphaël Glucksmann correspondent aux redevances qu’il perçoit – comme le confirme son éditeur, Allary Éditions. La tête de liste PS/Place Publique a écrit sept livres, dont cinq parus depuis 2015 chez le même éditeur.

Raphaël Glucksmann n’a pas voulu “perdre du temps à commenter les fake news de LFI”, selon son entourage à -.

Même chose du côté de LR : François-Xavier Bellamy assure n’avoir perçu que des droits d’auteur (36 328 euros), pour neuf œuvres depuis 2014, et n’entend pas réagir. Valérie Hayer (Renaissance) a été rémunérée comme conseillère départementale de la Mayenne jusqu’en 2021.

A l’inverse, selon sa déclaration, Manon Aubry n’exerce aucune activité rémunérée en parallèle de son mandat. Elle indique qu’elle recevait 2 547 euros bruts mensuels de l’ONG Oxfam et 1 284 euros de Sciences-Po Paris, mais avant son élection.

C’est l’autre problème soulevé par le message de Manon Aubry : les montants déclarés sont parfois anciens, sans rapport avec la situation actuelle des candidats. Valérie Hayer, par exemple, ne perçoit plus de rémunération d’élu local depuis plusieurs années – ni aucun autre revenu « complémentaire ».

« La transparence ne suffit pas »

Enfin, le visuel est critiqué pour induire que ces revenus sont illégaux – ce qui n’est pas le cas, à condition qu’ils soient dûment déclarés.

« Oui, c’est légal ! Ils ont parfaitement le droit de faire ça, mais je pense qu’ils ne devraient pas le faire », assure Manon Aubry, que nous avons contactée. Elle assume tout : “Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt !” J’ai pointé un vrai sujet, c’est le fait qu’un quart des députés européens perçoivent une rémunération complémentaire. C’est colossal ! », affirme-t-elle. « Bien entendu, toutes ces rémunérations ne sont pas égales. Ce n’est pas mon problème » si des amalgames sont faits, précise-t-elle. «Ma demande est d’interdire les rémunérations émanant de lobbys, d’entreprises privées ou de gouvernements étrangers. »

Evoquant le scandale du Qatargate, elle estime avoir « soulevé le sujet » et « constate que cela fait bouger les lignes. A chacun de préciser de quels revenus il s’agit, qu’ils correspondent ou non à l’interdiction que je propose. […] La transparence, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Outre le temps nécessaire, je ne trouve pas normal que les élus soient rémunérés en plus de leur rémunération suffisamment confortable », conclut-elle.

 
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