Une élection présidentielle au Tchad pour mettre fin à trois années de pouvoir militaire

Une élection présidentielle au Tchad pour mettre fin à trois années de pouvoir militaire
Une élection présidentielle au Tchad pour mettre fin à trois années de pouvoir militaire

Les Tchadiens votent lundi pour mettre fin à trois ans de pouvoir militaire lors d’une élection présidentielle qui se résume à un duel sans précédent entre le chef de la junte, le général Mahamat Idriss Déby Itno, et son Premier ministre Succès Masra, un ancien opposant rallié à son régime.

Mais, à l’écoute d’une opposition violemment réprimée et exclue de la course, qui appelle au boycott d’un vote « prévu d’avance » pour perpétuer une « dynastie Déby » de trois décennies, les organisations internationales de défense des droits de l’homme mettent en doute la la sincérité et la crédibilité de l’élection.

Au début de la campagne, tous les observateurs prédisaient une victoire massive du président de transition Déby après avoir écarté tous ses rivaux les plus dangereux.

Mais l’économiste Masra, accusé par ses anciens alliés de l’opposition d’être un « traître » rallié au système Déby et un vrai-faux candidat pour « donner un vernis démocratique » au vote, est apparu en fin de campagne comme un possible trouble-fête. . Capable au moins de pousser le général au second tour, en attirant de grandes foules à ses meetings.

Des bureaux de vote disséminés dans ce vaste pays d’Afrique centrale, semi-désertique ou désertique sur 80% de sa superficie, ouverts de 6h00 (5h00 GMT) à 17h00 (16h00 GMT), pour plus d’informations. plus de 8,2 millions d’électeurs. inscrit. Dans le quatrième pays le moins développé au monde, selon l’ONU.

“Premier tour”

Lors des derniers meetings samedi, devant une foule nombreuse, Déby et Masra, 40 ans, se sont chacun déclarés convaincus d’être élus dès le premier tour. Huit autres candidats ne peuvent espérer que des miettes, car peu connus ou jugés peu hostiles au pouvoir.

Le 20 avril 2021, après avoir régné 30 ans d’une main de fer sur le Tchad, le maréchal Idriss Déby Itno est tué, alors qu’il se rendait au front, par l’une des innombrables rébellions qui font rage depuis l’indépendance de la France en 1960. ses généraux fidèles ont proclamé son fils Mahamat président d’une transition de 18 mois.

Il a été immédiatement adoubé par une communauté internationale – la France et l’Union africaine (UA) en tête – prompte à condamner et à sanctionner les militaires putschistes ailleurs en Afrique, au motif principal que le Tchad est réputé être le pilier régional de la guerre contre le terrorisme. les djihadistes au Sahel.

Mais 18 mois plus tard, la junte a prolongé de deux ans la transition et les militaires ont abattu plus de 300 jeunes selon des ONG, une cinquantaine selon le gouvernement, qui manifestaient contre cette prolongation. Plus d’un millier ont été déportés vers une colonie pénitentiaire au milieu du désert, et des dizaines ont été exécutés ou torturés, selon des ONG.

Les principaux dirigeants de l’opposition ont été pourchassés et certains – dont M. Masra – ont fui vers l’exil.

« Assassiné »

L’un d’eux, resté au pays, Yaya Dillo Djérou, cousin et principal rival du général Déby pour l’élection présidentielle, a été tué le 28 février par des militaires attaquant le siège de son parti. “Assassiné”, “une balle dans la tête à bout portant”, selon l’opposition et des ONG internationales.

Vendredi, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) s’est inquiétée d’une « élection qui ne semble ni crédible, ni libre, ni démocratique », « dans un contexte délétère marqué par (…) la multiplication des violations des droits de l’homme », notamment La mort de Dillo.

Le même jour, l’ONG International Crisis Group (ICG) a également exprimé des « doutes sur la crédibilité du vote » après l’éviction de candidats issus d’une « opposition politique muselée ». M. Déby, “grand favori, n’a pas d’adversaire significatif en dehors de Succès Masra” mais ce dernier, nommé Premier ministre il y a quatre mois par M. Déby, a perdu “une partie importante de ses électeurs estimant qu’il est devenu un repoussoir”, conclut ICG.

Les deux ONG remettent également en cause « l’indépendance » des deux institutions chargées d’organiser le vote et de proclamer les résultats, dont les membres ont été nommés par M. Déby : le Conseil constitutionnel – qui avait invalidé dix candidats dont le remplacement de M. Dillo – et l’Agence Nationale de Gestion des Elections (ANGE).

« Le nouveau code électoral a supprimé l’obligation d’afficher (le dépouillement) les rapports à l’extérieur des bureaux de vote et autorise la publication des résultats uniquement au niveau régional, ce qui empêchera les observateurs de consolider les résultats. résultats par bureau de vote pour vérifier les chiffres», regrette ICG.

 
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