La police démantèle un campement pro-palestinien à l’Université de Californie – 02/05/2024 à 14h09

La police démantèle un campement pro-palestinien à l’Université de Californie – 02/05/2024 à 14h09
La police démantèle un campement pro-palestinien à l’Université de Californie – 02/05/2024 à 14h09

Des policiers affrontent des étudiants de l’UCLA à Los Angeles le 2 mai 2024 (AFP / Etienne LAURENT)

La police a commencé jeudi à démanteler un campement installé à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) par des étudiants protestant contre l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, comme elle l’avait fait la veille sur plusieurs autres campus aux Etats-Unis, où des arrestations ont eu lieu. lieu.

Avant le lever du jour, les policiers, en tenue anti-émeute, se sont positionnés devant les étudiants portant des parapluies ou des casques blancs et formant une file, accrochés les uns aux autres, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Les manifestants, un à un, ont ensuite été arrêtés et menottés. Parallèlement, la police démonte méthodiquement les palettes de bois et les panneaux de contreplaqué d’une barricade entourant le camp et démonte les tentes.

Des heurts ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi sur ce campus lorsque des contre-manifestants, pour beaucoup masqués, ont attaqué ce campement pro-palestinien.

Les assaillants avaient tenté de briser une barricade improvisée autour du camp. Manifestants et contre-manifestants se sont alors affrontés à coups de bâtons et se sont lancés des projectiles.

Des policiers affrontent des étudiants de l’UCLA à Los Angeles le 2 mai 2024 (AFP / Etienne LAURENT)

Graeme Blair, professeur de sciences politiques à UCLA, regrette jeudi une crise « tellement inutile ».

« L’université et les autorités ont eu l’opportunité de désamorcer la situation. Ils ont envoyé la police très tardivement contre les extrémistes hier soir (les contre-manifestants ayant attaqué le camp étudiant pro-palestinien, NDLR) et maintenant ils « attaquent les étudiants participant à une manifestation pacifique » ; a-t-il confié à l’AFP.

Le président de l’UCLA, Gene D. Block, avait mis en garde avant les violences contre la présence de personnes extérieures au campus. Les incidents « ont provoqué, en particulier parmi nos étudiants juifs, une profonde anxiété et une peur », a-t-il ajouté.

Dimanche, des militants pro-palestiniens et pro-israéliens, soutenus par de nombreux manifestants venus de l’extérieur, en sont venus aux mains, à coups de bousculades et d’insultes.

– Camps démantelés –

À l’Université du Texas à Dallas, la police est intervenue mercredi pour évacuer un camp de manifestants et, selon l’establishment, a arrêté au moins 17 personnes pour « intrusion criminelle ».

Les forces de l’ordre ont arrêté plusieurs personnes à l’université Fordham de New York le même jour et démantelé un campement installé le matin même sur le campus, ont indiqué des responsables.

Mercredi également, environ 300 personnes ont été arrêtées à New York sur deux sites universitaires, selon la police.

Dans la nuit de mardi à mercredi, la police avait déjà délogé des manifestants pro-palestiniens barricadés dans un bâtiment de la prestigieuse université Columbia à Manhattan, épicentre de la mobilisation étudiante en soutien à Gaza.

La police “a arrêté des gens au hasard (…), plusieurs étudiants ont été blessés au point qu’ils ont dû être hospitalisés”, a dénoncé une coalition de groupes étudiants soutenant les Palestiniens de Colombie dans une publication Instagram.

«Je regrette que nous en soyons arrivés à ce point», a réagi mercredi Minouche Shafik, la présidente de l’université.

Des policiers déployés sur le campus de l’université UCLA à Los Angeles, le 1er mai 2024 (AFP / ETIENNE LAURENT)

Les manifestants se battent “pour une cause importante” mais les récents “actes de destruction” perpétrés par “des étudiants et des militants extérieurs” l’ont amenée à recourir à la police, a-t-elle expliqué, dénonçant également des “propos antisémites” tenus lors de ces rassemblements. .

D’autres camps ont également été démantelés mercredi à l’université de l’Arizona à Tucson et à l’université du Wisconsin-Madison, respectivement dans le sud-ouest et le nord des Etats-Unis, selon les médias locaux.

– Biden « devrait s’exprimer » –

Carte des universités américaines où des personnes ont été arrêtées après des manifestations pro-palestiniennes entre le 17 et le 29 avril (AFP / Corin FAIFE)

Depuis deux semaines, les actions en soutien à Gaza se multiplient sur tout le territoire américain, de la Californie jusqu’aux grandes universités du nord-est, rappelant les manifestations contre la guerre du Vietnam.

Les étudiants appellent les établissements à rompre les liens avec les mécènes ou les entreprises liées à Israël et dénoncent le soutien de Washington à son allié israélien.

Un militant pro-palestinien (c) tabassé par des contre-manifestants sur le campus de l’université UCLA, à Los Angeles, le 1er mai 2024 (AFP / ETIENNE LAURENT)

Contrairement à d’autres institutions, l’université Brown, dans l’État de Rhode Island, a annoncé avoir conclu un accord avec les manifestants. Celui-ci prévoit le démantèlement de leur campement en échange d’un vote universitaire en octobre sur un éventuel « désinvestissement » des « +entreprises qui rendent possible et profitent du génocide à Gaza ».

Des policiers sur le campus de l’université UCLA à Los Angeles, le 1er mai 2024 (AFP / Frederic J. Brown)

Les images de policiers anti-émeutes intervenant sur les campus ont fait le tour du monde et suscitent de vives réactions dans le monde politique, à six mois de l’élection présidentielle dans un pays polarisé.

La Maison Blanche a condamné mercredi un « faible pourcentage d’étudiants qui provoquent des troubles ».

Lors d’une réunion mercredi dans le Wisconsin, l’ancien président Donald Trump a déclaré que “New York était assiégée la nuit dernière”. Le président Joe Biden « devrait s’exprimer », a-t-il déclaré.

 
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