Le bateau qui remédie à la pollution plastique issue de la perliculture en Polynésie française – rts.ch

Le bateau qui remédie à la pollution plastique issue de la perliculture en Polynésie française – rts.ch
Le bateau qui remédie à la pollution plastique issue de la perliculture en Polynésie française – rts.ch

L’Odyssée du plastique parcourt les mers à la recherche de solutions pour réduire la pollution plastique. Le bateau laboratoire est équipé de machines permettant de transformer les déchets en matériaux de construction ou en mobilier. Le navire a fait escale en Polynésie française, où l’industrie perlière utilise cette matière en quantité.

Après le tourisme, mais avant la pêche, la perliculture représente le deuxième revenu de ce territoire français de l’océan Pacifique. Le secteur a enregistré 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et a exporté 9 tonnes de perles en 2022.

L’Odyssée du plastique fait escale à Mangareva, l’île principale de l’archipel des Gambier. Dans le lagon se trouvent une dizaine de cabanes sur pilotis : c’est la ferme perlière des Devaux. L’entreprise extrait 4 000 perles chaque jour. Les huîtres poussent dans des filets en plastique qui ont une durée de vie de deux à trois ans. « Il y a des moments où nous nous retrouvons avec trop de moustiquaires, qui peuvent rester stockées à terre pendant des mois. Nous ne savons pas vraiment quoi en faire. Mais nous avons besoin de ce matériel pour travailler», explique Magali Devaux, responsable de l’exploitation.

Perles noires provenant d’une ferme perlière de Mangareva. [robertharding via AFP – MICHAEL RUNKEL]

Sur la terre ferme, son père, Dominique Devaux, le fondateur de l’exploitation, passe derrière un hangar où s’entassent plusieurs centaines de kilos de déchets. “Depuis deux ans, nous rapatrions nos déchets à Tahiti”, ind.jeQu’est-il. Les déchets seront enfouis sur l’île capitale de la Polynésie française, à plus de 1 600 km de Mangareva.

« Avant, certains les brûlaient. Heureusement, j’avais beaucoup d’espace pour les ranger. Je n’avais aucune solution. La seule chose que je savais, c’est qu’il fallait garder tous ces déchets”, précise Dominique Devaux.

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Recyclage des déchets

Les équipes de Plastic Odyssey ont collecté des échantillons de matériel usagé sur la ferme pour tenter de les recycler. Les déchets plastiques sont broyés à bord du bateau et transformés en éléments de construction ou de vie quotidienne. Les machines utilisées ont été développées à moindre coût et de manière simple pour rendre accessible la transformation.

Maxime Thirouin, ingénieur recyclage sur Plastic Odyssey, présente le résultat à Dominique Devaux : « Nous avons fait des tests avec le grillage de votre ferme perlière. On obtient un plastique déchiqueté assez différent de celui que l’on obtient habituellement « C’est un peu plus fibreux. Pour nous, c’est beaucoup plus facilement utilisable. Nous pouvons le mettre directement dans l’extrudeuse pour transformer ces anciennes mailles en nouveaux produits finis.

Une vue aérienne de l’île de Mangareva dans l’archipel des Gambier, en Polynésie française. [robertharding via AFP – MICHAEL RUNKEL]

Un monde politique à convaincre

Ce résultat donne de l’espoir au perliculteur. “C’est très bien. Il existe des solutions. Il faut espérer que nos élus soient sensibles à la nécessité de développer ce secteur, notamment dans les îles », déclare-t-il.

Le fonctionnaire Thomas Trophime, technicien environnement à la Direction des ressources marines de Polynésie française (DRM), poursuit justement cet objectif : « Nous recherchons des techniques de revalorisation fiables, afin de pouvoir les présenter à différents industriels afin de montrer qu’« une le secteur de la revalorisation est possible en Polynésie française. La prochaine étape sera de convaincre ces industriels et politiques de l’intérêt d’investir dans ce secteur», explique-t-il.

Depuis le développement de la perliculture il y a une soixantaine d’années, la DRM estime que les exploitations ont produit 90 000 mètres cubes de déchets plastiques.

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Reportage radio : Margaux Bédé

Adaptation web : ami

 
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